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Actualité : BeeStation Plus : le cloud à la maison de Synology, aux frontières du NAS

Signe que les temps changent, le rejet progressif des services de streaming et de stockage en ligne, au fur et à mesure que leurs tarifs d'abonnement s'envolent, marque un tournant dans les habitudes des consommateurs de contenus — et même des professionnels en quête de solutions locales, disques externes et NAS en tête.

Sauf que voilà : pour le commun des mortels, un NAS implique toute une logistique de maintenance à assimiler (avec ou sans disque dur, deux ou cinq baies ?) qui a vite fait de décourager. C'est dans cette optique que Synology, l'un des géants du marché, a commercialisé il y a un peu plus d'un an le BeeStation Plus, version boostée du BeeStation classique lancé en 2024. Pour ce produit pensé pour le grand public, loin du segment prosumer habituellement privilégié par la marque, le constructeur a simplifié le NAS… jusqu'à en effacer presque la nature.

Le BeeStation Plus a certes des airs de NAS, mais il reprend la philosophie de son prédécesseur : sacrifier la modularité propre à ce type d'appareil pour fluidifier à l'extrême l'expérience utilisateur. La marque taïwanaise définit son approche comme celle d'un “cloud en local” destiné aux personnes soucieuses de la souveraineté de leurs données, ou aux néophytes du stockage réseau cherchant une porte d'entrée abordable. C'est d'ailleurs pour cette raison que le BeeStation Plus n'a pas droit à un test en bonne et due forme sur Les Numériques : ni tout à fait NAS, ni simple disque dur externe, il louvoie à la frontière de deux mondes.

Il suffit de jeter un œil à sa face arrière : un unique port RJ45 1 Gb/s, un port USB-A Gen 3.2, un port USB-C 3.2 et la prise d'alimentation. Sans baie supplémentaire ni connecteur d'extension PCIe, le BeeStation Plus est pensé pour une configuration figée articulée autour d'un unique disque dur de 8 To.

Sa carte mère embarque néanmoins une puce Intel Celeron J4125 dédiée au transcodage vidéo — un point sur lequel nous reviendrons. Dès lors, la configuration initiale en une demi-douzaine d'étapes s'avère d'une simplicité enfantine. Elle exige toutefois la création d'un compte Synology, contrairement aux NAS traditionnels de la marque qui peuvent (dans une certaine mesure) s'en passer.

Exit l'interface habituelle DSM ; place à BSM, accessible via une application dédiée ou directement depuis un navigateur web (la meilleure option pour une compatibilité tous azimuts). On y retrouve les applications BeeFiles (fichiers), BeePhotos (photos) et BeeCamera (vidéosurveillance), aux côtés des paramètres du système.

L'interface de BeePhotos est trèèès similaire à celle de Google Photos.© Les Numériques

L'interface de BeePhotos est trèèès similaire à celle de Google Photos.

L'ergonomie de BeeFiles rappelle immédiatement celle des services de Google ou d'Apple. Elle permet de synchroniser l'espace de stockage avec des clouds tiers comme Google Drive ou Dropbox, mais aussi d'y héberger des sauvegardes, une fonction vitale au vu de la nature non modulaire de l’appareil.

On peut également conserver des backups réguliers et stocker des fichiers via le BSM sur un module de stockage externe connecté via l'I/O arrière. De son côté, BeePhotos s'inspire très largement de Google Photos : l'interface intègre une analyse par IA avec reconnaissance faciale (encore perfectible) pour l'indexation, gère la synchronisation iCloud et propose une app mobile pour transférer automatiquement sa galerie d'images. En résumé, l'offre logicielle est complète et particulièrement intuitive, remplissant parfaitement le cahier des charges d'accessibilité du BeeStation.

C'est dans cette même démarche de simplicité immédiate que le BeeStation Plus embarque une intégration directe de Plex au sein de BSM, portée par les capacités de transcodage matériel de sa puce Intel, et surtout la présence des pilotes adéquats. Le BeeStation Plus prend ici une longueur d'avance sur les NAS classiques de Synology qui, depuis la gamme 2025, sont privés des pilotes nécessaires au transcodage vidéo, quand bien même leurs processeurs en seraient théoriquement capables.

Un choix qui avait fait polémique chez les passionnés. Dès lors, le caractère plug & play du boîtier et la configuration simplifiée du serveur Plex (qui dispose d’une librairie dédiée dans l'arborescence BeeFiles) font merveille. C'est sans doute l'usage le plus immédiat de ce modèle, d'autant qu'il reste particulièrement silencieux (à peine un léger murmure) en lecture vidéo, y compris lors d'un transcodage intensif. Une véritable réussite pour la consommation de contenu.

Le ventilateur en charge du refroidissement du BeeStation est relativement discret.© Les Numériques

Le ventilateur en charge du refroidissement du BeeStation est relativement discret.

C'est toutefois cette sobriété poussée qui révèle les limites du BeeStation Plus. Bridées par l'unique port 1 Gb/s, les vitesses de transfert plafonnent autour de 100 Mo/s, ce qui s'avère pénalisant pour qui manipule souvent de lourds rushes vidéo en 4K. De plus, nos semaines d'utilisation ont été entachées par un souci de mise en veille : l'appareil est censé suspendre son activité après 30 min d'inactivité, à condition toutefois de couper manuellement le serveur Plex… Un comportement pour le moins contre-productif au quotidien.

L'autre frein, et sans doute le plus problématique, concerne la pérennité du produit. Le châssis n'est pas pensé pour être réparé par l'utilisateur, et le disque dur mécanique scellé ne peut être remplacé facilement. En cas de défaillance, la case SAV Synology sera inévitable. Les profils en quête d'une solution durable passeront donc leur chemin. En revanche, pour le grand public désireux de s'affranchir des abonnements cloud ou pour un usage familial, ce boîtier constitue une alternative clé en main très pertinente.

Seule ombre au tableau, et non des moindres : le contexte économique tendu sur les composants électroniques. À l'heure où nous rédigeons ces lignes, le BeeStation Plus s'affiche autour de 700 €, un tarif nettement au-dessus des 450 € exigés à son lancement…

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