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J’ai testé le Seestar S30 Pro, le meilleur rapport qualité-prix pour un télescope connecté ?

La première fois que j’ai testé des télescopes connectés, j’ai été totalement bluffé par la simplicité d’utilisation et l’extrême facilité d’obtenir de belles images en peu de temps, mais ils coûtaient presque aussi cher que mon matériel personnel. Quand on parle de sommes à quatre chiffres, il faut évidemment y penser plusieurs fois avant d’investir, et ce, quelle que soit la passion.

En astronomie, la porte d’entrée devient de plus en plus accessible, et c’est tant mieux. On l’a déjà vu avec le Dwarf Mini, un télescope connecté ultra compact et très pratique à moins de 500 euros, mais avec quelques limitations techniques. Le Seestar S30 Pro, lui, est à 749 euros. C’est un peu plus cher, mais les compromis sont bien moindres que sur le modèle abordable de DwarfLab et le télescope de ZWO peut même rivaliser avec d’autres modèles premium vendus deux à trois fois plus cher. Bref, c’est un excellent rapport qualité-prix, voire l’un des meilleurs disponibles sur le marché, et voici pourquoi.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons tout d’abord un petit tour du propriétaire. Le Seestar S30 Pro est un télescope connecté assez léger, puisqu’il fait moins de 2 kg, et plutôt compact avec ses 7,8 x 14 x 21 cm de dimension, sans compter le trépied. Une fois que le S30 Pro est posé sur ce dernier, la hauteur monte à 26 cm. C’est vraiment petit, le gabarit d’une grosse figurine quoi.

Autant le dire, avec un si petit format, c’est un plaisir d’emmener le Seestar S30 Pro partout avec soi. Il n’est pas aussi compact que le mini modèle de DwarfLab qui rentre littéralement dans une grosse poche, mais c’est déjà bien pratique. De plus, il est livré avec une petite sacoche de transport (bandoulière incluse) pour l’emporter encore plus facilement en déplacement ou en vacances. D’autres accessoires sont fournis, comme un câble USB-C pour la recharge, un filtre solaire et même des autocollants sur le thème de l’astronomie (parce que pourquoi pas).

Cependant, je dois avouer que je ne suis pas particulièrement fan du design. Il reprend grosso modo le concept de bras articulé qui pivote sur lui-même, comme peut le faire Vaonis avec ses Vespera, mais je trouve ça beaucoup moins gracieux chez ZWO. C’est mi-arrondi, mi-carré, et le bras est beaucoup plus petit que le reste du corps. C’est bête, mais avec le Vespera Pro par exemple, ça coupe pile au milieu et ça rend le tout bien plus harmonieux à l’œil.

Même le coloris, un blanc mat associé à du noir brillant, fait un peu jouet pour enfant, alors que Vaonis propose de son côté une belle robe blanche brillante qui fait bien plus premium. Alors oui, ce n’est pas la même gamme de prix et je me doute qu’il a fallu faire des concessions sur le choix du design final et des matériaux, mais je pense que la marque en était consciente avec la récente sortie du S50 Pro, qui est bien plus agréable visuellement.

Avant d’allumer le S30 Pro, il faut bien évidemment télécharger l’application qui va avec. Elle se nomme tout simplement Seestar et est disponible aussi bien sur iOS qu’Android. En lançant l’application, vous avez directement accès à une page d’accueil pour connecter votre appareil et c’est simple comme bonjour : pas besoin de repasser par les réglages Wi-Fi ou autre de votre smartphone, tout se fait directement dans l’application.

Une fois l’appareil connecté au smartphone, l’exploration du ciel étoilé peut directement commencer puisqu’elle est clairement mise en avant par quatre grosses icônes : Ciel profond, Voie Lactée, Système Solaire et Paysage. Vous pouvez donc directement définir votre première cible céleste et laisser faire le télescope pour se diriger automatiquement jusqu’à elle. Attention si vous choisissez la Lune en premier, car il faudra se diriger manuellement vers elle, comme pour faire une photo de la Voie lactée ou de traînées d’étoiles.

Je trouve d’ailleurs que le reste de la page d’accueil regroupe plutôt bien ce dont on a besoin au quotidien, à savoir un accès aux photos de votre album, un outil de post-traitement pour améliorer vos clichés et même un programmateur pour planifier votre nuit et filer dormir. On retrouve également un accès rapide à l’état de la batterie du télescope, à des réglages, mais aussi à des tutoriels pour les plus novices (uniquement en anglais malheureusement).

On trouve ensuite un onglet « Community » pour partager ses clichés à la façon d’un réseau social, mais aussi un onglet un peu plus fun selon moi, qui est « Voisinage ». Ce dernier permet de voir les photos prises par des utilisateurs autour de vous et pourquoi pas de faire des rencontres astronomiques. Mais, le plus important, c’est Sky Atlas, une sorte de mappemonde de l’univers observable selon votre position géographique, qui permet aussi de préparer votre prise de vue à l’avance. Vous pouvez agrandir le cadre et même le faire pivoter, dans le but d’avoir plusieurs objets sur la même image. J’ai testé cette fonctionnalité avec les nébuleuses du Voile de l’est et de l’ouest et je suis plutôt heureux d’avoir un beau cliché de ces deux astres réunis.

Bref, c’est assez simple et on s’y retrouve plutôt facilement dans la navigation, car l’essentiel est traduit en français, mais il y a des loupés comme vous avez pu le lire précédemment (qui est attentif ?). Le plus gros problème de traduction selon moi, c’est tout simplement le nom des astres. Pour reprendre mon exemple sur la nébuleuse du voile, j’ai exactement tapé ces derniers mots dans la barre de recherche de l’application, et rien, car il faut écrire son nom en anglais, soit Veil Nebula. Un peu pénible de vérifier le nom anglophone avant de cibler un astre, ou alors il faut connaître le nom de code scientifique… mais là, c’est trop m’en demander. Sinon, vous pouvez aussi vous laisser porter par les recommandations de l’application, tout est trié en fonction de la visibilité à l’instant T.

Ah, et un détail assez troublant au début, mais je me dois de vous prévenir : le Seestar S30 Pro parle ! La première fois que j’ai allumé le télescope ça m’a beaucoup surpris, surtout que la voix est très robotique. Je vous conseille alors de faire un petit tour dans les réglages de l’application pour supprimer la fonction vocale du S30 Pro (de même pour celles de l’application) si vous ne voulez pas réveiller vos voisins en pleine nuit. Je vous invite également à éteindre l’éclairage LED sur la façade : d’une, ça évite un peu la pollution lumineuse, et de deux, c’est plus discret si vous laissez le télescope toute la nuit dans votre jardin sans surveillance.

Ce qu’il y a de bien avec le Seestar S30 Pro, c’est qu’on peut presque tout faire avec. Sa caméra principale, un téléobjectif de 30 mm d’ouverture associé à un capteur Sony IMX585 de 8,3 mégapixels, sert à capturer les objets du ciel profond, à savoir les galaxies, les nébuleuses et autres amas d’étoiles. La deuxième caméra, ultra grand-angle, utilise un capteur Sony IMX586, toujours en 8,3 mégapixels, et est surtout utile pour capturer la Voie lactée et les traînées d’étoiles, mais aussi le paysage.

J’ai bien dit presque, car avec une focale de seulement 160 mm, difficile de faire de gros zoom sur le planétaire : vous pouvez donc oublier l’observation de Saturne, Jupiter ou Mars avec ce télescope. Les seuls objets du système solaire que vous pourrez voir, ce sont les plus gros et les plus visibles à l’oeil nu, à savoir la Lune et le Soleil. Pour ce dernier, le filtre adéquat est fourni sans surcoût, un bon point quand d’autres concurrents le vendent séparément plusieurs centaines d’euros. J’ai pu l’utiliser pendant l’éclipse solaire du 12 août 2026 et j’avais même pris une vidéo de quasi l’intégralité du transit de la Lune devant le Soleil avec le Seestar S30 Pro. Un beau spectacle que vous pouvez retrouver ci-dessous en moins de deux minutes (la vidéo d’origine dure 2 heures).

En mode photo, on voit tout aussi bien les taches solaires, avec la possibilité de faire un zoom x2 ou x4 pour que notre chère étoile prenne plus de place sur l’écran. Les mêmes fonctionnalités sont disponibles avec la Lune, où le résultat est tout aussi convaincant, avec de bons niveaux de détails sur les cratères centraux, même si c’est un peu plus lissé sur les extrémités.

Pour la suite, je vous propose de dézoomer un peu avant d’aller scruter les fins détails situés au-delà de notre système solaire, en commençant par la fonction traînées d’étoiles. C’est le capteur ultra grand-angle qui se met alors à l’œuvre ici, il est automatiquement sélectionné dans l’application quand vous choisissez le mode Voie lactée. Vous pouvez diriger le télescope vous-même, choisir le bon angle pour mettre des objets en premier plan, et il n’y a plus qu’à laisser tourner. Dans mon cas, la prise a duré 220 minutes et mon seul regret, c’est d’avoir choisi des arbres dont les fines branches bougent au gré du vent. Mais, hormis quelques zones floues, le résultat est très satisfaisant.

Pour ce qui est de la Voie lactée, c’est normalement un peu plus compliqué, surtout si vous laissez du décor terrestre dans le champ de vision. Vu que la Terre tourne sur elle-même, les étoiles dans le ciel se déplacent, mais pas les objets autour du télescope. J’avais déjà testé cette fonctionnalité avec le Dwarf Mini, mais la partie terrestre était décalée, voire floutée, car je n’étais pas en mode équatorial (c’est-à-dire monté sur un trépied en direction du nord céleste). Avec le Seestar S30 Pro, pas besoin de tout ça, puisqu’un mode reconnait automatiquement s’il y a un décor terrestre dans la scène et le fige pour que ce dernier soit parfaitement net sur votre photo du bras de la Voie lactée. Je me suis également amusé à ne prendre que lui en gros plan et c’est toujours autant d’émerveillement.

Ces deux images ci-dessus ne sont pas brutes. Elles ont été retouchées avec l’outil de post-traitement de l’application Seestar, et il est excellent. En plus de l’amélioration automatique par IA, il vous laisse tout régler : le recadrage, la réduction d’étoiles, la luminosité, le contraste, la saturation et la réduction de bruit. Selon votre goût, vous pouvez produire des images plus nettes ou plus pétantes, avec plus ou moins d’étoiles autour. Vous faites votre petite tambouille quoi.

Comme en astrophoto classique, c’est vraiment le post-traitement qui va vous permettre de faire ressortir tous les détails des astres que vous allez capturer. Une étape indispensable, même après plusieurs heures de prise de vue. Sans cela et malgré l’empilement de milliers de photos, le résultat sera terne, avec du bruit numérique et quelques imperfections ici et là, comme un satellite qui laisse une traînée, par exemple. Juste en bas, vous pouvez voir la galaxie d’Andromède et observer les différences entre la photo brute après 1 heure d’empilement (10 secondes de temps de pose) et la photo modifiée qui fait ressortir les plus beaux détails de notre voisine cosmique.

Ce n’est peut-être pas parfait ni au niveau de ce que peuvent faire certains astronomes amateurs, mais je trouve le résultat vraiment bon, surtout en si peu de temps. Je dirais même que c’est la plus belle photo de la galaxie d’Andromède que j’ai pu prendre avec un télescope connecté à ce jour. Je vous glisse juste en dessous quelques-uns des autres meilleurs clichés que j’ai pu capturer avec le Seestar S30 Pro.

Bien évidemment, vous pouvez exporter les photos et les modifier vous-même avec le logiciel de votre choix pour améliorer encore plus la qualité, mais ça demande du temps et des compétences que certains et certaines n’ont pas. Le résultat est déjà très satisfaisant lorsque l’on n’y consacre que quelques secondes, et je doute que beaucoup iront au-delà.

Pour celles et ceux qui voudraient tout de même aller plus loin, le S30 Pro propose aussi un mode équatorial, qui autorise des poses jusqu’à 60 secondes et limite la rotation de champ. Il faut alors acheter à part la rotule TH10 de ZWO, sans laquelle ce mode ne peut pas être activé.

Toutes les photos sont directement stockées sur l’appareil, mais aussi sur votre smartphone. Le Seestar S30 Pro peut accumuler 128 Go de galaxies et nébuleuses et c’est amplement suffisant, puisqu’en 3 mois environ d’utilisation et à peu près une cinquantaine de photos prises, il me reste encore un peu moins de 98 Go de libre. Et, si besoin, vous pouvez facilement faire de la place après avoir fait une copie de vos clichés sur la mémoire de votre téléphone.

En ce qui concerne l’autonomie, la marque annonce 6 heures avec la batterie de 6 000 mAh (22 Wh) intégrée au télescope, un chiffre mesuré en laboratoire à 25 °C. Dans les faits, cela tourne plus autour des 4 à 5 heures, avec la valeur la plus basse pour de la prise de vue en continu et la valeur la plus haute si vous alternez les cibles célestes. C’est suffisant pour observer quelques astres lors d’une soirée, mais pas pour shooter toute la nuit.

Si on le compare à la concurrence, il fait mieux que le Vespera II de Vaonis et est quasi à égalité avec l’Odyssey Pro d’Unistellar, mais dans un format bien plus compact que ces deux-là. Un bon point, même s’il faudra passer par une batterie externe ou directement une prise pour prolonger jusqu’à l’aube.

Pour la recharge, cela se passe via le port USB-C situé sur le côté gauche de l’appareil. Comptez un peu plus de 3 heures pour passer de 0 à 100 % avec un chargeur USB-C d’au moins 15 W (5 V, 3 A), la puissance d’entrée maximale annoncée par ZWO.

Le Seestar S30 Pro est vendu pour 749 euros sur Amazon et chez d’autres revendeurs, et il lui arrive même parfois d’être en promotion depuis la sortie du S50 Pro.

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