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Bien qu’aucune mission spatiale n’ait encore pu ramener sur Terre des échantillons martiens, nous ne sommes pas complètement dépourvus de roches provenant de la planète rouge. Les météorites représentent un trésor inestimable pour qui veut comprendre l’histoire de Mars et la manière dont elle a évolué. Des trouvailles rares (on en dénombre quelques centaines, tout au plus) et précieuses pour les scientifiques, comme c’est le cas dans cette étude publiée dans la revue Geochimica et Cosmochimica Acta.
Ici, les scientifiques issus de plusieurs universités étatsuniennes reviennent sur une roche retrouvée dans le désert algérien en 2019 et nommée Northwest Africa (NWA) 13441. Comme les autres roches venant de Mars, elle a dû être arrachée de la surface de la planète lors d’un impact d’astéroïde, puis a dérivé dans le Système solaire jusqu’à tomber à la surface de la Terre. Un parcours semé d’embûches qui explique pourquoi on trouve si peu d’échantillons semblables.
Mais NWA 13441 est différente car il s’agirait d’une roche vieille de 1,27 milliard d’années, d’après les auteurs. Ce qui est particulièrement intéressant car c’est une période qui représente un fossé dans notre connaissance de Mars, une époque où nous ne disposons pas d’échantillons à étudier. En effet, certaines jeunes météorites datent d’il y a 600 millions d’années, et d’autres ont plus de 2 milliards d’années au compteur, mais entre les deux, il y a un vide.
Pour être plus précis, nous disposons bel et bien de quelques échantillons de cette période… Mais ils sont d’un autre type de météorite ! Il s’agit soit de chassignites, constituées d’olivines, et dont le nom vient de Chassigny, en Haute-Marne, où a été trouvé un des spécimens en 1915. Ou alors de nakhlites, des roches magmatiques issues de volcans martiens.
NWA 13441, elle, est de la classe des shergottites. Une famille bien plus commune, qui correspond à environ 75 % des météorites martiennes connues, mais dont les échantillons viennent à manquer sur cette fameuse période d’il y a un peu plus d’un milliard d’années.
Après analyse chimique et isotopique, il s’avère que cet échantillon est donc bel et bien unique dans l’histoire des météorites martiennes, il s’agit de la seule shergottite connue datant de cette période, ce qui aide à remplir un vide de près de deux milliards d’années dans les données connues.
L’échantillon en question a une composition qui le rapproche d’une autre grande classe de météorites primitives, les chondrites, très communes dans le Système solaire et datant de la formation de ce dernier. Mais c’est la première fois que ce type de composition se retrouve dans une shergottite, ce qui laisse entendre que le manteau martien d’où est issue NWA 13441 est resté intact depuis la formation de la planète, puisqu’on y retrouve des similitudes avec des roches non-altérées depuis plus de 4 milliards d’années.
Dépourvue de mouvements de plaques tectoniques, Mars serait ainsi restée « intacte » tout ce temps. NWA 13441 peut ici servir de témoin à propos de cette période mal connue, afin d’aider à comprendre plus en détail l’histoire de la planète qui a vraisemblablement connu des changements climatiques profonds, mais tout en restant géologiquement stable.
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Crédit photo de la une : Flickr/CC/Kevin Gill (photo recadrée)





