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Certains serveurs VPN sont conçus pour perdre la mémoire : pourquoi c’est une bonne nouvelle pour votre confidentialité

Serveurs 100 % RAM ou sans disque dur, vous avez sûrement déjà lu la formule sur le site d’un VPN. De nombreux visiteurs ne s’y attardent pas, et on les comprend. Difficile de deviner ce que cela signifie vraiment.

Un internaute qui active son VPN s’attend à ce que sa navigation soit confidentielle et que personne ne puisse remonter facilement jusqu’à lui. Mais des enquêteurs qui se présentent des moins plus tard dans le centre de données qui héberge le service pourraient repartir avec les machines et finir par y trouver une partie de ce qu’ils sont venus chercher. Surprenant, au vu de la promesse des VPN. Mais pas impossible.

Chez un autre fournisseur, la même perquisition pourrait ne rien donner s’il n’y a aucun disque local sur lequel fouiller une fois les serveurs débranchés. Ce qui distingue ces deux situations n’est pas la juridiction du service, ni le protocole de chiffrement, et encore moins le nombre de pays que le réseau du fournisseur couvre. La différence se joue en grande partie sur un composant que les meilleurs VPN mettent justement en avant comme un atout : la RAM.

Un serveur VPN est comme tout ordinateur, et peut fonctionner avec deux types de mémoire : le stockage (disque dur, SSD) et la mémoire RAM. Le disque conserve la plupart de ce qui s’y écrit, même une fois la prise débranchée. La mémoire RAM en revanche sert d’espace de travail pendant que le serveur tourne. Son contenu s’efface dès que le courant s’arrête.

Les serveurs VPN « 100 % RAM » poussent ce principe jusqu’au bout : aucun disque n’est installé à bord. Le système d’exploitation, la configuration et les logiciels nécessaires au service sont chargés en mémoire vive au démarrage depuis une source centrale que contrôle le fournisseur.

Quand un serveur VPN est équipé d’un disque, la promesse de confidentialité peut laisser les utilisateurs dubitatifs. Des données peuvent en effet s’y conserver : journaux techniques, fichiers temporaires, restes de sessions mal nettoyées, etc. Le stockage de ces données ne prouve pas que le fournisseur les surveille, mais il n’en demeure pas moins que des traces existent, et elles survivent à l’extinction de la machine.

Avec un serveur 100% RAM, tout fonctionne de manière temporaire. Tant qu’il reste alimenté, il se comporte comme n’importe quel autre serveur. Débranchez-le et il ne reste plus rien.

NordVPN fait partie des fournisseurs qui ont généralisé cette architecture. Tous les serveurs de son réseau fonctionnent désormais uniquement avec de la RAM. Au redémarrage, la machine repart d’une copie neuve du système, en oubliant tout ce qui s’était accumulé pendant la session précédente. C’est ce qui fait qu’un serveur saisi qui a entre-temps été éteint n’a plus rien à livrer.

Un serveur VPN n’est pas un ordinateur de bureau qu’on éteint en partant le soir. Il est conçu pour tourner sans interruption, et ce, parfois des mois d’affilée. Un abonné peut ainsi s’y connecter à n’importe quel moment, que ce soit à trois heures du matin ou à midi. Si la machine ne redémarre jamais, que devient la promesse d’effacement ?

Des enquêteurs qui saisiraient un serveur encore allumé pourraient tenter de copier sa mémoire avant de le débrancher. Ils seraient alors susceptibles d’y trouver sa configuration, des clés temporaires, des programmes en cours d’exécution ou certaines informations liées aux utilisateurs actuellement connectés. Mais ils ne récupéreraient pas pour autant l’historique complet de tous ceux qui ont utilisé le serveur depuis son dernier démarrage.

La RAM est en effet réutilisée continuellement, et de nouvelles informations remplacent les anciennes au fur et à mesure. La RAM empêche donc aussi les données de s’installer durablement.

Le fournisseur peut créer des journaux dans la RAM et ensuite les transmettre vers une autre infrastructure avant le prochain redémarrage. La copie locale disparaîtra, mais les journaux seraient déjà récupérés ailleurs. Le RAM-only empêche donc la conservation locale, mais pas la collecte. D’où la nécessité d’une politique no-log qui précise ce qui n’est pas collecté et ce qui l’est quand même (compte, paiement).

Des audits réguliers d’organismes indépendants sont tout aussi importants pour vérifier que le fournisseur VPN respecte bien ses promesses de non-journalisation. NordVPN en a par exemple passé six à ce jour. Le dernier, c’était fin 2025 et cet audit a été confié au cabinet Deloitte. Ce dernier a examiné l’infrastructure du fournisseur, ses réglages et ses méthodes de déploiement sur une période d’un mois. Sa conclusion, publiée par NordVPN, est que les systèmes observés correspondent aux engagements affichés.

Le 100% RAM vous protège-t-il pour autant ? Un serveur sans disque dur n’a rien à livrer une fois débranché. Mais tant qu’il fonctionne, il reste une machine par laquelle passe votre trafic à un instant donné et que l’on peut observer. Cette architecture supprime néanmoins un risque précis qui est celui de laisser des informations derrière vous, sur une machine qui tombe en panne, se fait pirater ou se fait saisir.

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