À quelques kilomètres de Cordoue sommeillent les vestiges d’une ville créée pour incarner la puissance du califat omeyyade d’Al-Andalus. Palais, jardins, mosquée, routes et réseaux hydrauliques composaient cette capitale fastueuse, dont l’existence fut étonnamment brève. Détruite au début du XIᵉ siècle, Médina Azahara resta enfouie et oubliée pendant près d’un millénaire.
La création de Médina Azahara est intimement liée à Abd al-Rahman III, qui proclame le califat de Cordoue en 929. Le dossier UNESCO situe le début de la construction entre 936 et 940. Cette ville nouvelle devait devenir le siège du pouvoir califal et traduire, par son architecture monumentale, l'autorité de la nouvelle dynastie.
« Basilique supérieure. Intérieur 3 » — Médina Azahara Auteur : M. Pijuán © Madinat al-Zahra Archaeological Site (CAMaZ)
Médina Azahara était organisée en terrasses sur les pentes de la Sierra Morena. Dans la partie haute se trouvait le palais fortifié, tandis que la ville s'étendait en contrebas. Routes, ponts, canaux et systèmes hydrauliques révèlent aujourd'hui une véritable planification urbaine, bien loin de l'image d'un simple palais isolé.
Son oubli a paradoxalement protégé Médina Azahara : le site n'a pratiquement pas été reconstruit pendant les siècles qui ont suivi sa destruction. Et l'histoire est loin d'être entièrement révélée : seulement 10 % environ de la cité ont été fouillés. Sous le sol subsiste donc encore l'essentiel d'une capitale disparue d'Al-Andalus.





