Le parc solaire français a désormais atteint les 33 gigawatts (GW) de puissance installée. Le photovoltaïque occupe ainsi une part croissante du mix électrique national, surtout lors des journées particulièrement favorables à la production solaire.
Ce fut notamment le cas le 1er août, quand le solaire a produit 172 gigawattheures (GWh) d’électricité, selon l’entreprise espagnole AleaSoft Energy Forecasting. Ce jour-là, la France (comme plusieurs autres pays européens) a battu un nouveau record de production solaire journalière pour un mois d’août. Pourtant, malgré ce niveau élevé, les prix ont flambé sur les marchés de gros.
Selon AleaSoft, les prix moyens hebdomadaires enregistrés entre la fin juillet et le début août sur plusieurs marchés européens (la France y compris) ont dépassé les 100 euros par mégawattheure (€/MWh). Un niveau élevé comparé à la moyenne hebdomadaire observée depuis le début de l’année, qui s’établit autour de 66 €/MWh sur EPEX Spot.
Cette hausse serait en partie due à une production éolienne plus faible dans l’ensemble des zones concernées. Mais elle est également liée à une augmentation de la demande électrique, plus précisément en raison du recours accru aux climatiseurs pendant la période de fortes chaleurs.
La France a en effet connu un début de mois d’août très chaud, dans la continuité du mois de juillet caniculaire, qui est d’ailleurs devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays avec une température moyenne nationale de 24,9 °C. Et la situation pourrait se prolonger. La France se prépare à une nouvelle vague de chaleur attendue à partir du 11 août. La climatisation devrait donc, une nouvelle fois, être fortement sollicitée, avec des conséquences potentielles sur la demande électrique et sur les prix de gros.
Dans un post sur LinkedIn, Clément Metayer, un expert du marché de l’énergie, a d’ailleurs mis en évidence la corrélation entre température, consommation électrique et prix de marché. Sur la période étudiée, du 1er juin au 14 juillet 2026, plus la température moyenne augmentait, plus la consommation électrique et le prix spot progressaient. Si la température n’explique pas forcément les variations de prix, « la corrélation est significative », précise cet expert.
Les particuliers restent bien sûr insensibles à ces volatilités puisqu’ils sont protégés par un tarif fixe. En option Base, le nouveau prix du kilowattheure est fixé à 0,2001 € TTC depuis le 1er août. En revanche, la situation est différente pour les quelques clients ayant souscrit une offre à tarification dynamique, dont le prix évolue en fonction des cours du marché de gros. Ces consommateurs risquent d’être davantage exposés aux épisodes de forte hausse des prix.
D’autant plus que les heures à prix négatifs (l’un des principaux arguments de vente pour ces offres) se sont faites plus rares en juin et juillet. Une évolution qui résulte d’un meilleur pilotage des centrales renouvelables, mais aussi de la demande électrique plus élevée, portée par l’utilisation des climatiseurs. En période de forte consommation, cette demande contribue à maintenir les prix en territoire positif.
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Journaliste spécialisée en énergie. Passionnée par les enjeux climatiques et forte de plusieurs années d'expérience dans les médias spécialisés, Miotisoa décrypte le secteur de l'énergie sous toutes ses facettes. Des technologies bas-carbone aux guides d'achat pratiques, elle a à cœur de vulgariser les sujets complexes pour vous aider à mieux comprendre la transition énergétique, avec une plume experte et engagée.
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