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Logiciels libres et collectivités au congrès de l’Adullact

Retour sur le congrès de Montpellier de l’association libriste des collectivités territoriales: la transition vers le Libre d’Échirolles, l’adoption de Linux dans le département du Rhône (et une chanson).

L'Adullact (Association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités territoriales, qui a fêté ses 20 ans en 2022) a tenu le mois dernier à Montpellier son congrès annuel (photo ci-dessus), dont une partie des vidéos de conférences est maintenant en ligne. Ces deux jours auxquels j’ai assisté étaient plein d’exemples et d’enseignements intéressants (voir ce précédent billet de blog). Retour sur deux collectivités et… une chanson.

Parmi celles-ci, je conseille notamment l’exposé d’Aurélien Farge, élu de la ville d’Échirolles – adjoint aux solidarités, à la santé, aux finances et commande publique et au numérique de cette commune de l’Isère, et président du SITPI, opérateur public de services numériques (OPSN, ce syndicat intercommunal regroupe dix communes de la région grenobloise), et de Nicolas Vivant, directeur de la stratégie et de la culture numériques d’Échirolles.

Sous le titre «Passer au libre, c’est changer de monde», ils ont expliqué la démarche exemplaire de transition informatique vers le Libre de leur collectivité, en soulignant l’importance d’un alignement complet entre les élus, la direction stratégique et les services techniques. Avec cette fonction de direction générale, a insisté Aurélien Farge, Nicolas Vivant «a la possibilité d'aller discuter avec l'ensemble des directions de notre ville sur l'ensemble des sujets numériques».

Volonté politique de l’équipe municipale – transition environnementale, inclusion numérique, souveraineté et participation citoyenne sont mis en avant par l’élu -, cette stratégie a aussi été avantageuse pour les finances d’Échirolles: sur le mandat 2020-2026, cette ville de 38.000 habitants a économisé 2 millions d’euros. Son DSI a notamment parlé du recrutement «pour que les bons profils postulent chez nous: si on continue avec exactement les mêmes offres d'emploi que ce qu'on faisait besoin auparavant, où il y avait écrit compétences attendues Word, Excel, PowerPoint, évidemment ça va être compliqué.»

Jolie anecdote sur la transition, une agente a demandé qu’on lui installe Linux et l’équipe IT lui a refusé… parce que son poste était déjà sous Linux depuis son arrivée six mois plus tôt, et elle ne s’en était pas rendue compte !

Daniel Coissard, directeur de l’innovation numérique et des systèmes d’information pour le département du Rhône (et enseignant aux Arts et Métiers), a décrit le choix de " Faire évoluer sans jeter: le pari du reconditionnement des postes informatiques": là où 400 ordinateurs portables HP et Lenovo en bon état (à part des processeurs qui sous Windows chauffaient au bout de 3 ou 4 heures et obligeaient à éteindre quelques minutes la machine…) risquaient de partir à la poubelle en raison des exigences matérielles de Windows 11.

«Travailler avec des agents qui n’ont connu que des outils Microsoft, quand on leur met autre chose, c’est très très dur», a-t-il noté. Des tests ont d'abord été faits avec des personnes auparavant équipées seulement de smartphones – assistants familiaux, gardes d’enfants etc. -, ainsi que des agents des routes et des bâtiments. Le département a opté pour le réemploi et installé la distribution Linux NixOS, avec un catalogue d’applications d’entreprise interne.

Ce qui a permis de prolonger la durée de vie du matériel de quatre à cinq ans et de réduire la facture annuelle de licences de 650.000 à 140.000 euros. Pour que les utilisateurs ne soient pas déroutés par rapport à leurs habitudes antérieures, la DSI a réalisé une interface qui est «un mix entre Windows 11 et Apple, les gens retrouvent une barre centrale, des icônes prédéfinies». Et outre les formations, des intermédiaires ont été déployés: «On a mis en place des ambassadeurs, des personnes sur le terrain pour faire le relais de la DSI pour certaines situations métiers.»

Une réunion libriste, c’est encore mieux avec une chanson: Clément Oudot a régalé l’audience d’un détournement très réussi de «I Will Survive» à la gloire du Libre (extrait ici avec les paroles derrière). Hors musique, il est responsable de l’activité identité chez Worteks (membre de l’Adullact, cette entreprise «d’expertise et d’édition en logiciels libres et open source» indique sur son site être aussi «un contributeur actif de différents logiciels libres, comme LemonLDAP::NG, LDAP Tool Box ou LSC»), et à ce titre il a fait un exposé «Gestion des identités et des accès: des solutions libres et maîtrisées en France».

Et pour revenir à la musique, Clément Oudot, alias KPTN (prononcer Captain), est aussi de longue date un auteur-compositeur et interprète de (ses propres) chansons, sous licence libre CC by-sa – il en a même fait bénéficier le site Projets libres (podcast de Linuxfr.org) pour son habillage sonore.

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