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J’ai testé l’Insta360 Luna Ultra : un premier coup d’essai bluffant face à DJI, mais à quel prix ?

Longtemps laissé seul sur un marché qu’il a créé en 2018, DJI voit aujourd’hui son premier concurrent sérieux venir le défier sur son propre terrain. Mi-avril 2026, le constructeur dégainait une Osmo Pocket 4 aux évolutions franchement timides — un bridage volontaire pour en garder sous le coude en vue de l’Osmo Pocket 4P. C’était sans compter sur Insta360, qui préparait son offensive depuis quelque temps (comprendre plusieurs années) et qui a trouvé ici la fenêtre de tir idéale.

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Fini les fuites insistantes, la marque abat ses cartes et officialise son fer de lance, la fameuse Luna Ultra. Au menu : un double module caméra co-développé avec Leica (embarquant enfin ce téléobjectif tant espéré), de la 8K, et surtout un écran détachable faisant office de télécommande sans fil. Sur le papier donc, une entrée fracassante sur le marché des caméras de poche.

On utilise l’Insta360 Luna Ultra depuis plusieurs semaines et voici notre test et avis complet.

Ce test a été réalisé avec une Insta360 Luna Ultra fournie par Insta360.

L’Insta360 Luna Ultra est imposante. Si on attend de pouvoir la comparer avec la future DJI Osmo Pocket 4P, force est de constater qu’elle est bien plus grosse que la DJI Osmo Pocket 4. La prise en main reste similaire, mais il n’en fallait pas plus.

C’est surtout le double module photo qui donne un aspect massif à la Luna Ultra. Il faut dire que loger un capteur principal type 1 pouce et un second objectif dédié au zoom x3 demande logiquement de l’espace. La caméra ne perd pas non plus le côté miniature de la Pocket 4 standard, mais offre un gabarit bien plus utilitaire. À noter qu’Insta360 a choisi d’aligner les deux capteurs à l’horizontale, là où DJI a mis les deux capteurs de son Osmo Pocket 4P l’un au-dessus de l’autre.

Une fois la caméra éteinte, le module se range (comme d’habitude pour ce genre de produit) à la verticale pour se protéger au maximum, et on se retrouve donc avec un beau bébé bien plus long en main.

Les dimensions ci-dessus confirment le ressenti en main : l’Insta360 Luna Ultra est plus imposante que la DJI Osmo Pocket 4P, déjà lancée en Chine, elle-même plus imposante que la DJI Osmo Pocket 4.

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En soi, côte à côte, la différence entre la Pocket 4 et la Luna Ultra est visible mais pas non plus frappante. Modules photo à part, le corps du produit est similaire : celui de la Luna Ultra est plus grand, un peu plus épais, mais tout aussi large.

L’ensemble reste bien équilibré en main, mais on atteint ici les limites du format dit de poche. Si la Luna Ultra passera dans une veste ou un sac, voire dans une large poche de pantalon, il faudra oublier la poche de jean.

La différence s’accentue encore avec le boîtier de protection pensé par Insta360 pour la Luna Ultra : une fois rangée dans ce dernier, la caméra donne vraiment un aspect imposant.

Eh oui, si DJI a réduit la protection de la nacelle motorisée à une petite pince en plastique, Insta360 propose un boîtier en plastique qui protège entièrement la Luna Ultra. Le bloc caméra se range face contre terre et un petit mécanisme à ressort permet de libérer le tout d’une simple pression. Mieux protégée, mais plus encombrant.

Après avoir hésité à l’emporter avec moi sur les chemins de trail, je me suis rendu compte que la Luna Ultra et sa coque de protection rentraient tout juste dans ma poche avant de gilet d’hydratation (Salomon ADV Skin 12 pour les intimes). J’ai alors étonnamment vite pris le coup de main pour sortir l’ensemble avec ma main gauche, appuyer sur le bouton pression de la coque et basculer la caméra dans ma main droite tout en faisant pivoter l’écran pour l’allumer.

Autrement dit, et même si je me retrouvais à filmer avec la main droite en tenant la coque de protection dans la main gauche, je pensais être moins à l’aise que ça à cause des dimensions du produit et de sa coque.

Rappelons que le prix (729 euros) et la fragilité inhérente de ce genre de produit (deux objectifs et une nacelle motorisée) poussent l’utilisateur à manipuler le produit avec précaution, mais que chaque étape supplémentaire pour dégainer la caméra de sa poche, puis de son étui pour filmer, sont des frictions supplémentaires — surtout pour un produit pensé pour le vlog.

Parlons-en dès maintenant : l’écran de la Luna Ultra peut se détacher du reste du produit. Les avantages sont multiples, à tel point que je me demande pourquoi ne jamais y avoir pensé pendant mes tests des DJI Osmo Pocket :

Cet atout marque une vraie rupture avec la concurrence : les deux modèles de l’Osmo Pocket 4 conservent un écran, certes rotatif, mais fixe. La modularité de la Luna Ultra lui donne donc un argument direct. À noter que les écrans de la Luna Ultra et des Osmo Pocket 4 font la même taille de 2 pouces de diagonale.

Rien de particulier à relever sur les finitions ou l’assemblage. Seul le petit bruit révélé par le jeu du bouton de zoom lorsqu’on secoue le produit donne un aspect un tout petit peu moins haut de gamme que les Pocket de DJI. Allez, le joystick de la Luna Ultra est également moins agréable et plus basique au toucher que celui de la Pocket 4.

En parlant de boutons et de joystick justement, voici ce qu’Insta360 a prévu sur sa Luna Ultra :

Les plus attentifs auront remarqué qu’aucun bouton ne se cache sous l’écran de la Luna Ultra, à l’inverse de la DJI Osmo Pocket 4. C’est peut-être un peu moins esthétique chez Insta360, mais c’est surtout bien plus pratique : tous les boutons restent immédiatement accessibles, même lorsque l’écran n’est pas basculé en mode horizontal. Comptez quatre micros intégrés sur la Luna Ultra, dont un sur le fameux écran tactile détachable. C’est un de plus que chez DJI.

Là où Insta360 gagne aussi des points, c’est sur la stabilité du produit en lui-même. C’est tout simple : on peut poser la Luna Ultra avec moins de peur que les Osmo Pocket de DJI. J’insiste sur le « moins de peur » et non sur « davantage de sérénité », car la Luna Ultra reste elle aussi très sensible au vent ou aux vibrations lorsqu’elle est posée sur une surface plane — n’essayez même pas sur un sol irrégulier. Pour tout vous dire, j’ai dû me forcer à installer des vêtements autour de la caméra après l’avoir posée sur une terrasse en bois dont les stries compromettaient son équilibre, pour amortir la chute au cas où.

Une petite extension livrée avec la caméra propose certes une espèce de trépied de fortune, mais cela allonge encore le produit, et il faut bien penser à le prendre avant de sortir de chez vous. Ça fera l’affaire s’il n’y a pas trop de vent et que vous n’êtes pas dans un lieu de passage provoquant des micro-vibrations. La conclusion est la même que lors de mon test de la DJI Osmo Pocket 4 : nous n’avons pas affaire à des caméras d’action et il faudra souvent anticiper et bien réfléchir aux accessoires que vous embarquez pour la journée, particulièrement si vous vous filmez seul.

Précisons que la Luna Ultra n’est absolument pas étanche. S’il est possible que l’appareil survive à une légère pluie, la plus grande prudence reste de mise.

On ne change pas une formule qui gagne. La navigation sur cette Insta360 Luna Ultra reprend les codes classiques de la marque : c’est fluide et les habitués retrouveront leurs repères instantanément.

Insta360 a bien glissé quelques astuces bienvenues, comme le basculement automatique de la captation audio vers le micro de l’écran détachable dès que vous le décrochez de la base — en partant du principe que vous tenez l’écran à la main près de votre bouche alors que la caméra est certainement posée plus loin.

Ma seule réelle frustration à l’usage concerne la gestion du zoom, qui relève ici du parcours du combattant. Trois méthodes sont disponibles, et aucune ne m’a totalement convaincu :

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