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Voiture électrique : ce que révèlent vraiment les chiffres du marché automobile français de juillet

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Après un mois de juin historique pour la voiture électrique, les données d’immatriculations de juillet publiées par AAA Data viennent de tomber le 1er août. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la période estivale n’a pas refroidi le marché : avec 44 378 exemplaires écoulés (+127 % sur un an), le 100 % électrique franchit un cap symbolique en captant 35 % de part de marché. Il est un peu tôt pour y voir l’influence réelle de l’ouverture du leasing social du 16 juillet, mais cela annonce déjà une rentrée sur les chapeaux de roue.

Au-delà de ces chiffres globaux impressionnants, le mois de juillet ne manque pas d’intérêt et bouscule le paysage automobile à tous les niveaux. Entre le raz-de-marée tricolore mené par Renault, le contrecoup soudain de Tesla sur sa gamme, l’offensive discrète mais redoutable des constructeurs chinois et les envolées surprises comme celle de Skoda, la bataille des marques prend une tournure totalement inédite en cet été 2026.

En additionnant toutes les formes d’hybridation, celles-ci représentent 48 % du marché (60 605 unités). Mais prises séparément, aucune ne rivalise désormais avec le 100 % électrique, qui devient la première motorisation du pays avec 35 % de part de marché.

Ces résultats s’expliquent néanmoins par le durcissement fiscal au 1er janvier 2026 (malus CO2 dès 108 g/km et malus au poids abaissé à 1 500 kg) qui continue d’asphyxier le thermique pur : l’essence décroche de -44 % et le diesel s’effondre de -60 %. De leur côté, les hybrides rechargeables subissent l’abaissement de leur abattement au malus au poids et reculent de 11 %.

Ajouté à la crise au Moyen-Orient et à la flambée du carburant, tout ceci bénéficie donc à l’électrique qui passe en tête des achats des Français.

Sur le plan des constructeurs, le mois de juillet confirme la domination de Renault sur le marché français, qui accapare à lui seul plus de 25 % des immatriculations électriques grâce à un tir groupé impressionnant : R5, Scénic et Twingo occupent les trois premières places du podium.

En face, Tesla réplique avec sa stratégie habituelle et ses limites. Le constructeur américain se classe 3ᵉ du mois (2 429 immatriculations), repoussé derrière Peugeot (4 306 unités). Surtout, la marque américaine est désormais quasi-exclusivement portée par le Model Y (2 401 unités à lui seul), pendant que la Model 3 traverse un trou d’air spectaculaire avec seulement 28 livraisons sur le mois. Il faut croire que toutes les livraisons de la berline se sont concentrées sur le mois de juin.

La Peugeot e-208 maintient le cap à la 5ᵉ place. Avec 1 941 exemplaires rien que pour le mois de juillet, Peugeot renoue avec des volumes dignes de ses meilleurs mois : ceux poussés par le leasing social. La Citroën ë-C3 se maintient à la 7e place avec 1 320 unités livrées en juillet. Les Peugeot e-3008 et e-5008 s’accrochent à leur classement dans le top 20, respectivement 14e (791 exemplaires) et 16e (747 unités).

Le reste des modèles du groupe est disséminé hors de la tête du classement. Certains « anciens » best-sellers marquent le pas. La Peugeot e-2008 glisse en 25ᵉ position avec 541 unités et la Citroën ë-C4 chute en 69ᵉ place avec seulement 106 exemplaires, illustrant le renouvellement rapide des attentes des acheteurs. Alors que la Peugeot e-2008 devrait rebondir grâce au leasing social, la Citroën e-C4 ne fait pas partie des modèles éligibles.

Le Citroën ë-C3 Aircross, pourtant récent, peine aussi avec 426 exemplaires. Quant aux autres marques du groupe, c’est toujours compliqué. C’est à se demander si la demande est faible ou si Stellantis souffre toujours de problèmes d’approvisionnement.

Porté par le lancement très réussi de son SUV compact Elroq, Skoda signe une performance remarquable. Le modèle remonte à la 6e place du classement général (1 341 exemplaires), permettant à la marque tchèque de grimper au 7e rang des constructeurs avec 1 953 unités et une part de marché de 4,4 %, ce qui place la marque juste derrière Volkswagen (5e avec 2 365 VE) et Citroën (6e avec 2 226 VE).

Chez Mercedes, le renouveau de la gamme porte ses fruits. La marque allemande est en 9e place des marques avec 1 831 exemplaires. Le nouveau GLC 100 % électrique réussit un démarrage remarqué (à vérifier la part des véhicules de démonstration). Il devient le premier modèle de la marque avec 696 immatriculations (18e place), suivi de très près par la nouvelle génération de la CLA (686 unités), éclipsant désormais les anciens EQA et EQB.

Au coude-à-coude avec Tesla, BMW s’offre une solide 4ᵉ place des marques avec 2 402 voitures électriques. Le duo iX1 (967 unités) et iX3 (778 unités) pèse à lui seul plus de 70 % des ventes électriques du constructeur bavarois.

Volkswagen complète ce trio allemand de tête, toujours porté par un ID.4 très en forme qui intègre à nouveau le Top 10 des modèles (8ᵉ avec 1 291 véhicules) et supplante largement l’ID.3 (794 unités). On attend l’arrivée de l’ID. Polo à la rentrée pour voir si cela fait bouger un peu le classement.

À vrai dire, avant de commenter les résultats des constructeurs chinois, il convient de féliciter un constructeur coréen. Kia classe son EV2 en 10e place du classement des voitures électriques en juillet. Le modèle enregistre 1 037 exemplaires, et cela devrait être encore davantage dans les prochains mois : entre le leasing social sur l’entrée de gamme et la livraison des modèles à plus grande batterie, c’est un modèle à suivre. L’EV4 se classe aussi en 21e position, ce qui reste un bon résultat. Le reste de la gamme est par contre plus décevant : seulement 7 Kia EV6, ouille !

Loin de se limiter à des rôles de figurants, les marques chinoises confirment leur montée en puissance sur le marché français, même si le résultat est largement plus impressionnant sur les hybrides que sur l’électrique. MG pousse, XPeng et BYD confirment.

MG Motor reprend du poil de la bête sur l’électrique avec 997 immatriculations en juillet (2,25 % de part de marché). MG est ainsi le premier constructeur d’origine chinoise en France sur l’électrique. La marque s’appuie notamment sur les MG4 et MG4 Urban (432 ventes cumulées). Toutefois, la sous-marque IM Motors réalise 320 unités, qui correspondent principalement à la constitution de la flotte de véhicules de démonstration pour le réseau avant le vrai lancement commercial auprès des clients. Les résultats de la marque sont donc à prendre avec des pincettes.

XPeng (14ᵉ marque) réalise 963 immatriculations, grâce au succès de son SUV coupé G6 : 619 exemplaires et 22ᵉ du classement du mois. BYD (15e marque) engrange 921 ventes. Cumulées, les ventes de MG, XPeng et BYD représentent désormais près de 6,5 % du marché 100 % électrique français, dépassant des piliers historiques comme Dacia, Ford ou Audi. Leapmotor est par contre un peu plus en retrait avec seulement 622 immatriculations en juillet.

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