Les aides à la conduite se contentaient jusqu’ici d’agir sur demande du conducteur. Tesla vient de renverser cette logique avec une mise à jour déployée aux États-Unis. Le logiciel peut désormais s’inviter au volant sans qu’on le lui demande.
Les systèmes d’assistance à la conduite progressent plus vite que les réglementations censées les encadrer. En Europe, chaque pays avance à son rythme et les homologations tombent au compte-gouttes. Sur ce point, la France reste fermée, et le ministre des Transports a détaillé en vidéo les raisons du refus français d’homologuer le Full Self-Driving. Outre-Atlantique, la logique s’inverse. Chez eux, les constructeurs s’auto-certifient et diffusent leurs nouveautés sur des millions de véhicules sans attendre le regard des autorités. Les conducteurs américains servent de banc d’essai permanent.
Le Full Self-Driving de Tesla concentre l’essentiel des critiques depuis deux ans. Sur la circulation ordinaire, le logiciel se débrouille bien, beaucoup moins dans les situations rares. Côté rail, les passages à niveau restent le point noir de la conduite assistée du constructeur. Chaque nouvelle version corrige des comportements sans effacer les reproches accumulés. Avec sa dernière mouture, la firme change carrément de terrain.
https://x.com/Tesla_AI/status/2095767350070890688
Depuis le 4 septembre 2026, Tesla diffuse la version 14.3.9 du Full Self-Driving Supervised. Une couche de sécurité active s’ajoute au logiciel. Elle s’enclenche dès qu’une collision imminente est détectée et que le freinage d’urgence automatique risque de ne pas suffire. Là où ce dernier agit en ligne droite, le nouveau dispositif combine direction, freinage et accélération pour tracer une trajectoire de sortie. Il change de voie ou se rabat vers le bas-côté quand les conditions le permettent, puis poursuit la route au lieu de laisser le véhicule immobilisé.
La fonction se déclenche aussi en dehors de tout pilotage automatique. À l’intérieur, la caméra repère les signes d’inattention marquée, comme un bras tendu vers la banquette arrière. Elle réagit également à une désactivation involontaire du Full Self-Driving, provoquée par un léger coup de volant au plus mauvais moment. Une fois la manœuvre terminée, la voiture prévient le conducteur et lui rend la main. Tesla n’a communiqué ni la fréquence attendue de ces interventions ni sa manière de traiter les fausses alertes. Rien de tout cela ne fonctionne sans abonnement ou achat définitif du logiciel.





