Les constructeurs cherchent à réduire leur dépendance aux métaux extraits pour leurs batteries. Porsche vient de franchir une étape avec la start-up allemande cylib, en produisant une cellule dont la cathode ne contient aucune matière première neuve. Tout provient de ses propres packs arrivés en fin de vie.
En Europe, les batteries des voitures électriques pèsent lourd dans l’empreinte industrielle d’un modèle. Leur fabrication réclame du lithium, du nickel ou du cobalt, extraits souvent à l’autre bout du monde. La vague de packs usagés attendue dans la décennie qui vient promet une ressource beaucoup plus proche. Les constructeurs y voient un moyen de sécuriser leurs approvisionnements. Bruxelles les pousse dans cette direction.
Porsche explore cette voie depuis 2024, année de son investissement dans cylib, une start-up allemande installée à Aix-la-Chapelle. Leur projet pilote récupère les métaux des packs haute tension arrivés en fin de vie. Trois étapes structurent ce travail. Le broyage mécanique donne d’abord une poudre noire concentrant les éléments recherchés, avant un raffinage capable de les séparer un par un. Sur ce terrain, le vieillissement des accumulateurs mobilise tout le secteur, et des chercheurs planchent sur la durée de vie des batteries de voitures électriques. Depuis mai, le constructeur dirige les modules de ses centres allemands vers un procédé à base d’eau.
Selon le communiqué de Porsche, les cellules produites embarquent une cathode issue à 100 % de métaux recyclés. Le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse proviennent tous d’anciennes batteries de la marque. cylib gère ces volumes dans un compte matière, avec une traçabilité au gramme près. Lilian Schwich, codirigeante de la jeune pousse, décrit une boucle enfin fermée, des ensembles en fin de première vie jusqu’aux matières réutilisables. Ces premiers exemplaires passent aujourd’hui des tests en conditions réelles. Rien n’est encore acquis.
Les matériaux récupérés doivent alimenter la production de cellules à partir de 2028, pour la marque comme pour quelques partenaires. Objectif affiché, réduire la dépendance aux sources mondiales d’approvisionnement. D’ici là, le règlement européen imposera un passeport numérique à toute batterie dépassant 2 kilowattheures, document qui devra détailler sa chimie, son état de vie et sa part de contenu recyclé. Joachim Scharnagl, responsable des achats chez Porsche, parle d’une étape technologique importante. Reste à prouver que ces éléments tiennent la distance face à des packs classiques.






