Je teste des montres connectées depuis bientôt sept ans chez Frandroid. Cependant, jusqu’en 2022, je n’en utilisais pas au quotidien, du moins jusqu’à ce que je teste la Garmin Forerunner 255, modèle que j’ai ensuite porté quotidiennement pendant plus de deux ans, avant de passer à la Garmin Fenix 8.
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Mais, surtout, l’été 2022 a marqué un changement de taille dans mes habitudes. Alors que j’avais jusqu’alors une routine sportive très saisonnière, consistant à me mettre à courir uniquement au printemps et à arrêter une fois l’automne arrivé, j’ai commencé à suivre quotidiennement mes données d’entraînement et de santé.
Depuis 2022, je cours trois à quatre fois par semaine, avec seulement cinq semaines de pause en quatre ans. Je ne suis pas devenu un athlète de haut niveau, très loin de là, mais j’ai pris de nouvelles habitudes centrées autour d’un tableur Google Sheet.
Ce tableur, je l’ai créé rapidement après avoir adopté ma routine de course à pied. Il me permet de conserver mes données de santé, de récupération et d’entraînement sur une plateforme agnostique, à l’abri d’un éventuel changement de marque. Il me permet aussi de suivre l’évolution de ces data non seulement au quotidien, mais aussi sur le très long terme, alors que certaines évolutions ne se constatent pas au jour le jour, mais année après année. Surtout, il me permet de me concentrer sur une poignée de données que je juge importantes, sans souffrir de l’infobésité que peut parfois provoquer l’usine à gaz qu’est l’application Garmin Connect.
Depuis quatre ans, tous les jours, je vais ainsi consulter mes données dans Garmin Connect, Strava et Withings pour les rentrer dans mon tableur Google Sheet. Et j’ai beaucoup appris sur moi.
Rapidement après avoir porté la Garmin Forerunner 255 et commencé à m’entraîner en course à pied, j’ai repéré une donnée particulièrement importante et qui est devenue l’un des principaux points de repère de mon stress : la variabilité de la fréquence cardiaque, ou VFC.
En décembre 2022, juste avant les fêtes de fin d’année, j’ai attrapé une petite grippe. Rien de bien grave et plutôt logique compte tenu de la saison. Mais j’ai découvert alors que ma VFC avait chuté, alors même que Garmin n’avait aucune raison de savoir que j’étais tombé malade. C’est là que j’ai pu voir à quel point ma forme et le stress physiologique de mon organisme influaient sur la variabilité de ma fréquence cardiaque.
Rebelotte quelques mois plus tard avec de fortes périodes de stress psychologique à l’été 2023. Et de même après chaque entraînement un peu trop intense.
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J’ai rapidement compris que ma VFC reflétait mieux mon stress que n’importe quelle autre donnée, et ce quel que soit le stress : quand je suis malade, ma VFC chute, quand je m’entraîne trop, ma VFC chute, quand je suis stressé mentalement, ma VFC chute. C’est rapidement devenu une donnée primordiale à suivre au quotidien pour savoir quand récupérer, lâcher du lest ou me reposer.
La fréquence cardiaque aussi a son importance. Après tout, c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je me suis mis à la course à pied, pour améliorer ma santé cardiovasculaire à l’approche des 35 ans. Il était temps.
Comme n’importe quel muscle, le cœur doit être poussé à se contracter pour le renforcer. Le résultat d’un cœur puissant, c’est qu’il va battre, au repos, à une fréquence plus faible : puisqu’il est capable d’envoyer davantage de volume sanguin en un battement, il n’a plus besoin de battre aussi rapidement.
Seulement, ces évolutions ne se constatent pas sur quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Mais elles sont bien visibles sur plusieurs années.
Alors que ma fréquence cardiaque moyenne au repos était de 61 battements par minute en novembre 2022, elle est descendue à 57 battements par minute en juillet 2026. Bien évidemment, compte tenu des variations quotidiennes, je ne me repose pas que sur la fréquence cardiaque au repos sur une nuit, mais j’ai également ajouté une courbe de moyenne sur 14 jours pour avoir des données plus lisibles.
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En novembre dernier, je me suis lancé dans une perte de poids avec deux objectifs en tête : le semi-marathon de Paris, en mars, et un événement personnel, en juin. La perte de poids et de masse grasse étant directement corrélée au déficit calorique, j’ai ajouté plusieurs colonnes à mon tableur : poids total, pourcentage de masse grasse, calories ingérées et calories dépensées.
Ma balance connectée Withings, une simple Smart Body Analyzer de 2013, m’a bien aidé sur les deux premiers aspects, même si j’ai aussi ajouté quelques formules pour calculer la masse grasse (en kg) et la masse sèche (en kg). De quoi me rassurer sur les différences d’un jour à l’autre : si je vois le pourcentage de masse grasse diminuer, mais mon poids total augmenter, je sais que je perds tout de même du gras et gagne de la masse maigre. Pour les calories dépensées, je me suis basé uniquement sur celles calculées par ma montre Garmin. Et pour les calories ingérées, je suis bêtement passé par Gemini en renseignant tous les ingrédients repas après repas.
Assurément, c’est une contrainte et, aujourd’hui, je ne me pèse plus chaque jour, pas plus que je ne demande à l’IA de Google la composition calorique de tout ce que je mange. Mais, ponctuellement, pour reperdre quelques kilos, je sais que ces courbes ne demandent qu’à être reprises pour visualiser le déficit calorique et me motiver dans ce projet.
En plus des données liées à ma récupération ou à ma vie de tous les jours, je vais également consulter quotidiennement quelques chiffres liés spécifiquement à mes entraînements.
Le principal d’entre eux est la valeur de charge d’entraînement mesurée par Garmin. La charge d’entraînement, c’est une donnée qui prend en compte non seulement la durée de la séance, mais aussi son intensité en fonction de l’élévation de ma fréquence cardiaque. Chaque marque dispose de ses propres algorithmes et, chez Garmin, la charge d’entraînement précise va tenir compte également de la charge de vos entraînements des dix jours précédents.
Un autre indicateur que je surveille dans mon compte Garmin Connect est celui lié au statut d’entraînement.
De quoi voir, en un coup d’œil, si mon niveau en course à pied progresse, stagne, régresse ou si j’atteins un pic de forme.
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En fouillant dans les données de l’application, je peux aussi voir si cette régression potentielle est liée à une VFC trop faible, à une charge d’entraînement insuffisante ou à un VO2max en baisse et potentiellement réévaluer les entraînements à venir.
En plus des données de Garmin, je récupère également des données similaires sur mon compte Strava. L’idée est ainsi d’avoir des valeurs qui ne changeront pas si je suis amené à changer de marque de montre. La charge d’entraînement Garmin n’est pas comparable à celle de Coros, mais, dans les deux cas, Strava propose son propre score.
Chez Strava, je récupère notamment la courbe de « fitness & freshness » qui prend en compte ma condition physique et ma fatigue pour en déduire mon niveau de forme. Malheureusement, ces données sont limitées puisqu’elles ne tiennent compte, pour la fatigue, que des entraînements enregistrés sur Strava et pas de mon niveau de stress ou de ma récupération nocturne.
Toujours sur Strava, je récupère aussi l’effort relatif calculé par le réseau social après chaque séance, que je lisse sur la semaine. De quoi me permettre de visualiser, d’un coup d’œil, si ma charge d’entraînement augmente, stagne ou diminue. En revanche, ces données sont largement influencées par la fréquence cardiaque maximale que vous avez paramétrée dans votre profil.





