« Installez l’appli pour la prochaine manif ». Le Parisien a repris ce vendredi 23 octobre ce mot d’ordre, qui accompagne le boom des téléchargements de Bitchat en France. Les manifestants ont peur qu’on leur coupe les réseaux sociaux pendant les prochains cortèges. Or la messagerie lancée par Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, permet justement d’échanger des messages sans Internet ni réseau mobile. Cet argument a propulsé Bitchat, pourtant disponible depuis juillet 2025, en tête de la catégorie Réseaux sociaux de l’App Store en France ce jeudi 22 octobre, devant Telegram et Signal.
Tout part des manifestations contre la vie chère et en soutien au mouvement lycéen du 17 octobre. En marge de cette mobilisation, des pillages et dégradations de bâtiments ont eu lieu dans diverses villes françaises.
Dès le lundi 19 octobre, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a proposé un « blocage temporaire ciblé » des réseaux sociaux dans les zones touchées.
Deux jours plus tard, devant le Sénat, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a lui aussi évoqué une suspension des réseaux sociaux en cas de pillages. Aucune décision en ce sens n’a été prise pour le moment, mais des couvre-feux partiels ont été instaurés.
En préparation du mouvement du samedi 24 octobre, l’application Bitchat qui fonctionne sans réseau et n’est donc pas bloquable, gagne de plus en plus en popularité.
Ce mercredi 21 octobre, la panne nationale d’Orange a privé des abonnés de réseau mobile pendant près de dix heures. Elle a rappelé qu’un réseau peut tomber sans prévenir.
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Bitchat se passe des antennes : l’application utilise le Bluetooth Low Energy, la version du Bluetooth qui consomme peu de batterie, pour relier directement les smartphones proches. Chaque téléphone qui l’a installée sert de relais, et un message passe d’appareil en appareil jusqu’à son destinataire. Pour information, les réseaux de localisation comme Apple Find My fonctionnent sur le même principe.
Grâce à ces relais, Jack Dorsey annonçait au lancement une portée d’environ 300 mètres. Il n’y a ni compte, ni numéro de téléphone, ni serveur central. Un blocage des réseaux sociaux ne toucherait donc pas Bitchat. Même un retrait des boutiques d’applications ne bloquerait que les nouveaux téléchargements.
Les canaux publics, eux, sont classés par ordre de grandeur :
La France n’est pas le premier pays à vivre ce scénario. Interrogée par franceinfo ce mercredi 21 octobre, Joséphine Boone, journaliste aux Échos, a rappelé que l’application avait déjà beaucoup servi lors de mouvements portés par la jeunesse, en Iran en janvier, en Inde en juillet. Au Népal, en septembre 2025, les téléchargements avaient décollé pendant une interdiction des réseaux sociaux. Un mois plus tard, Bitchat montait à la deuxième place des téléchargements en Jamaïque, après le passage de l’ouragan Melissa qui avait endommagé les infrastructures télécoms.
Installez-la avant d’en avoir besoin, car un réseau saturé en pleine manifestation peut rendre le téléchargement impossible. Sur l’App Store, elle s’appelle bitchat mesh, elle est éditée par Permissionless Tech et demande au minimum iOS 16. Elle existe aussi sur Android, où elle dépasse le million de téléchargements sur Google Play, tous pays confondus. L’application est gratuite et sa fiche App Store indique qu’aucune donnée n’est collectée.
Gardez aussi ses limites en tête. Le réseau ne fonctionne que si d’autres personnes équipées se trouvent à portée, et il est fait pour de courts messages texte. Par ailleurs, la fiche App Store ne promet le chiffrement que pour les messages privés. Enfin, laissez le Bluetooth activé et partez avec une batterie chargée, puisque votre téléphone sert lui-même de relais aux messages des autres.
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J'ai rejoint officiellement Frandroid en janvier 2017. Je fais donc partie des meubles aujourd'hui en essayant de ne pas prendre la poussière. Après avoir géré quelques années l'univers smartphones et hérité du rôle de rédacteur en chef adjoint, j'ai eu l'honneur d'être nommé rédacteur en chef en 2024 pour gérer la grande équipe d'experts qui animent Frandroid. J'apprends donc une nouvelle dimension managériale sans pour autant quitter mon rôle premier qui est d'écrire des articles. J'aime la tech, mes collègues, les mangas, Donjons et Dragons, le piano et les anecdotes inutiles.
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