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Il va être temps de ranger les discours alarmistes sur la trop faible demande de voitures électriques. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a publié le 22 octobre les chiffres d’immatriculation pour le mois de septembre 2026. La voiture électrique n’y est plus une motorisation d’appoint ou une lubie de quelques early adopters. Elle dicte désormais le tempo du marché européen et en est même la locomotive.
Malgré un contexte macroéconomique incertain, le marché automobile européen progresse de 5,7 % depuis janvier (8,51 millions d’immatriculations en neuf mois). Sur la même période, le véhicule électrique progresse de 48,5 %. Cette redistribution des rôles, personne ne l’avait anticipée. Qui aurait pu imaginer, il y a un an, qu’en septembre 2026, la motorisation électrique serait en tête dans autant de pays européens ?
Sur le seul mois de septembre, les immatriculations de voitures électriques (BEV) dans l’Union européenne ont bondi de 72,9 % pour atteindre 290 117, contre 167 776 un an plus tôt. La motorisation enregistre même 416 433 immatriculations en comptabilisant aussi l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni.
Le phénomène le plus marquant réside dans le basculement spectaculaire des deux plus gros marchés du continent :
Pendant que les immatriculations de véhicules à essence baissent de 23,4 % et celles de véhicules diesel de 29,6 %, les versions électrifiées sont dans le positif. Les motorisations hybrides (MHEV et HEV) restent majoritaires à l’échelle du continent, mais leur progression est nettement moins forte que celle des voitures électriques. Il y a comme un essoufflement que l’on peut certainement corréler à la flambée des carburants.
Si l’on zoome sur les immatriculations du seul mois de septembre, on constate que l’électrique est devenu la motorisation reine sur une grande partie du continent européen.
Dans d’autres marchés d’envergure, si l’hybride non rechargeable conserve la première marche du podium, l’électrique s’offre une victoire symbolique majeure en doublant le thermique pur. C’est le cas de l’Espagne, où la batterie s’empare de la deuxième place avec 17 366 immatriculations (+71,7 %), devançant pour la première fois l’essence (15 184 unités).
Même scénario au Royaume-Uni, où le 100 % électrique frôle les 100 000 livraisons sur le mois (99 201 unités, +36,3 %), écrasant nettement les volumes de voitures à essence (67 003).
À l’inverse, la résistance aux carburants fossiles et à l’hybridation simple reste tenace dans le sud et l’est du continent. En Italie, l’électrique demeure confiné à la quatrième place avec 10 552 ventes, largement distancé par l’hybride (70 188), l’essence (24 667) et l’hybride rechargeable (15 636).
Le décalage est encore plus marqué en Europe centrale, notamment en Pologne (15 492 essences pour 3 478 électriques) et en République tchèque (7 466 essences contre 2 141 électriques), où le réseau de recharge embryonnaire et le manque d’offres abordables continuent de brider la transition.
Cette rentrée confirme une tendance de fond installée depuis janvier. Sur les neuf premiers mois de 2026, le véhicule 100 % électrique cumule 1 931 465 immatriculations (+48,5 %) et capte 22,7 % de part de marché dans l’UE, contre 16,1 % sur la même période en 2025.
L’électrique dépasse ainsi officiellement les motorisations essence pures, dont les ventes baissent de 19,1 % (1,80 million d’unités, soit 21,2 % de part de marché). Le diesel poursuit son déclin avec 7,1 % du gâteau (602 206 unités).
Si l’hybride non rechargeable (HEV) reste la motorisation préférée des Européens avec 36,3 % des ventes (3,09 millions d’unités), l’électrique s’installe solidement comme le deuxième pilier du marché. Et l’année n’est pas encore terminée. Les premiers échos des carnets de commandes des constructeurs laissent présager que l’électrique va continuer à gagner du terrain.
Les constructeurs (et l’ACEA) qui réclamaient des moratoires sur les normes CO₂ ou justifiaient leurs mauvais résultats par un blocage psychologique des conducteurs sont renvoyés à leur copie. Le marché n’a pas rejeté l’électrique : il a simplement rejeté les modèles trop chers et les marques trop lentes à proposer ce dont la clientèle avait vraiment besoin.
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Crédit photo de la une : Raphaelle Baut pour Numerama






