Le bloc-notes numérique, carnet numérique, ou encore tablette à encre électronique, est un appareil particulier, à la croisée de plusieurs usages, entre liseuse et tablette. Il s’agit d’un produit plutôt « de niche », dont tout le monde n’aura pas l’utilité. Ce type de tablette E Ink avec stylet est souvent destiné à un usage professionnel, ou bien à celles et ceux qui lisent et annotent beaucoup. Remplacer le papier par un bloc-notes numérique garantit un gain d’organisation et de temps : finies les notes éparpillées, tout est centralisé, partageable et synchronisé sur le cloud (parfois payant comme chez reMarkable).
Nous avons testé les principales tablettes E Ink du marché, avec ou sans écran couleur. Nos choix sont la Boox Note Air6 C pour sa polyvalence sous Android 16, la Kindle Scribe Colorsoft pour lire et annoter dans l’écosystème Amazon, la reMarkable Paper Pro pour la meilleure sensation d’écriture, et la reMarkable Paper Pure si vous voulez dépenser moins.
Avec la Note Air6 C, Boox perfectionne une formule déjà éprouvée. Il s’agit d’une tablette E Ink avec un écran couleur Kaleido 3 de 10,3 pouces. La prise en main est excellente, malgré un poids assez conséquent (440 grammes). Le châssis est en aluminium, mais non étanche. Deux petits haut-parleurs ont la bonne idée d’être là, de même qu’un micro.
L’écran Kaleido 3, qui superpose un filtre de couleurs à une dalle E Ink noir et blanc, est de bonne facture, avec une résolution de 300 ppp en noir et blanc et 150 ppp en couleur, ce qui est standard pour un écran Kaleido 3. Les couleurs font preuve d’une belle saturation pour un écran à encre : la Boox est ainsi une bonne candidate pour la lecture de bandes dessinées et de mangas.
La Note Air6 C est une tablette qui tourne sous Android 16, ce qui est sans doute sa plus grande force. Vous pouvez donc installer n’importe quelle application du Google Play Store, offrant alors une polyvalence à toute épreuve. En plus de cela, Boox a créé une surcouche hyper personnalisable, avec beaucoup de réglages disponibles, que ce soit sur le rétroéclairage, la navigation par gestes, ou encore l’affichage de l’écran.
Les applications intégrées, comme le lecteur d’ebooks et l’app de prise de notes, offrent aussi tout un tas de fonctionnalités bienvenues et bien pensées. La prise de notes est d’ailleurs précise et agréable. La transcription de l’écriture manuscrite à dactylographiée fonctionne bien, de même que l’Assistant IA directement proposé dans une app dédiée.
En bref, un produit efficace et polyvalent, bien pensé, que l’on apprécie utiliser au quotidien. Son seul véritable point faible est sa batterie, qui s’épuise vite et a tendance à se décharger en veille.
Le modèle précédent, la Boox Note Air5 C, pourra aussi vous intéresser, car elle se trouve pour moins cher. Par rapport à la Note Air5 C, la Note Air6 C passe d’Android 13 à Android 16 et adopte un processeur gravé en 4 nm, nettement plus rapide. L’écran Kaleido 3 de 10,3 pouces ne change pas : si vous lisez et prenez des notes sans applications gourmandes, l’ancienne génération reste une bonne affaire.
Avec son Kindle Scribe Colorsoft, Amazon sort sa liseuse la plus haut de gamme. L’objet en lui-même est réussi : le châssis en aluminium est fin et particulièrement léger. En revanche, la prise en main n’est pas parfaite en raison de l’absence de bordure plus large pour la tenir sur le côté ou en bas.
Côté logiciel, on retrouve Kindle OS, fidèle à lui-même. C’est un OS qui tourne bien, qui est bien pensé et intuitif, en restant simple. En revanche, il reste un système très fermé, verrouillé par Amazon.
Avec son design d’une finesse remarquable et son interface dépouillée à l’extrême, la marque norvégienne s’adresse en priorité à ceux qui veulent fuir la surstimulation des tablettes classiques pour se concentrer sur l’essentiel. La reMarkable Paper Pro est ainsi particulièrement conseillée à un usage professionnel.
Avec son écran de 11,8 pouces, la Paper Pro est la plus grande tablette de reMarkable. Elle mesure 27,4 x 19,7 cm, un peu moins qu’une feuille A4, et pèse 525 grammes. Le stylet Marker Plus (avec gomme), livré dans les packs plus chers que l’offre de base avec le Marker simple, offre clairement la meilleure expérience d’écriture, couplé au revêtement d’écran texturé. Vous n’aurez pas plus proche de l’expérience papier. L’écran couleur, un Gallery 3, est bon sur le rendu des couleurs.
L’OS de reMarkable, s’il est parfaitement clair et épuré, manque tout de même de fonctionnalités et de possibilités de personnalisation, notamment sur les fonctions de lecture. La transcription de l’écriture manuscrite vers dactylographiée fonctionne bien, sans être exceptionnelle sur les écritures un peu difficiles. En outre, il faut payer un forfait mensuel (Connect) en sus pour avoir toutes les fonctions de partage et de cloud, ce qui est un peu chiche.
De par son OS fermé et le type de fonctionnalités intégrées, très orientées sur les outils de partage, la reMarkable Paper Pro se destine à un usage majoritairement professionnel.
Si vous voulez conserver la couleur, mais souhaitez plutôt un petit format, optez pour la Paper Pro Move, que nous avions également testée. Son petit format (7,3 pouces, 230 grammes) se glisse dans une poche de veste et pourra donc séduire les travailleurs et travailleuses qui souhaitent l’emmener partout avec eux pour prendre et organiser leurs notes, ainsi que consulter des documents.
La reMarkable Paper Pure va à l’essentiel. Écran noir et blanc 10,3 pouces, pas de rétroéclairage, châssis aminci en plastique… Elle est ainsi plus simple, et donc moins chère.
La Paper Pure fait d’autant plus dans la simplicité que ses grandes sœurs. Grâce à son châssis plastique, elle est légère, et sa prise en main est meilleure grâce à un rebord plus large sur le côté. Grâce à l’écran noir et blanc, à l’absence de rétroéclairage et à l’OS fermé, reMarkable annonce trois semaines d’autonomie à raison d’environ une heure de prise de notes par jour, et bien plus si vous l’utilisez peu.
Son écran noir et blanc présente de très bons contrastes, avec un fond bien blanc. Elle sera parfaite pour la lecture et l’annotation de documents. Si vous cherchez un outil pratique pour réfléchir, annoter, organiser vos idées, sans vider votre compte en banque pour un des modèles Pro de la marque, c’est le choix de raison. En revanche, on regrette l’absence de rétroéclairage qui aurait pourtant été bien utile par moments.
Il existe encore de nombreux modèles, que nous n’avons pas pu tester, ou ne recommandons pas. On citera notamment la Kobo Elipsa 2E et la Paperslate Pro.
En outre, d’autres marques plus confidentielles sont spécialisées sur le secteur, par exemple Supernote avec la tablette Manta (écran noir et blanc). Bigme est aussi un autre fabricant placé sur des tablettes hyper abordables, comme la Bigme B7 Colour.
Un bloc-notes numérique (ou tablette à encre électronique) est un appareil pensé pour remplacer le papier.
Les technologies d’écran d’une liseuse et d’une tablette classique sont bien différentes. Les écrans LCD et OLED émettent leur propre lumière, tandis que l’encre électronique réfléchit la lumière ambiante. Ainsi, un écran E Ink n’envoie pas de flux lumineux direct, ce qui limite drastiquement la fatigue oculaire. En outre, un écran E Ink affichant une page fixe ne consommera aucune batterie. C’est pourquoi une liseuse (ou un bloc-notes numérique) peut tenir plusieurs semaines, là où une tablette LCD/OLED doit être rechargée souvent.
Enfin, certains blocs-notes numériques (pas ceux qui tournent sous Android) sont pensés pour éliminer les distractions avec un OS fermé et orienté sur la productivité, contrairement aux tablettes classiques où l’on peut vite s’éparpiller.
La majorité des blocs-notes numériques utilisent la technologie passive EMR (Electro-Magnetic Resonance) de Wacom : le stylet ne contient aucune batterie et n’a jamais besoin d’être rechargé. En revanche, il faut parfois remplacer la pointe en plastique (tous les 3 à 9 mois) lorsqu’elle est trop usée, cette dernière s’usant un peu avec la friction de l’écran mat. Les tablettes sont toujours livrées de base avec quelques mines de rechange.
Les premières E ink avec stylet démarrent aux alentours de 350-400 euros (Kobo Elipsa 2E, reMarkable Paper Pure, Paperslate). Les plus haut de gamme culminent autour de 600 euros (reMarkable Paper Pro, Scribe Colorsoft).
Vous trouverez pas mal d’avis sur la toile ou de discours de marques qui vous diront que oui. La réponse totalement honnête est non, car c’est tout simplement impossible : le papier est une surface un peu molle, contrairement à un écran qui est parfaitement rigide. Sans compter la différence entre un stylo muni d’une bille qui roule lorsque l’on écrit, comparé à un stylet à mine plastique. En revanche, l’écran d’un carnet à encre électronique est mat : la sensation d’écriture est donc certes plus proche de celle du papier que sur une tablette LCD. Cette sensation et cette friction diffèrent selon les liseuses, avec un rendu plus ou moins glissant. Le rendu le plus proche du papier est sans doute celui des reMarkable.
Enfin, la latence entre le stylet et l’écran est aujourd’hui très faible : le trait apparaît presque instantanément sous la pointe.
Oui. Presque tous les modèles récents intègrent une fonction de reconnaissance d’écriture manuscrite. Vous pouvez convertir vos notes manuscrites en texte brut, les éditer et les exporter par e-mail ou sur des services cloud (Google Drive, Dropbox, OneDrive…).






