Quand c’est trop beau pour être vrai, c’est sûrement faux. On a beau connaître l’adage, cela n’empêche pas de se faire avoir. Exemple avec la mairie de Farges-Allichamps, dans le Cher, une commune de 250 habitants.
En 2023, Edith Michelic, la maire de l’époque, se fait démarcher par un commercial suite à une panne des lignes téléphoniques du bâtiment. Se présentant comme travaillant pour un grand opérateur, il propose une offre très alléchante : 67,50 euros par mois pour un standard téléphonique complet et les lignes qui vont avec.
L’élue valide la proposition, mais reçoit seulement 3 combinés. Les lignes, elles, ne fonctionnent pas la plupart du temps, sans aucune aide de l’entreprise. Puis arrive la première facture et c’est le choc. Les comptes sont débités de 541 euros, et c’est comme ça tous les mois depuis.
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[…] la mairie débourse plus de 6 000 euros par an pour trois appareils et des lignes souvent hors service.
Les petites lignes du contrat stipulaient en effet que la mairie souscrivait d’autres contrats de location et d’assurance, faisant grimper la note. « On s’est fait avoir. C’est une arnaque », résume l’actuelle maire Fabienne Trompas.
Résilier ? Impossible. L’engagement court jusqu’en 2028 et les frais de résiliation anticipée s’élèvent à 15 000 euros. Une somme énorme pour cette petite commune, qui n’a pas de service juridique pour s’occuper du dossier.
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Farges-Allichamps est loin d’être un cas isolé. Plus d’une centaine de communes rurales sont également tombées dans le panneau. L’entreprise, basée à Paris, dispose d’une adresse, mais quand on s’y rend, ses bureaux ne s’y trouvent pas. Contacté par les équipes de France Télévisions, son dirigeant se vante d’un chiffre d’affaires annuel de 6 millions d’euros.
Au moins 6 communes ont attaqué l’entreprise en justice pour discours commercial trompeur. Le dirigeant admet avoir au moins un litige en cours, mais ça ne l’inquiète pas outre mesure. C’est « comme toute entreprise ».
L’avocat de la firme réfute quant à lui les accusations : « Les bons de commande exposent clairement l’objet, la durée et les conditions financières de l’engagement », écrit-il dans un courrier. Autrement dit, les mairies n’avaient qu’à lire le contrat plus attentivement. Reste à savoir si l’argument suffira à convaincre le tribunal.
Notez que la DGCCRF alerte depuis des années sur le démarchage agressif d’une vingtaine d’opérateurs alternatifs de téléphonie fixe, qui visent surtout des personnes âgées ou des petites structures peu équipées en informatique : allégations mensongères sur les tarifs, prélèvements imposés et résiliation de la ligne du précédent opérateur.
Passionné par l'écriture et le monde de la tech depuis des années, un jour je me suis dit que combiner les deux pouvait faire un métier. En dehors de ça, je joue à des jeux de plateau dont les règles tiennent en 92 pages et le matériel sur l'équivalent d'un terrain de tennis. Promis c'est amusant.
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