Ils vont l'utiliser maintenant ?

Le CNRS vient de souscrire à la plateforme de messagerie Partage de Renater. L’organisme de recherche affiche ainsi une volonté de « gagner en souveraineté numérique ». Les 50 000 boites emails de l’organisme doivent maintenant être gérées par le même service qu’une bonne partie des établissements de l’enseignement supérieur français.
Après avoir officiellement annoncé en début d’année l’abandon des licences Zoom au profit de l’utilisation de l’outil Visio de la Suite Numérique de la Dinum, le CNRS veut s’afficher « souverain » concernant la gestion des boites emails de ses agents.
La direction du CNRS, qui a changé de PDG en juin, veut continuer la « démarche de sortie des GAFAM » déjà amorcée et « plus particulièrement sa sortie de Microsoft » affirme-t-elle dans un communiqué [PDF].
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Départ d’une solution Exchange hébergée chez un prestataire
Les emails du CNRS étaient jusque-là gérés via le logiciel Exchange de Microsoft et hébergés chez un prestataire externe (sur lequel l’organisme ne donne aucune information).
C’est maintenant avec la solution du logiciel libre Zimbra qu’ils seront traités. De fait, le CNRS se plie aux choix techniques du GIP Renater car il utilisera sa solution nommée « Partage » qui s’affiche comme un « service de messagerie collaborative » s’appuyant, entre autres, sur Zimbra.
En février, le directeur de Renater, Boris Dintrans, mettait en avant, dans une interview pour Next cette solution. Parmi les acteurs du numérique de l’enseignement supérieur et la recherche français, « on est les seuls à proposer 850 000 boîtes mails via notre solution Partage », nous expliquait-il. « Elle est utilisée par 83 établissements. Nous avons aussi un antispam qui protège Partage, mais aussi les établissements qui ne sont pas sur Partage avec 3,5 millions de boîtes mails protégées. Sur le volet messagerie, ce qu’on fait est unique ».
Dans le communiqué annonçant cette migration, Boris Dintrans se réjouit : « Accueillir le CNRS sur PARTAGE, c’est permettre de sécuriser les données scientifiques en s’appuyant sur un logiciel libre et sur l’ensemble de nos infrastructures en propre (datacentres et réseaux de communication) ». Il ajoute que la roadmap de Partage « vise 1,5 million d’utilisateurs d’ici 2027, un déploiement rendu possible notamment par la mise en production d’un nouveau stockage objet permettant [à Renater] de monter en puissance sans compromettre la souveraineté des données ».
Économie annoncée de 3,5 millions d’euros par an
Côté CNRS, on met aussi en avant « l’optimisation des coûts informatiques ». Sans dévoiler ni l’offre choisie chez Renater ni le prix global que paye l’organisme de recherche au GIP, le CNRS affirme que « cette migration permet également de réaliser des gains financiers, de l’ordre de 3,5 millions d’euros par an ». Cela lui permet aussi de mettre l’étiquette à la mode de la « souveraineté » en arguant que l’hébergement de Renater est « 100% français ».
L’organisme explique qu’il y avait 50 000 boites mails à migrer, en comptant celles des 35 000 agents du CNRS mais aussi les boîtes partagées et de service. Reste à savoir si les agents du CNRS vont en profiter pour s’approprier cette messagerie. En effet, les chercheurs du CNRS qui sont intégrés aux UMR ont souvent pris l’habitude d’utiliser les boites mails fournies par les autres tutelles et n’utilisaient l’email @cnrs.fr que pour communiquer avec leur administration interne.
Certains nous font déjà remonter que, même si le changement vers une solution plus souveraine leur semble aller dans le bon sens, l’application web se bloque quand la page est restée ouverte trop longtemps, qu’il est impossible d’envoyer des pièces jointes avec les calendriers partagés ou encore que la synchronisation avec Thunderbird est trop complexe.






