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« C’est la première fois où tout se passe bien » : la recharge sur les nouveaux Tesla Superchargeurs devient beaucoup plus rapide

Jusqu’ici, brancher une voiture électrique 800 volts sur un Superchargeur Tesla revenait à charger au ralenti, autour de 100 kW à peine.

La station de Lagord, sur le parking d’un E.Leclerc près de La Rochelle, fait sauter ce verrou : c’est la première du pays à recevoir les nouvelles bornes V4 compatibles 800 volts. Les youtubeurs de La Chaîne EV s’y sont rendus avec une Hyundai Ioniq 6 et une Xpeng G6 pour vérifier ce que ça donne.

Qu’est-ce qui change côté infrastructure ? Les anciennes armoires Tesla plafonnaient à 400 volts. Une voiture en 800 volts devait alors convertir le courant à bord, ce qui rabotait la puissance et provoquait parfois des bugs de charge : un souci bien connu, qui empêchait les Xpeng de se charger jusqu’à très récemment, ou qui bloquait la charge de certaines Mercedes.

Les nouvelles armoires V4 acceptent désormais des tensions jusqu’à 1000 volts et alimentent huit bornes, avec un pic de 500 kW par borne (dans la limite des 1,2 MW que chaque armoire répartit entre elles), contre quatre bornes à 250 kW pour la génération précédente.

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Cette compatibilité, on l’attendait depuis les premiers Superchargeurs V4.

Passons aux relevés. La Ioniq 6 repose sur la plateforme E-GMP en 800 volts, capable d’encaisser plus de 230 kW sur une borne adaptée. Sur les Superchargeurs classiques, elle restait scotchée autour de 100 kW à cause de la conversion. Sur la borne V4 de Lagord, la charge est montée jusqu’à 231 kW, et encore, la voiture était déjà à 40 % de batterie au démarrage, soit après le pic de sa courbe de recharge.

La Xpeng G6 Long Range Propulsion, elle, a grimpé à 376 kW en partant de 19 %. Les deux ont bouclé leur montée jusqu’à 80 % en une petite dizaine de minutes.

L’écart avant / après est parlant (données constructeurs et relevés de La Chaîne EV) :

Sur la Ioniq 6, le gain est net : elle double sa puissance de charge par rapport aux anciennes bornes. Le bridage qui rendait les Superchargeurs peu intéressants pour les électriques coréennes appartient au passé, du moins sur les bornes V4.

La Xpeng, de son côté, n’a pas atteint son pic théorique de 451 kW, sûrement à cause d’un branchement autour de 20 % et non pas 10 %, ce qui n’a pas favorisé la puissance maximale. Mais ça reste près de quatre fois plus puissant que la situation avec les anciennes armoires.

La Xpeng G6 mérite un mot à part. Les G6 et G9 sont arrivées en France avec un argument de poids : un 10 à 80 % annoncé en 20 minutes (avant de passer à 12 minutes sur les versions 2025), de quoi rivaliser avec le meilleur de la recharge rapide.

Sauf qu’à leur lancement, ces voitures coinçaient justement sur les Superchargeurs Tesla, avant que la marque ne règle enfin le problème sur ses modèles vendus ici. La marque continue d’ailleurs d’élargir sa gamme européenne, avec un L03 doté d’un prolongateur d’autonomie attendu prochainement.

Est-ce que tout est rose ? Pas tout à fait. Dans la station de Lagord, toutes les bornes ne sont pas passées au 800 volts. Les premières (1A, 1B…) restent en 400 volts. Il faut viser celles affichées à 500 kW dans l’application Tesla pour profiter de la pleine puissance.

Les youtubeurs s’y sont d’ailleurs repris à deux fois avant de tomber sur la bonne stèle. Autre limite : lancer la charge oblige à passer par l’application, choisir le numéro de borne et démarrer à la main, sans badge RFID ni recharge automatique. Un poil fastidieux au quotidien.

Sur le terrain de la recharge ultra-rapide, ce sont surtout les constructeurs chinois qui mènent la danse, et la Tesla Model Y voit débarquer une flopée de rivales taillées pour ça.

On l’avait déjà mesuré au volant de la BYD Han, autre berline chinoise pensée pour charger vite. L’ouverture des bornes V4 800 volts, c’est justement la réponse de Tesla à cette concurrence qui s’affole.

A titre de comparaison, les Tesla mettent entre 20 à 35 minutes pour l’exercice du 10 à 80 %. Contre 12 à 18 minutes pour les Xpeng et Hyundai testées ce jour. On voit que le constructeur américain commence à se faire distancer par la concurrence.

Pour les Tesla elles-mêmes, restées en 400 volts, aucun changement à l’horizon avec ces nouvelles bornes, la puissance n’augmentera pas tant qu’Elon Musk n’aura pas décidé de passer au 800 volts ses voitures, comme sur le pick-up Cybertruck.

La station de La Rochelle n’est toutefois qu’un début : Tesla prévoit la bascule de ses autres stations françaises dans les mois à venir. En attendant que les Model 3 et Model Y passent au 800 volts.

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Journaliste tech depuis 2013 et Chef de rubrique Survoltés chez Frandroid depuis 2022.

Mon quotidien ? Décortiquer la mobilité de demain et la transition énergétique. Je suis spécialiste des voitures électriques, des écosystèmes d'énergie (panneaux photovoltaïques, batteries) et du hardware (PC et Mac).

Fasciné par le sifflement des moteurs électriques et leur couple instantané, je suis aussi un cycliste du dimanche (gravel) et un explorateur des capacités offertes par l'intelligence artificielle dans la vie quotidienne.

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