© Tomas Ragina/Shutterstock – La dépendance aux batteries chinoises pourrait coûter très cher à l'Europe si l’industrie européenne ne tente pas sa chance
Alors que la Chine s’apprête à taxer ses constructeurs n’introduisant pas la production de batterie dans leur chaîne de production, l’Europe pourrait souffrir de sa dépendance à l’Asie pour ce composant dans les années à venir. D’après une nouvelle étude de Deloitte, le manque à gagner à ne pas produire ses propres cellules reviendrait à faire une croix sur plus de 10 milliards d’euros de bénéfices pour les fabricants européens. Une perte faramineuse dans une ère où l’Union européenne souhaite redynamiser son industrie.
L’industrie automobile européenne est à un tournant critique pour les batteries de ses voitures électriques. D’après une récente étude menée par Deloitte auprès de 222 décideurs dans 13 pays, l’Europe risquerait de laisser échapper 10,5 milliards d’euros de bénéfices d’ici 2030 si elle continue à faire le choix des batteries asiatiques, et particulièrement chinoises.
Les chiffres donnent le vertige : d’ici la fin de la décennie, près de 28 millions de véhicules électriques sortiraient des chaînes de production européennes, nécessitant une capacité colossale de 2 000 GWh de cellules. Bien que le Vieux Continent excelle dans la recherche, il pèche gravement dans l’industrialisation. De véritables goulots d’étranglement se situent en amont et à mi-parcours de la chaîne de valeur des batteries, notamment dans le raffinage des matériaux et la production de cellules.
Pour Harald Proff, expert chez Deloitte à l’origine de cette étude, “l’avenir des batteries en Europe ne se décidera pas en laboratoire. Ce qui compte vraiment, ce sont les 10 000 premières tonnes de matériaux, les 12 premiers mois de montée en puissance et les premières crises de rendement à grande échelle”.
Afin d’éviter de céder cette manne financière à l’Asie, l’Union européenne n’a donc qu’une seule issue concrète à disposition : relocaliser et maîtriser l’intégralité de sa chaîne d’approvisionnement. Cela lui permettra alors de faire face à l’attractivité et la dépendance chinoise actuelle, tout en y captant les bénéfices en découlant (les fameux 10,5 milliards d’euros d’ici 2030).
Passer de l’intention stratégique à l’exécution industrielle semble donc désormais une urgence absolue, aussi bien pour garantir la souveraineté technologique que la rentabilité des constructeurs européens.
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