Le leasing social pourrait bientôt changer de dimension. Des députés ont déposé une proposition de loi prévoyant la création d’un parc public d’un million de voitures électriques d’ici 2035. Les ménages modestes les loueraient 150 euros par mois, avec un financement adossé à une taxe sur le tabac.
Rouler sans essence reste un privilège pour beaucoup de foyers français. Compter souvent plus de 30 000 euros pour un modèle neuf reste dissuasif. Afin de réduire cet écart, le gouvernement a relancé le leasing social avec des voitures électriques louées autour de 200 euros par mois. Tout fonctionne par campagnes annuelles, avec un quota de 50 000 contrats. L’enveloppe épuisée, les candidats attendent l’édition suivante.
Face à cette limite, plusieurs élus jugent le système trop fragile. Côté aides, une prime de 2 000 euros vise les voiturettes électriques assemblées en Europe. Chaque année, ces soutiens dépendent du budget voté. Certains députés veulent donc inscrire la location de véhicules propres dans la durée, sur le modèle du logement social.
La proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale prévoit un parc public d’un million de voitures électriques d’ici fin 2035. Propriétaire des véhicules, la Caisse des dépôts financerait les achats. Des opérateurs publics ou privés en assureraient la gestion. Le loyer moyen atteindrait 150 euros par mois hors assurance. Entretien courant, assistance, réparations d’usure et pneumatiques entreraient dans ce montant.
Chaque voiture pourrait circuler douze ans avant d’être revendue en priorité à son dernier locataire. Seuls les foyers des cinq premiers déciles de revenus y auraient droit. Côté véhicules, les députés retiendraient des modèles électriques de moins de 1 800 kg, avec une préférence affichée pour l’assemblage européen. Sous la barre des 20 000 euros, le catalogue se résume pourtant à la Renault Twingo E-Tech, vendue 19 490 euros. La Dacia Spring et la Leapmotor T03 descendent plus bas, mais sortent d’usines chinoises.
Les acquisitions démarreraient en janvier 2028. Pour un prix catalogue moyen de 20 000 euros, la Caisse des dépôts négocierait une remise d’au moins 25 %, sur des citadines déjà vendues à faible marge. Aucune ligne ne précise le sort d’une batterie défaillante hors garantie. Un encours de 8 milliards d’euros financerait le parc, complété par une subvention annuelle de 350 millions et une taxe sur les tabacs. Rien n’est joué, le parcours parlementaire commence à peine.






