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Actualité : Il cherchait simplement un endroit où camper sur des cartes satellites et découvre par hasard un cratère vieux de 390 millions d’années

Joël Lapointe cherchait tout simplement où voyager en camping. Pour ce faire, l’astronome amateur s'est tourné vers des cartes satellites en ligne quand un cercle près du lac Marsal a attiré son attention. Il a alors repéré un endroit qui se révélera être un cratère vieux de 390 millions d’années dans cette zone du Québec.

Sur Terre, on trouve environ 200 sites d’impact répertoriés. Les géologues estiment qu’il y en a encore plusieurs autres qui n’ont pas été trouvés. Ce qui fait que la découverte de Joël Lapointe est un événement, surtout un cratère de cette taille.

La zone se trouve dans la région isolée de la Côte-Nord au Québec. Des chercheurs français ont étudié le signalement de l’astronome amateur et selon eux, il s’agirait donc du onzième cratère d’impact répertorié au Québec. Gordon Osinski, géologue planétaire à Western University, qui dirige la base de données Impact Earth, était d’abord sceptique. Mais l’hypothèse a fini par justifier une expédition sur place.

Gordon Osinski et son équipe se sont donc rendus à l’endroit repéré en hydravion et c’est là qu’ils ont compris pourquoi ce cratère a échappé si longtemps aux recherches. L’hydravion n’a pas pu atteindre la rive et les chercheurs ont parcouru 50 mètres dans l’eau avec leur matériel. Il a fallu ensuite passer par des zones marécageuses, une végétation dense et un relief compliqué.

Pour Gordon Osinski, il s’agissait de l’un des terrains les plus compliqués rencontrés au cours de ses missions sur tous les continents dans le monde. Les géologues avaient alors comme piste celle de roches brisées, fruits d’une ancienne cheminée volcanique formée par des explosions de magma.

Mais lors du deuxième jour d’expédition, l’équipe a découvert des fractures rocheuses en forme de cône avec des stries, des marques qui naissent sous des pressions extrêmes lors d’un impact. "C’est la seule preuve sans équivoque d’un impact que l’on peut voir sur le terrain à l’œil nu", résume Gordon Osinski. L'équipe a donc compris qu'il s'agissait bien d'un lieu d'impact qui a frappé la Terre à cet endroit.

Selon les mesures, il y a une structure d’environ 25 km de diamètre et au centre, une remontée de roches créée sous la violence du choc. De hautes falaises montrent aussi de longues colonnes rocheuses. Ce qui a frappé la Terre avait donc assez d’énergie pour avoir un impact immense sur toute la région. Gordon Osinski explique qu’un événement comparable au Québec détruirait de grandes villes et aurait des effets sur le climat dans le monde entier.

Selon les analyses, l’impact a eu lieu il y a environ 390 millions d’années, une collision qui a eu lieu près de 100 millions d’années avant une période où le nombre de cratères sur Terre a fortement augmenté. Selon les chercheurs, cette hausse pourrait être due à des collisions dans la ceinture d’astéroïdes.

Après des échanges avec le conseil des Innus d’Ekuanitshit, les chercheurs ont nommé ce cratère Uhackatik. L’origine de l’impact est donc confirmée par l’équipe scientifique, mais il faut désormais la confirmation de la commission spécialisée de la Meteoritical Society.

Fait intéressant, Gordon Osinski fait partie de la première équipe de géologie Artemis de la NASA et aide à former les astronautes. Même si cela ne veut pas dire qu’Uhackatik sera un terrain de formation à cause de son isolement, puisque la NASA utilise déjà Kameshtashtan au Labrador.

Mais il convient de souligner le pedigree de Gordon Osinski et le fait que sa confirmation qu’il s’agit bien d’un cratère vieux de 390 millions d’années est à prendre au sérieux.

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