L'Arcep souhaite collecter les données des entreprises proposant des agents conversationnels afin de mieux évaluer leur impact sur l'environnement. Elle ouvre une consultation publique sur le sujet.
Depuis 2020, l'Arcep publie chaque année les résultats de son enquête "Pour un numérique soutenable". Ce rapport publié chaque année offre un tour d'horizon de l'empreinte environnementale du secteur du numérique en France. Et pour ses prochaines éditions, l'Arcep souhaiterait faire évoluer sa formule en collectant les données liées aux fournisseurs de services d'IA génératives.
Dans le cadre de sa future campagne de collecte 2027, destinée à alimenter le rapport de l'année 2028, l'Arcep explique qu'elle aimerait collecter de nouvelles données. Les objectifs de cette collecte seront de mieux connaître les modèles les plus utilisés en France, mais aussi "d'évaluer avec plus de précision les émissions de gaz à effet de serre de ces services" et "d’évaluer les ressources mobilisées lors des phases d’entraînement et d’inférence".
Pour cela, l'Arcep souhaite demander à ces fournisseurs d'IA plusieurs informations concernant leurs services et les caractéristiques de leurs modèles : l'agence souhaiterait par exemple obtenir des informations sur la durée d'entraînement du modèle, le temps cumulé d'utilisation des processeurs ou encore la consommation d'énergie liés à cette phase d'entraînement.
En l'état, la proposition de l'Arcep entend se restreindre aux "services d’intelligence artificielle conversationnelle autonomes", en d'autres termes principalement les grands modèles de langage. Le texte précise que l'étude laisse de côté les logiciels qui intègrent des fonctionnalités d'intelligence artificielle générative en assistance ou en tant qu'enrichissement d'une fonctionnalité principale. Le texte souhaite se limiter aux services dont le nombre d'utilisateurs actifs en France est supérieur ou égal à un million. Ces limitations sont ouvertes à la discussion dans le cadre de la consultation publique ouverte jusqu'au 30 septembre 2026.
Outre les fournisseurs de service d'intelligence artificielle, l'Arcep souhaite également collecter de nouvelles données auprès des opérateurs de centre de données. L'objectif est ici de mieux comprendre les techniques de valorisation de la chaleur mises en place par certains opérateurs ainsi que l'influence des systèmes de refroidissement sur leur empreinte environnementale.
L'Arcep avait initié la réflexion sur le sujet de l'empreinte environnementale des fournisseurs d'intelligence artificielle à l'occasion d'un premier rapport publié plus tôt dans l'année. Mais le secteur fait face à de nombreuses critiques qui soulignent la surconsommation énergétique de la tech depuis le début de l'adoption des technologies d'intelligence artificielle.
En parallèle de cela, les fournisseurs de ces services communiquent à reculons sur le sujet. L'étude de l'Arcep entend donc offrir un aperçu des grandes tendances en publiant des chiffres agrégés de plusieurs acteurs du secteur.
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