© Tomohiro Ohsumi / Bloomberg – Masatoshi Kumagai, fondateur et PDG de GMO Internet Group, lors de la Global Mobile Internet Conference à Tokyo, en juillet 2014.
Le 21 octobre 2026, à 4 heures du matin, GMO Internet a commencé à éteindre tous les serveurs de son offre Onamae.com Desktop Cloud. Ces machines virtuelles Windows, louées par des particuliers pour faire tourner des robots de trading sur le Forex, venaient d'être infectées par des programmes malveillants. Les pirates ont aspiré les identifiants de courtage stockés à l'intérieur, puis s'en sont servis pour passer des ordres frauduleux. Quatre jours plus tard, Masatoshi Kumagai, patron de ce mastodonte nippon des noms de domaine, de l'hébergement et de la finance en ligne, a publié un long billet sur son blog.
Internet lui-même est en train de se briser. (…) Le cyberespace que nous avons bâti, convaincus qu'il apporterait le sourire aux gens, est en passe d'être détruit de fond en comble par des individus malveillants.
Selon lui, les modèles d'IA à poids ouverts, assemblés en outils d'attaque, mettent le piratage de masse à la portée du premier venu. Sa filiale GMO Cybersecurity by Ierae dit avoir détecté ARTEX, un logiciel autonome de test d'intrusion développé en Chine pour la défense, derrière des offensives visant une vingtaine d'entreprises japonaises. Kumagai évoque une "cyberattaque par saturation de l'IA", où le volume des assauts submerge les défenseurs.
【能動的サイバー防御を具申した理由】【ブログ更新】お客様をはじめ関係者の皆様に多大なるご迷惑をおかけしておりますことを、深くお詫び申し上げます。なぜ私たちが政府へ「能動的サイバー防御」の適用を具申したのか。 その真意と、いま直面している危機の現実について、ブログに書きました。…
Les assaillants ont présenté leur ultimatum : poursuite des manipulations sur les comptes, divulgation du contenu des PC connectés, rançongiciel, et 50 millions de dollars. GMO refuse de payer. Le 24 octobre, le groupe a demandé au gouvernement d'activer la loi de cyberdéfense active, entrée en vigueur le 1er octobre, qui permet à la police et aux Forces d'autodéfense de neutraliser les serveurs ennemis.
Le billet contient aussi un aveu : des hackers éthiques du groupe avaient signalé des faiblesses sur ce service. Soucieuse de préserver sa disponibilité, l'équipe a avancé trop lentement.
Au Japon, le récit passe mal. ITmedia souligne qu'aucune preuve ne démontre l'usage de l'IA dans cette intrusion. Sur X, beaucoup accusent GMO de faire porter à l'État une faute de gestion. Les pirates affirment même avoir exploité un compte administrateur commun à tous les serveurs, une version que GMO ne confirme pas.
Kumagai promet d'assumer la facture : 5 000 yens (une trentaine d'euros) pour chaque client, prise en charge intégrale des pertes vérifiées et six mois d'hébergement offert.
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