Le Samsung Galaxy A27 se place au milieu de la chaîne alimentaire, entre les Galaxy A07 et A17 d’un côté, et les Galaxy A37 et A57 de l’autre.
Le dernier rejeton de la famille a été lancé à 379€ à sa sortie cet été. Le même prix que l’an dernier ? Que nenni. Samsung vend désormais le modèle 6+128 Go au prix qu’affichait le 8+256 Go en 2025. Crise de la RAM oblige, Samsung remanie son offre de manière à éponger, de la façon la plus imperceptible possible, la hausse des coûts.
Mais, du coup, il est comment ce Galaxy A27 ? Sans surprise, il s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, avec au passage quelques reculs qui font grimacer.
Le téléphone de ce test nous a été fourni par le constructeur.
Les différences esthétiques entre ce nouveau venu et le modèle de l’an dernier ne sont pas délirantes, mais restent notables à plusieurs niveaux. On se satisfait, par exemple, que l’anachronique « encoche en U » du A26 et des anciens modèles cède enfin sa place à un poinçon, plus discret, qui maximise la surface d’affichage de l’écran de 6,7 pouces. En revanche, les bordures sont toujours assez grossières (surtout au niveau du menton), ce qui nous rappelle constamment qu’on se trouve face à un smartphone à la lisière de l’entrée de gamme.
Autre petit arrangement avec les coûts : Samsung rétrograde la certification IP de son nouveau mobile. Si, l’an dernier, on applaudissait la certification IP67 du Galaxy A26, on regrette aujourd’hui de repasser sur du IP64. Autrement dit, le smartphone résiste aux éclaboussures, mais plus à une immersion accidentelle dans l’eau.
L’écran reste protégé par un verre Gorilla Glass Victus+ de bonne facture ; l’emplacement de carte microSDXC est toujours de la partie pour étendre le stockage, mais la prise jack n’a pas miraculeusement fait son retour. Le déverrouillage du smartphone s’effectue toujours via le capteur d’empreintes (plutôt réactif) placé sous le bouton d’allumage latéral.
Vous ne serez pas surpris de découvrir que Samsung fait dans le recyclage avec la dalle de son Galaxy A27. On repart sur une dalle OLED de 6,7 pouces, affichant du Full HD sur une fréquence binaire de 60 ou 120 Hz. D’après notre sonde et le logiciel CalMAN Ultimate de Portrait Displays, on ne remarque pas de gros changements sur la formulation technique de l’afficheur. La luminosité reste le gros caillou dans la chaussure du A27.
Avec un pic à 729 nits, l’écran est difficile à lire en extérieur quand le soleil donne. En revanche, le bilan est plutôt convaincant en matière de colorimétrie. Le point blanc est pour ainsi dire parfait, à 6 551 K, et le delta E dépasse à peine le seuil de 3 (3,2). La couverture du gamut DCI-P3 progresse aussi, à 93 %, ce qui assure des couleurs généreusement saturées pour profiter de vos contenus et photos préférés. Globalement, c’est une réussite visuelle… si l’on fuit les sources lumineuses trop intenses !
Le Samsung Galaxy A27 est livré avec One UI 8.5, la dernière mouture de la surcouche Android 16 développée en interne. Samsung promet six ans de mises à jour majeures à son produit, soit un suivi jusqu’en 2032, même si les correctifs de sécurité mettent parfois un peu de temps à arriver. Sur notre unité de test, le dernier patch date du 5 août dernier.
One UI est toujours une interface très agréable à parcourir, très personnalisable, et désormais garnie de quelques fonctions d’IA, même sur un Galaxy A27 qui, on le verra plus tard, ne déborde pas de puissance. L’essentiel concerne la photographie, avec une gomme magique plus performante et des suggestions de retouche personnalisées. S’y ajoutent la transcription vocale, Gemini et Entourer pour chercher. Tout ce qui concerne la génération locale d’images ou les fonctionnalités agentiques reste réservé aux modèles mieux dotés, comme le Galaxy A57 et, évidemment, les Galaxy S26.
Si j’ai passé un bon moment en compagnie du Galaxy A27, je dois dire mon agacement face à une première mise en route qui m’a fait fulminer. Samsung cherche à nous forcer la main en installant des dizaines d’applications parasites, et va jusqu’à masquer le bouton permettant d’en refuser l’installation. Par exemple, un menu nous propose une liste d’applications partenaires (que du bloatware inutile) où il faut appuyer exactement sur la bulle en haut à gauche pour pouvoir désélectionner les applications.
Plus grave, trois applications du lot n’ont pas de case à cocher. Il faut appuyer dessus pour ouvrir un sous-menu, faire défiler, puis appuyer explicitement sur le bouton qui permet d’en refuser l’installation. On rappelle que Samsung est le plus gros vendeur de smartphones au monde. A-t-il vraiment besoin de ce genre de dark pattern digne du Xiaomi de 2015 ?
Samsung fait une incartade à ses habitudes, et délaisse ses fidèles puces Exynos pour un Snapdragon 6 Gen 3, gravé en 4 nm, pour cette édition. Un SoC très modeste, sorti en septembre 2024, qui suffit pour assurer une navigation fluide au quotidien et un lancement relativement rapide des applications, mais qui se montre toujours très réfractaire au jeu. Du moins, les jeux gourmands. Pour ce qui est des idle games, ou des match 3 de type Candy Crush, vous ne rencontrerez évidemment aucun problème. Le coupable est le GPU Adreno 710, famélique, qui flanche dès qu’on lui oppose une scène 3D un peu chargée.
Samsung connaît déjà ce Snapdragon 6 Gen 3, qui équipait le Galaxy A36 l’an dernier. La puce reprend en outre la gravure en 4 nm, les cœurs de calcul et le GPU Adreno 710 du Snapdragon 6 Gen 1 de 2022, avec des fréquences un peu plus élevées.
J’en parlais plus haut : Samsung ne commercialise plus qu’un Galaxy A27 doté de 6 Go de RAM. On ne va pas se mentir, on s’y sent extrêmement à l’étroit. Les applications, si elles se lancent vite, comme je le disais, sont presque immédiatement tuées en arrière-plan dès qu’on les délaisse quelques minutes, obligeant alors à les relancer. Si vous êtes adeptes du multitâche, vous allez grincer des dents plus qu’à votre tour.
Pour ajouter à ce triste bilan, la puce Wi-Fi n’est pas extra non plus. Pour preuve, il m’a fallu une bonne heure pour télécharger les quelque 32 Go de la version de base de Genshin Impact en Wi-Fi 5. Chose qui, sur certains smartphones, peut ne prendre qu’une petite dizaine de minutes.
On ne va pas jouer les surpris ; cela fait des années que Samsung n’a pas passé un coup de peinture fraîche sur la configuration photo de ses smartphones. Mais il serait malhonnête d’écrire qu’il n’y a aucun changement… Ici aussi, il y a eu rétrogradation ! On passe d’un ultra grand-angle de 8 à 5 mégapixels, avec un capteur plus petit que sur le A26, la caméra à selfies perd un mégapixel et le module macro de 2 mégapixels du A26 disparaît. Parce que pourquoi pas, après tout.
Les clichés du capteur principal du A27 ne sont ni formidables ni tout à fait honteux. En journée, on trouve notre compte même si je regrette une exposition un peu timide, avec des photos relativement sombres. Je conseille toutefois d’éviter de regarder ses œuvres en plein écran : le bruit est visible même en journée, et le piqué n’a rien de remarquable. Forcément, on est face à un smartphone qui n’est pas très à l’aise dans les scénarios nocturnes. En intérieur, comme en extérieur, le Galaxy A27 n’est pas très bien assuré.
Faut-il seulement l’écrire ? Si le grand-angle tient encore la route pour une entrée de gamme, les résultats de l’ultra grand-angle sont tout simplement révoltants. Il n’y a pour ainsi dire rien à sauver. Le piqué est aux abonnés absents, les textures sont systématiquement baveuses, le bruit est omniprésent… Allez, je lui accorde de capturer des couleurs un peu sympas et naturelles. C’est déjà ça.
Sans surprise, la prestation « longue focale » du A27 ne fait pas rêver. On se contente simplement de dégrader la qualité optique d’une photo classique en rognant à l’intérieur. Le manque de résolution devient apparent dès le zoom 2x. Alors, je ne vous raconte même pas le résultat en 10x. Voyez plutôt.
Le mode portrait récupère logiquement les défauts du capteur auquel il est chevillé, ici le grand-angle. Si le découpage numérique du sujet et le bokeh sont plutôt bien exécutés, je regrette la lenteur du déclenchement, et toujours cette exposition qui manque de peps. Le module photo avant, lui, donne des résultats corrects, dans la lignée des remarques déjà détaillées plus haut.
Recyclage encore et toujours au niveau de la batterie. On rempile avec un accu de 5 000 mAh, qui fera toujours globalement l’affaire pour encaisser une journée de labeur, mais pas beaucoup plus. J’accorde aux prudents, qui ne dépassent pas 4 heures d’écran par jour, que le A27 pourra à la rigueur tenir bon jusqu’au lendemain midi. En fait, dès qu’on se tient éloigné des applications très gourmandes, le smartphone ne tire pas trop la langue. Mais, dès que ça turbine, attendez-vous à voir les pourcentages fondre comme neige au soleil.
Sur le test automatisé PCMark, qui simule l’utilisation du téléphone jusqu’à ce que la batterie atteigne 20 %, le Galaxy A27 tient 11 h 07. C’est assez médiocre pour un téléphone lancé à 379 €. La concurrence directe fait bien mieux, et bien souvent pour moins cher.
En matière de recharge, ça plafonne toujours à 25 watts en filaire, et la recharge sans fil est aux abonnés absents, sans grande surprise. Il faut compter environ 1 h 20 pour refaire le plein. On note toutefois que c’est plus rapide que l’an dernier : le A26 demandait presque 2 heures pour passer de 0 à 100 %.
Le Samsung Galaxy A27 est sorti en juin dernier dans une unique configuration embarquant 6 Go de RAM pour 128 Go de stockage. Il était alors affiché à 379€, ce qui représente une hausse de 60€ par rapport au même modèle de l’an dernier.
Ajoutons à cela les petits « ajustements » à la baisse opérés par Samsung (IP64, capteurs photo dégradés, Bluetooth 5.1 au lieu de 5.3), et on se retrouve en réalité avec un smartphone assez peu compétitif face à des modèles comme le Nothing Phone (4a) ou même (4b), les REDMI Note 15 Pro ou le Honor 400 Lite.
Son prédécesseur reste une alternative sérieuse. Le Galaxy A26, certifié IP67 et doté d’un ultra grand-angle de 8 mégapixels, s’est déjà vendu sous les 250 € chez Fnac dans sa version 6+128 Go, soit plus de 100 € de moins que le prix de lancement du A27. C’est une belle option si vous le trouver encore.






