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« Fake news absurde » : Elon Musk réagit rapidement aux rumeurs concernant Tesla en Chine

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Dans une enquête signée par des journalistes chevronnés, le Wall Street Journal affirme le 30 juillet 2026 que les dirigeants de Tesla ont reçu l’ordre de préparer une séparation étanche de la filiale chinoise du groupe. L’annonce fait l’effet d’une bombe. Sans sa branche chinoise, c’est tout le modèle économique de Tesla qui serait fragilisé.

L’objectif d’une telle opération ? Lever l’obstacle de la sécurité nationale pour rendre possible une fusion géante entre Tesla et SpaceX. Il n’aura fallu que quelques heures à Elon Musk pour réagir sur X et qualifier l’information de « fake news absurde ». Pourtant, les détails de l’enquête révèlent une réalité bien plus complexe. Au-delà du démenti, si Elon Musk souhaite réellement réunir Tesla et SpaceX, la confrontation géopolitique sera inévitable entre Washington et Pékin.

Des rumeurs autour de Tesla, il y en aura toujours : certaines s’avèrent exactes, d’autres apparaissent farfelues. Mais partant du principe qu’il n’y a jamais de fumée sans feu, il faut se pencher sur le casse-tête géopolitique majeur auquel fait face Elon Musk avec SpaceX et Tesla pour comprendre pourquoi le Wall Street Journal a publié cet article.

D’un côté, le rapprochement financier entre Tesla et SpaceX n’a plus rien d’un fantasme : Grok dans les Tesla, le Roadster conçu avec une aide de SpaceX, des Cybertruck utilisés par SpaceX, et surtout un lien capitalistique déjà bien réel entre les deux sociétés. Lors de la dernière conférence de résultats Tesla, Elon Musk a lui-même reconnu qu’il y avait de plus en plus de synergie entre ses deux entreprises. Il a même affirmé : « C’est un sujet qui doit se faire dans les règles de l’art ».

De l’autre, il y a toutes les contraintes juridiques et réglementaires liées à l’activité militaire qui encadre SpaceX. L’entreprise tirait une partie significative de son chiffre d’affaires (autour de 30 %) des contrats publics américains, notamment du Pentagone.

Ni Washington ni Pékin n’autoriseraient une fusion directe entre la porte d’entrée spatiale de l’armée américaine et un constructeur auto dont la plus grande usine (Giga Shanghai) produit plus de 950 000 véhicules par an en plein territoire chinois. Les Américains refuseraient tout risque de transfert technologique, tandis que Pékin verrait d’un très mauvais œil un groupe de défense américain contrôler 18 % des ventes locales de Tesla et les données de 2 millions de conducteurs.

Pour qu’un empire unifié Tesla-SpaceX puisse voir le jour, la solution serait de créer une étanchéité totale, jusqu’à couper les serveurs informatiques et interdire aux salariés chinois l’accès au réseau du reste du groupe. C’est ce qui amène à cette rumeur de vente ou scission des activités chinoises de Tesla.

Elon Musk s’est empressé de démentir la moindre amorce de projet. Il a notamment répondu sur X au compte Whole Mars Catalog (l’un des plus fervents défenseurs d’Elon) : « La question n’a jamais été abordée lors d’aucune discussion, jamais. Une fake news absurde. Les gens devraient partir du principe qu’une information est fausse jusqu’à preuve du contraire ».

This has never even come up in a discussion ever. Absurdly fake news. People should assume news is fake until proven otherwise.

Grace Tao, vice-présidente de Tesla en Chine, a également réagi sur le réseau social chinois Weibo pour indiquer qu’il s’agit d’une infox. Une position qu’elle a également confirmée auprès des médias chinois. Filialiser, revendre ou fermer la branche chinoise de Tesla relèverait d’un pur suicide industriel.

L’usine fabrique plus de la moitié des Tesla vendues dans le monde et alimente en direct les marchés européen et asiatique. Contrairement aux constructeurs historiques contraints d’opérer en coentreprise, Tesla possède 100 % de ses usines sur place et s’appuie sur plus de 400 fournisseurs locaux pour atteindre 95 % de composants d’origine chinoise. La marque est bien intégrée en Chine.

En cédant ou en coupant les ponts avec sa branche chinoise, Tesla abandonnerait le premier marché mondial du véhicule électrique à ses rivaux locaux (BYD, Nio, Xpeng) et ruinerait ses marges opérationnelles à l’échelle globale. Un pari plus que risqué alors que l’entreprise est en pleine transition vers de nouvelles activités.

Il est finalement assez rare qu’Elon Musk démente une rumeur aussi vivement. Il a tendance à ignorer les bruits de couloir qu’il juge insignifiants. On se souvient toutefois qu’il avait qualifié de « fake news » les révélations sur l’abandon du projet Model 2 de Reuters, avant que celui-ci ne soit effectivement enterré.

Il peut néanmoins s’agir d’une simulation rédigée par des banquiers prudents voulant tester l’hypothèse du rapprochement Tesla-SpaceX, ces manipulations sont hélas de plus en plus courantes. Au-delà du démenti, Elon Musk semble surtout vouloir dissiper toute inquiétude autour des activités chinoises de Tesla, essentielles à l’équilibre industriel et financier du groupe : affaire à suivre.

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