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Il y a des arlésiennes hollywoodiennes qu’on croyait enterrées sous trois mètres de béton. L’Arme Fatale 5 en faisait clairement partie. Depuis la mort en 2021 du légendaire Richard Donner, le patron derrière les quatre premiers volets, le projet semblait définitivement cuit. C’était sans compter sur la hargne de Mel Gibson, bien décidé à ne pas laisser pourrir au fond d’un tiroir le duo d’inspecteurs le plus déjanté du cinéma d’action.
De passage au Fan Expo de Boston aux côtés de son acolyte Danny Glover, Gibson a profité d’un entretien accordé à Collider pour mettre les pieds dans le plat. Et loin des langues de bois habituelles, l’acteur-réalisateur n’a pas mâché ses mots.
Après la disparition de Richard Donner à l’âge de 90 ans alors qu’il préparait ce cinquième opus, Gibson s’est retroussé les manches. Associé au scénariste Richard Wenk (Equalizer), il a repris les notes du maître pour accoucher d’un scénario bouclé.
« On s’est posés dans une pièce avec le scénariste en se demandant en permanence : « Qu’est-ce que Donner aurait fait ? » Et honnêtement, je pense que ce cinquième script surpasse tous les précédents », assène Gibson.
Pour l’Australo-Américain, la force brute de la franchise n’a jamais résidé dans le pilonnage d’effets visuels, mais dans la faillibilité de ses héros : Shane Black et Donner avaient façonné des flics cabossés, l’un totalement taré et suicidaire, l’autre mort de trouille à l’idée d’y passer. Une recette humaine que ce nouvel épisode entend pousser à son paroxysme.
Oubliez la surenchère façon Fast & Furious ou les blockbusters gavant l’écran d’images de synthèse. Pour L’Arme Fatale 5, Gibson veut du brut, du viscéral et du « low-tech » :
Si Gibson s’apprête à passer derrière la caméra, ce n’est pas par caprice d’égo. C’est le résultat d’une demande explicite de Richard Donner avant sa mort :
« Donner, que son âme repose en paix, m’avait balancé de sa grosse voix : « Hey gamin, si je passe l’arme à gauche, c’est toi qui reprends le bébé, d’accord ? » Je lui ai dit de fermer sa gueule et qu’il n’allait nulle part. Mais quand il est parti, les producteurs sont venus me voir parce qu’il leur avait répété la même chose. J’ai dit banco. »
Si le script est prêt, que Danny Glover est dans les parages et que Gibson est chaud bouillant pour réaliser, qu’est-ce qui coince ? La bureaucratie hollywoodienne, tout simplement.
Le projet a été balayé par les remous internes chez Warner Bros., tombant dans ce que Gibson qualifie de « quicksand » (sables mouvants) industriel. Toutefois, la récente recomposition du paysage audiovisuel, notamment les manœuvres de David Ellison et Paramount autour de Warner, pourrait enfin débloquer les chaînes du film.
« J’ai 4 ou 5 projets au fond du tiroir, mais j’espère vraiment qu’on va réussir à déterrer ce Lethal Weapon avec Danny », a conclu Gibson. La balle est désormais dans le camp des exécutifs.
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