Les administrations européennes resserrent une à une leurs règles sur l’intelligence artificielle. La Suède va plus loin en coupant l’accès à ChatGPT et à Claude sur les ordinateurs de ses ministères. Microsoft Copilot devient le seul assistant autorisé au quotidien.
Partout en Europe, les institutions publiques avancent prudemment sur l’intelligence artificielle. Elles veulent les gains de temps promis par ces outils, sans exposer leurs dossiers internes. La Commission européenne a déjà placé ChatGPT sous le régime de la législation sur les services numériques, après avoir constaté que la plateforme dépassait les 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union. Chaque administration nationale tranche ensuite poste par poste.
Le Regeringskansliet, l’administration qui réunit les ministères suédois et leurs services, a prévenu ses agents la semaine dernière. Depuis ce lundi, les interfaces web de ChatGPT et de Claude ne répondent plus sur les ordinateurs de travail. Ailleurs, la riposte passe plutôt par le droit. Deux élus américains ont déposé un texte autorisant l’État fédéral à ordonner l’arrêt d’un modèle jugé dangereux. Stockholm a préféré agir directement sur ses propres postes.
Dans sa note interne, le Regeringskansliet ne reproche rien aux modèles eux-mêmes. Sveriges Radio, la radio publique suédoise, a eu accès au message diffusé aux agents, qui les renvoie vers les outils approuvés. Microsoft Copilot figure sur cette liste, avec une protection relevée après un audit. Mikael Wettercrantz, directeur de la digitalisation, a écrit sur l’intranet que des services d’intelligence artificielle employés sans contrat peuvent avoir des conséquences pour la sécurité de l’information. Il a refusé toute interview.
Le blocage reste partiel. À l’intérieur de l’administration, une partie du personnel garde accès à ChatGPT et à Claude par Intric, la plateforme d’assistants développée en interne par les ministères suédois. Seule la version grand public disparaît donc des navigateurs. Côté chinois, DeepSeek était déjà restreint depuis plusieurs mois pour des raisons voisines.
D’autres administrations suédoises suivent le même chemin. Chez le fisc et au Statens institutionsstyrelse, des verrous comparables existent déjà, pendant que l’autorité chargée du recouvrement étudie la question. Plus tôt cette année, un audit mené à l’administration des transports avait relevé une dizaine d’usages jugés problématiques. Pour ChatGPT comme pour Claude, le signal dépasse la Suède, puisque chaque État européen dresse en ce moment sa propre liste d’outils tolérés dans ses bureaux.






