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Cybersécurité et intelligence artificielle : la difficile riposte européenne

La Commission européenne vient de présenter son plan d’action, un document de quinze pages qui liste ses bonnes intentions.

Après le psychodrame autour de Mythos 5, ce modèle de l’éditeur américain d’IA Anthropic dont le lancement restreint puis la fermeture aux non-américains avait créé un véritable séisme géopolitique, la Commission européenne tente de riposter. Bruxelles vient en effet de présenter son plan d’action en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle.

Un document touffu de quinze pages à la fois décevant, une sorte de catalogue de bonnes intentions, mais aussi sans surprise. Difficile en effet de reprocher aux institutions européennes d’arriver en quelques semaines à inverser un rapport de force défavorable.

De manière diplomatique, le plan d’action rappelle ainsi que l’accès aux IA de pointe est « de en plus » décidé en dehors d’Europe. Mais si des restrictions de sécurité peuvent « se justifier », ce genre de pratique « manque souvent de transparence », poursuivent les auteurs.

« Cela peut entraver la capacité des acteurs européens, notamment les autorités compétentes et les opérateurs d'infrastructures critiques, à utiliser ces capacités d'IA en temps opportun et à renforcer leur résilience », regrette la Commission européenne.

Dans cette situation, le pire serait que chaque État-membre essaye de faire cavalier seul. Pour éviter ce genre de situation, la Commission a chargé son agence européenne, l’Enisa, d’élaborer un « plan directeur » pour encadrer l’accès des organisations européennes aux produits des fournisseurs d’IA.

Ce travail doit permettre tout d’abord de lister les éventuels bénéficiaires et de présenter des garanties de sécurité. Ce plan directeur doit également permettre d’anticiper des restrictions ou un retrait d’accès à une IA dotée de capacités cyber avancées. Plutôt que le bâton, la Commission signale ainsi la possibilité de sortir le chéquier. Si un accès à une IA de pointe était nécessaire, il s’agit de voir dans quelle mesure il serait possible de financer un accès de groupe.

Plus concrètement, l’Enisa, avec le Joint Research Centre, devra également plancher sur une plateforme de test sécurisée pour le cas d’usage spécifique de la cybersécurité. Il s’agit ici de pouvoir tester des modèles avancés « sans exposer les infrastructures réelles ».

Autant d’actions attendues dans un délai assez rapide, d’ici la fin de l’année 2026. Car il faut faire vite. « L'intelligence artificielle marque un tournant dans la cybersécurité », convient la Commission européenne.

Mais si « les capacités de pointe sont actuellement concentrées dans un petit nombre de modèles », « l'écart de capacités se réduit à mesure que les modèles open source s'améliorent », ajoute-t-elle.

Une bonne et une mauvaise nouvelle à la fois. Si cela devrait diminuer des dépendances à des acteurs comme Anthropic, la démocratisation de ces capacités de pointes devrait être synonyme d’une progression des menaces et de l’apparition d’un véritable « mur du patch ».

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Ce projet de loi critique pour la cybersécurité française est toujours englué à l’Assemblée nationale.

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