Des maths qui oublient l'humain ?

Alors qu’OpenAI et Anthropic ont affiché des « découvertes » scientifiques en laissant à la communauté le soin de vérifier les résultats obtenus par leurs IA, les jeunes chercheurs et chercheuses se sentent démotivés, bien qu’ils utilisent énormément ces outils.
Anna Brandenberger, Hannah Mularczyk et Dora Woodruff, trois jeunes chercheuses du département de maths du MIT ont lancé un sondage auprès de leurs jeunes collègues pour savoir quel est leur état d’esprit alors que, depuis plusieurs mois, l’IA générative bouscule la recherche en mathématiques. Il en ressort notamment que plus des trois quarts se disent d’un peu à très démotivés à travailler dans la recherche.
Elles ont mis en ligne le résultat de ce sondage sur la plateforme de prépublication arXiv en fin de semaine dernière. « Nous avons beaucoup entendu parler de l’IA en mathématiques de la part de lauréats de la médaille Fields, de laboratoires spécialisés dans l’IA et de professeurs reconnus », expliquent-elles. En effet, 25 lauréats de la médaille considérée comme le prix le plus prestigieux dans cette discipline ont publié un texte sur le sujet. « Cependant, ce sont les chercheurs en début de carrière qui ont le plus à y gagner ou à y perdre », ajoutent-elles.
Au final, elles ont pu obtenir les réponses de 268 jeunes chercheuses et chercheurs en mathématiques, soit en thèse soit postdocs et travaillant dans une soixantaine d’universités (une majorité venant des États-Unis, mais elles ont reçu aussi des réponses du Canada, d’Inde, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Angleterre et de France). Une grande partie des personnes qui ont répondu fait de la recherche en maths fondamentales (165).
Elles signalent que la plupart des réponses ont été données avant qu’OpenAI inonde la recherche, en début octobre, avec 722 « prépublications » de mathématiques générées par IA. Et évidemment, comme elles le soulignent, cet événement a sans doute encore fait évoluer les rapports des jeunes chercheuses et chercheurs face à l’IA générative. Mais leurs résultats restent intéressants pour comprendre comment cette technologie touche ce milieu.






