C'était l'un des grands soucis des festivals d'été, du moins dans les années 2010 : passer un coup de fil pour retrouver ses amis – on ne parle même pas d'envoyer une vidéo, ni même une photo des lieux – était mission impossible. Mais les choses ont changé, grâce aux efforts menés par les opérateurs pour couvrir ces événements.
Rock en Seine, vous connaissez sans doute : ce sont au total 180 000 festivaliers attendus pour cinq jours de concert, aux portes de Paris. L’événement a beau être en perte de vitesse, sont tout de même attendues 40 000 personnes par jour. Et c’est à l’occasion de cet événement (édition 2025) que nous avons pu enfin comprendre ce que cache cette “nouvelle” couverture réseau, à savoir des dispositifs exceptionnels mis en place par les opérateurs pour connecter les festivaliers. Des stations mobiles qui prennent la forme… d’un camion-antenne.
Le dispositif mobile de Free, sous forme de camion-antenne.© Les Numériques
Le dispositif mobile de Free, sous forme de camion-antenne.
Comme nous l’explique non sans fierté Omar Naouar, directeur Performance chez Free Mobile, le camion installé en périphérie de Rock en Seine est entièrement personnalisé. Il l’est tellement qu’il ne nous est pas permis – secrets de fabrication obligent – de vous en montrer l’intérieur. Quoi qu’il en soit, cet engin pesant plusieurs tonnes abrite un mât télescopique s’élevant jusqu’à 20 mètres de hauteur, et abritant plusieurs antennes émettant sur chaque fréquence, de la 3G à la 5G+ (très récemment déployée par l’opérateur). L’idée étant que “tous les festivaliers aient de quoi utiliser les services qu’ils souhaitent durant le festival”, précise Omar Naouar, l’ensemble promettant une capacité d’émission quatre fois plus importante qu’un site 4G traditionnel.
Les speedtests (tests de débits) que nous avons pu réaliser sur place nous ont permis d’atteindre quelque 450 Mb/s en débit descendant et 100 Mb/s en débit montant, ce qui permet d’envoyer des images, par exemple, sans difficulté. “On a mis tout ce qu’il faut pour la capacité maximale journalière de 50 000 festivaliers”, ajoute Omar Naouar.
Comment procéder pour installer un tel camion en marge d’un festival ? Quand certains opérateurs peuvent occasionnellement s’appuyer sur le réseau hertzien, Free Mobile nous assure miser sur la fibre. Il faut donc à la fois tirer un câble jusqu’au camion de l’opérateur – ce qui n’est pas toujours simple : Omar Naouar ne semble pas près d’oublier le cas de Garorock, qui a imposé de tirer 3 km de câbles à travers champs pour connecter le site de Marmande ; mais aussi alimenter le dispositif, soit à l’aide des organisateurs du festival couvert, soit, si aucune alternative n’est disponible, à l’aide de groupes électrogènes. “De manière générale, tout est au frais de l’opérateur”, signale Free, qui voit là une occasion de prouver la qualité de son service.
Free a choisi d’équiper 24 festivals pour la saison d’été 2025 (et même 26 festivals en 2026 !), ce qui demande une logistique matérielle et humaine importante, et dispose de plusieurs camions. Si l’opérateur ne dévoile pas son nombre exact, on constate que trois festivals ont pu être couverts simultanément cet été, ce qui nous indique un chiffre minimum. Deux camions sont d’ailleurs parfois mobilisés : les métalleux du Hellfest ont été chouchoutés, puisqu’une solution mobile leur a été dédiée près du festival lui-même, et une autre près de leur camping.
Une dernière bonne nouvelle, si vous êtes abonné chez un autre opérateur : garé à côté du site mobile de Free, un camion estampillé Bouygues Telecom émettait, lors de notre passage, en marge de Rock en Seine, et deux dispositifs de moindre envergure (a priori Orange et SFR) étaient visibles. Une saine émulation entre opérateurs, en somme.
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