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Dans l’idéal, partir en dehors des journées classées rouges ou noires par Bison Futé serait la solution la plus logique à conseiller aux électromobilistes pressés. Mais comme enfoncer les portes ouvertes n’a jamais vraiment été utile, Numerama préfère plutôt vous fournir quelques pistes pour que le trajet se passe au mieux les jours où les routes sont chargées.
Certains conseils sont relativement intemporels, d’autres s’inspirent plus spécifiquement de nos observations des précédents pics de trafic. Dans tous les cas, cet article vise à vous éviter des attentes devenues inutiles, en tordant le cou à l’idée reçue répandue parmi les pro-thermiques, selon laquelle il faudrait « faire une à deux heures de queue avant de recharger ».
Malgré des ventes de voitures électriques en hausse, il n’y a pas eu d’encombrement supplémentaire au moment de faire le plein d’électrons en France. Dans l’ensemble, l’infrastructure de recharge est suffisante pour satisfaire la demande actuelle.
Les trajets sont fluides à ce niveau-là, plus que les années précédentes, selon de nombreux témoignages récoltés auprès de conducteurs de voiture électrique de longue date. Bien sûr, il reste sur la route quelques points de tension, notamment à l’heure du déjeuner le samedi : il n’y a pas de miracle !
Ces stations de recharge sur autoroute avec 4 ou 6 bornes sont souvent les vestiges des installations les plus anciennes. En 2021, trouver une station Ionity avec 4 bornes à proximité du Mans, c’était une fête. En 2026, c’est plutôt la promesse d’une attente pour recharger lors des journées les plus chargées.
Les stations les plus récentes sont fréquemment équipées d’un nombre de points de recharge plus conséquent. Par ailleurs, avec des équipements plus récents, on peut espérer moins de pannes d’une borne de recharge, car des progrès ont aussi été réalisés sur ce matériel.
Il est assez aisé de savoir combien de bornes sont présentes sur l’emplacement que vous visez : Google Maps, Chargemap, ABRP, l’application de l’opérateur, et parfois même directement le GPS de votre voiture, vous donneront cette indication.
Attention, même si votre planificateur vous donne toutes les bornes disponibles à 20 minutes de votre arrivée, cela ne signifie pas que vous n’aurez pas 4 ou 5 voitures électriques avant vous qui auront ciblé la même pause au même moment. Les arrivées se font, étrangement, par vagues. J’ai pu l’observer moi-même, suivant parfois plusieurs électriques sur la sortie vers l’aire en devinant qu’elles iront aux mêmes bornes.
Maintenant que tous les conducteurs de voitures électriques savent qu’ils ou elles trouveront quasiment à coup sûr une station de recharge sur les aires de service (celles avec des stations-service et des points de restauration), il peut être malin de s’arrêter sur une aire de repos.
Elles sont encore peu nombreuses à être équipées de stations de recharge, mais on peut vous assurer qu’il est assez improbable d’y rencontrer de l’attente. Sauf si des indélicats en caravane ou thermiques se garent en travers sur les places de recharge — c’est, hélas, du déjà-vu.
C’est en tout cas un bon plan pour la période des chassés-croisés. Nous avons observé leur remplissage notamment sur l’A7, et il y avait souvent des places disponibles alors que d’autres stations étaient saturées à des moments clés (déjeuner, notamment).
Forcément, cela implique de devoir se passer d’une pause-café/restauration pendant la recharge. En revanche, le calme de ces aires pourrait être appréciable, surtout pour ceux qui ont été prévoyants en préparant un pique-nique, par exemple.
Quitter l’autoroute pour aller recharger sur une station à proximité est parfois considéré comme une perte de temps. Ceci dit, vaut-il mieux attendre 10 minutes qu’une place se libère sur une station d’aire de service surchargée, ou rouler 5 à 10 minutes hors de l’autoroute pour trouver une station avec de nombreuses places disponibles ? Chacun verra midi à sa porte.
De plus en plus d’opérateurs ont bien compris l’intérêt. Ils installent des stations à quelques centaines de mètres des barrières du péage. Et certains comme Ionity y font payer le kilowattheure moins cher que sur autoroute.
Cela a longtemps été la technique employée par Tesla pour positionner ses superchargeurs – même si certains sont également sur des aires d’autoroute – mais ce choix d’implantation n’est pas au goût de tout le monde. Il faut dire que comme pour l’aire de repos, les commodités peuvent être limitées, voire inexistantes à certains horaires. C’est à prendre en compte, notamment pour les familles avec enfants.
En parlant de superchargeurs Tesla, même si beaucoup d’entre eux (mais pas tous) sont désormais ouverts à tous les véhicules électriques, ce n’est pas toujours le choix à privilégier sur la route des vacances.
Les superchargeurs vont drainer beaucoup de Tesla et, même s’il est rare qu’elles s’attardent longtemps à la borne, cela peut aboutir à des stations très chargées. Et si votre prise n’est pas du bon côté et que vous avez à bloquer deux points de recharge, cela pourrait être malvenu voire source de tension. Nous ne le conseillons que sur les très grosses stations de 30 bornes et plus, lors des journées très denses en trafic.
Avant toute chose, précisons qu’il ne s’agit pas d’une vendetta personnelle contre le réseau Ionity. Cette recommandation vient des observations de remplissage des stations sur l’A7 notamment. À la différence des confrères d’Automobile Propre, qui se sont rendus physiquement sur des aires de service pendant les journées noires, j’ai réalisé une veille à distance.
J’ai ainsi pu observer un drôle de phénomène : alors que les stations Ionity étaient souvent saturées ou pas loin de l’être, les stations situées avant ou après sur le trajet étaient à ce moment-là très peu remplies. Et ce constat s’est répété à plusieurs reprises. Plusieurs éléments expliquent cela :
Ionity a encore des anciennes stations avec peu de points de charge, ce qui rejoint le premier conseil de notre article. Mais même sur les stations plus développées, Ionity semble agir comme un aimant. C’est une très bonne nouvelle pour la rentabilité de cet opérateur, mais c’est moins sympa pour les automobilistes qui vont se trouver avec des stations inutilement surchargées.
En temps normal, les stations Ionity et leurs offres d’abonnement sont donc une très bonne idée. En revanche, pendant les journées noires, on peut décemment conseiller de regarder s’il n’y a pas un autre opérateur sur l’aire précédente ou suivante, surtout pour ceux qui n’ont pas envie d’attendre. Beaucoup d’opérateurs offrent aussi des abonnements comme Electra, Atlante ou Fastned, si vous ne voulez pas payer 0,59 €/kWh ou plus. Les stations les plus chères (Total ou Engie) ont parfois l’avantage d’attirer moins de monde, c’est aussi une piste envisageable.
On conseille régulièrement aux conducteurs d’électrique de ne pas hésiter à descendre jusqu’à 10 % d’autonomie restante avant de recharger sur autoroute. Cela permet ainsi de profiter de la puissance maximale de recharge possible. Or, lors des journées les plus chargées, mieux vaut ne pas forcément suivre cette préconisation.
Dans ce cas précis, il est plus raisonnable d’avoir une marge un peu plus grande, pour pouvoir se dire en voyant une station saturée : « j’irai à la prochaine », généralement située à 40 km (sur les principales autoroutes) ou plus proche en sortant de l’autoroute. Le mode tortue n’est pas forcément votre ami lors des fortes affluences.
Bien sûr, à moins d’en avoir vraiment besoin, on évite de recharger à 100 %, ce qui prend plus du double de temps. Ce conseil ne s’applique pas forcément aux véhicules avec des petites batteries (inférieures à 50 kWh) et à ceux qui tractent. Néanmoins, un peu de civisme ne fait pas de mal pour faciliter la rotation des véhicules aux bornes. Tout le monde est ainsi gagnant !
En 2026, il est difficile d’ignorer cette recommandation qui s’affiche à proximité de toutes les bornes : soit avec des affiches, des flyers, des messages sur les PMV de l’autoroute, des messages radio sur autoroute FM ou même sur l’écran de la borne. Les opérateurs poussent aussi à ne pas dépasser les 80 % : soit par des frais additionnels dissuasifs, soit par des récompenses si vous jouez le jeu.
5 voitures électriques en file indienne qui attendent une place de recharge ne signifie pas que les automobilistes concernés vont attendre une heure avant de charger. Ceci est un message à destination des réfractaires à l’électrique qui propagent ces légendes urbaines sur les réseaux sociaux.
Comme aux pompes à essence, où les files s’allongent ces jours-là, la rotation se fait à intervalles réguliers aux bornes, surtout si les automobilistes jouent le jeu en ne rechargeant pas à 100 %. Plus le nombre de bornes disponibles est grand, moins l’attente sera longue, c’est une évidence.






