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Fusée réutilisable : Themis réussit un test clé avant son premier grand saut

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C’est un démonstrateur qui prépare l’avenir de l’Europe spatiale, et celui-ci a franchi une étape notable en juillet. Selon un communiqué d’ArianeGroup, le programme Themis a validé avec succès une répétition générale complète, comme s’il s’agissait d’un vrai vol. Ce test, mené en Suède au centre spatial d’Esrange, rapproche ainsi Themis de son premier vrai essai.

Concrètement, cette « répétition générale » s’est déroulée sur toute une journée, raconte le compte rendu de l’entreprise européenne, partagé ce 30 juillet 2026. L’objectif était de tester la totalité de la chronologie de lancement ainsi que les équipements au sol, dans des conditions de température et de pression extrêmes.

Pour éviter de manipuler des carburants réels tout en simulant le froid cryogénique, de l’azote liquide a été injecté dans l’ensemble des tuyauteries et des réservoirs, atteignant des températures proches de -200 °C. De la préparation prévol du pas de tir jusqu’à la sécurisation du site post-tir virtuel, la procédure s’est déroulée sans accroc.

Pour comprendre l’importance de ce test, il faut rappeler le rôle central de Themis dans les projets européens : il s’agit d’un démonstrateur d’étage réutilisable à bas coût, conçu pour tester l’ensemble des technologies indispensables aux futures fusées européennes, qui doivent pouvoir faire comme SpaceX, en somme.

Équipé du moteur Prometheus (réutilisable et fonctionnant au mélange méthane/oxygène liquide), il doit permettre d’expérimenter la rentrée atmosphérique, le guidage et le freinage rétropropulsé pour venir se poser à la verticale. En clair : Themis est un vrai laboratoire volant qui doit aider l’Europe à comprimer les coûts d’accès à l’espace.

Cette étape franchie permet d’engranger des données cruciales pour la suite de la campagne SALTO (reuSable strAtegic space Launcher Technologies & Operations), financée par l’Union européenne et regroupant 25 partenaires de 12 pays. Dès à présent, ArianeGroup évoque une prochaine fenêtre de tir pour un autre essai.

Celui-ci constituera un autre jalon clé dans le programme Themis, puisqu’il doit s’agir du tout premier essai de vol avec décollage, atterrissage vertical et récupération réalisé en Europe. Ce sera le « Hop Test », comme le décrit la société, soit une sorte de saut à une altitude qui reste à caler. En somme, un bond semblable à ce que faisait SpaceX au début du Starship.

À l’époque, la société américaine faisait faire des bonds à son prototype, d’abord à quelques dizaines de mètres de hauteur, puis à quelques kilomètres, avant de tenter des vols plus ambitieux. C’est cette même approche progressive que suit l’Europe spatiale avec SALTO : multiplier les démonstrations pour apprivoiser l’atterrissage vertical.

Pour ArianeGroup et SSC Space, l’enjeu dépasse le simple défi technique. Il s’agit de doter l’Europe d’une maîtrise souveraine des technologies de réutilisation — un virage stratégique indispensable pour ne pas laisser le champ libre aux acteurs américains et chinois dans les années à venir. La date de ce premier « bond » sera précisée ultérieurement.

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