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Brouillage, lasers et « satellites kamikazes » : à quoi ressemble vraiment une arme spatiale ?

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Quand on évoque la guerre des étoiles, l’imagerie populaire renvoie très vite aux vaisseaux à aile X et aux stations orbitales armées de puissants lasers qui peuvent vaporiser des planètes entières. Mais dans notre monde réel qui n’est pas celui d’Hollywood, la guerre des étoiles désigne surtout une tendance à la militarisation, et surtout à l’arsenalisation de l’espace.

Dans ce contexte, une « arme spatiale » (ou une capacité anti-spatiale) ne se limite pas seulement à un canon tirant depuis le vide orbital. Il s’agit en fait de tout système capable de dégrader, paralyser, aveugler ou détruire un satellite en orbite, mais également n’importe quel vaisseau ou station s’y trouvant, ainsi que ses liaisons de données avec la Terre.

C’est ce que documente précisément la Defense Intelligence Agency (DIA), l’agence américaine dédiée au renseignement militaire. Dans un document de 2022 centré sur les défis en matière de sécurité dans l’espace, le service du Pentagone décrit les six principaux modes d’action pouvant advenir en orbite… et dessine les contours actuels d’une « arme spatiale ».

Dans son rapport, la DIA schématise six manières d’attaquer une cible directement depuis le vide orbital :

Pour autant, gare à ne pas restreindre la notion d’arme spatiale seulement aux effecteurs se trouvant effectivement en orbite. Pour le renseignement américain, les attaques contre les infrastructures se trouvant au-delà de l’atmosphère se découpent en trois grandes catégories — et certaines sont lancées depuis le plancher des vaches.

Les stratèges militaires classent ces menaces sur une échelle d’escalade, en distinguant la durée et la sévérité des dégâts :

Toute la difficulté pour la surveillance spatiale réside dans la porosité entre équipements civils et militaires. Beaucoup de technologies ont ce qu’on appelle un « double usage ».

Concrètement, un satellite équipé d’un bras robotique est conçu pour capturer des débris spatiaux ou nettoyer les orbites encombrées, ce qui est un usage tout à fait concevable, et même souhaitable. Mais dans les faits, ce même bras mécanique pourrait très bien attraper un satellite militaire adverse pour l’endommager ou le projeter hors de son orbite.

Il y a une même ambiguïté pour les satellites dits d’inspection. Conçus pour s’approcher très près d’un engin afin de diagnostiquer une panne (un usage là encore tout à fait légitime), ils peuvent rapidement se transformer en plateforme d’espionnage de proximité, pour capter des émissions radio, ou en arme d’interférence directe.

Au-delà des crises diplomatiques, l’usage d’armes cinétiques destructrices en orbite pose un risque environnemental majeur pour l’ensemble des nations.

Lorsqu’un missile anti-satellite détruit sa cible (comme lors des essais pratiqués par la Chine en 2007 ou par la Russie fin 2021), l’impact génère des milliers de fragments dangereux filant à plus de 25 000 km/h.

Ces débris, souvent trop petits pour être suivis par les radars, restent en orbite pendant des décennies. Ils menacent sans distinction les satellites civils (météo, imagerie, télécoms, GPS), les constellations commerciales, ainsi que les vols habités et la Station spatiale internationale.

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