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Google précise les contours de son datacenter à 10 milliards de dollars dans l’Indre

Castelroussis

Google précise les contours de son datacenter à 10 milliards de dollars dans l’Indre

Google et RTE ont ouvert la phase de concertation relative au projet de datacenter prévu sur la ZAC d’Ozans à Étrechet (Indre). Le dossier associé révèle les contours, le calendrier et les zones d’ombre de cette infrastructure censée mobiliser, à terme, 1,2 GW de puissance électrique sur 200 hectares, pour un investissement estimé à 10 milliards de dollars. Google espère démarrer les travaux de la première tranche dès 2028.

Initialement composée de terres agricoles et complémentaire de l’ancien terrain militaire de La Martinerie, la ZAC d’Ozans dans l’Indre (36) se prépare à accueillir ce qui constituera le premier datacenter opéré en propre par Google en France. Après avoir obtenu l’accord de la métropole de Châteauroux pour la vente d’un terrain de 195 hectares, le moteur de recherche vient, avec RTE, d’engager la phase de concertation publique. Organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), elle doit permettre d’échanger avec les différentes parties prenantes, à commencer par les riverains, pour faire accepter son projet et éventuellement en faire évoluer les contours.

Le site est aux portes de Châteauroux – crédit CNDP

Ouverte depuis le 2 novembre, cette phase de concertation prendra fin le 10 janvier 2027. Elle prévoit plusieurs réunions publiques organisée au cours des prochaines semaines dans les communes voisines du site retenu. Elle s’accompagne aussi, et surtout, de la publication d’un dossier (PDF) qui présente plus en détails les contours du futur datacenter et ses modalités de raccordement électrique.

Le document lève le voile sur le dimensionnement exact du projet, composé dans sa version la plus aboutie de huit bâtiments principaux et visant à terme une alimentation électrique de 1 300 MW. Il révèle aussi ce qu’anticipe, parfois sans le chiffrer précisément, le futur maître d’œuvre en matière d’impacts environnementaux et sociaux.

Visuel indicatif de la forme que pourrait prendre le datacenter de Google dans l’Indre – capture d’écran, dossier de concertation CNDP

L’ouverture de cette concertation intervient dans un contexte local déjà tendu : alors que des contestations s’organisent depuis plusieurs mois, notamment sous l’impulsion du collectif citoyen « Ozans dire non », plusieurs élus de la commune d’Étrechet, dont la maire Florence Laurent, ont démissionné mi-septembre pour dénoncer un projet « hors-norme qui échappe totalement à toute capacité de décision de la commune, tout en faisant peser des risques cumulés lourds sur notre territoire (ressource en eau, tensions sur le réseau électrique, nuisances, opacité des calendriers administratifs) ».

Si le dossier de Google présente des arguments susceptibles de lever certaines craintes exprimées par les opposants, notamment sur la ressource en eau, il risque aussi de donner du grain à moudre aux détracteurs du projet, entre gigantisme annoncé et questions laissées en suspens.

De 120 MW à 1,2 GW

Google justifie son projet par la nécessité d’accompagner le développement et le fonctionnement quotidien de ses services numériques en France et en Europe, évoquant aussi bien Gmail, YouTube ou Google Drive que l’intelligence artificielle, dont Gemini. Le site de la ZAC d’Ozans fait pour mémoire partie des des 55 « sites clés en main » identifiés par le gouvernement en 2024 dans le cadre du plan France 2030 comme les plus adaptés à l’implantation de centres de données de grande envergure.

Comme les porteurs du projet Campus IA à Fouju, Google évoque un déploiement par phases : le projet dans son ensemble doit permettre d’accueillir de six à huit bâtiments destinés à l’hébergement de serveurs, mais cet horizon est présenté comme conditionnel, avec un calendrier subordonné à l’évolution du marché et des usages.

Ce phasage est aussi contraint par les capacités actuelles du site. La ZAC d’Ozans est aujourd’hui en mesure de recevoir une alimentation électrique en 225 000 volts réalisée par RTE depuis des lignes à haute tension voisines. Cette dernière, complétée par un nouveau poste électrique public RTE construit dans la ZAC, doit permettre d’alimenter un premier bâtiment avec une puissance de raccordement chiffrée à 120 MW.

Le début de la construction de ce premier bâtiment, « d’environ 12 m de hauteur, 300 m de long et 100 m de large, sur un seul niveau » (soit 30 000 m²) est espéré dès 2028, pour une mise en service en 2030.

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