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J’ai testé le TV Hisense UR9S : compatible Dolby Vision 2 et la meilleure colorimétrie jamais mesurée sur un Hisense

Ce test est valable pour les variantes suivantes :

Après le coup d’éclat de son monumental 116UX de 116 pouces fin 2025, Hisense décline enfin sa technologie RGB Mini LED dans des formats taillés pour le grand public. La série UR9S prend ainsi la relève du très apprécié U8Q, qui s’était hissé en 2025 parmi les meilleurs Mini LED du marché grâce à un pic lumineux redoutable et un rapport qualité-prix imbattable.

Avec ce nouveau venu, Hisense change de braquet et affiche des ambitions nettement plus haut de gamme : nouveau système de rétroéclairage, dalle traitée antireflet, compatibilité Dolby Vision 2 et un taux de rafraîchissement natif de 170 Hz sur le 65 pouces (et même 180 Hz sur les 75 et 85 pouces).

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Avec sa dalle RGB Mini LED prometteuse d’une très large palette de couleurs, la série UR9S fait partie des tout premiers modèles à concrétiser cette technologie sur le marché grand public européen, aux côtés du Sony Bravia 9 II, Sony Bravia 7 II et du Samsung R95H que nous avons testés en attendant de pouvoir mettre mes sondes et passer mes extraits favoris sur les modèles LG et Philips embarquant une technologie similaire. Par rapport à la série UR8S, celle-ci se veut mieux calibrée et plus lumineuse.

La série UR9S se décline en trois diagonales : 65 pouces (163 cm), 75 pouces (189 cm) et 85 pouces (215 cm). J’ai pu tester la version 65 pouces et en voici mes impressions.

Dans sa version 65 pouces, celle que j’ai essayée pendant un petit moment, le téléviseur occupe un certain espace dans le salon. La finition est sérieuse, l’ensemble respire la robustesse, et l’on sent que Hisense a voulu un rendu premium en phase avec le tarif. Cadre soigné, coins bien finis, aucun plastique bas de gamme à l’horizon : la première impression est celle d’un produit abouti, même si le design reste dans la continuité des dernières années, sans rupture stylistique notable.

Le châssis, en revanche, est nettement plus épais qu’un OLED de même diagonale. Conséquence directe d’un rétroéclairage RGB Mini LED plus volumineux par nature, et du système audio Devialet, lui aussi gourmand en place. Avec ses 5 cm d’épaisseur environ au centre, la série UR9S ne brillera pas par sa discrétion une fois accroché au mur.

Sur un meuble TV, cette épaisseur ne change rien à la pratique, mais qui rêve d’une intégration murale parfaitement plate devra revoir ses attentes ou se tourner vers un OLED. Rien de rédhibitoire : juste la réalité physique d’un LCD au rétroéclairage très dense.

Il repose sur un pied central sobre et fonctionnel, sans esbroufe. Notez la possibilité de concentrer un certain nombre de câbles vers le centre pour qu’on ne les voit pas lorsqu’on est assis en face. C’est une bonne idée mais si vous avez plus de deux câbles, les autres peuvent être laissés à leur triste sort.

Un point particulièrement bienvenu : le traitement antireflet. À la manière de certains TV Samsung (OLED et LCD) et du Sony Bravia 9 II, Hisense a misé sur un revêtement mat inédit, très efficace, là où on ne l’attend pas forcément sur un téléviseur de ce type. La surface diffuse les reflets sans les gommer totalement, mais en journée ou sous une lumière artificielle abondante, le résultat dépasse clairement la grande majorité des concurrents.

C’est le même traitement que sur la série UR8S mais, à l’observation, je peux dire qu’il est un peu moins performant que celui des TV Samsung qui est aussi très légèrement inférieur à celui de Sony, notamment sur le Bravia 9 II, gagnant dans cette histoire.

Contrairement à la série UR8S et ses quatre ports HDMI 2.1, les téléviseurs UR9S n’en proposent que trois — tous compatibles VRR et ALLM jusqu’à 170 Hz en Ultra HD 4K, dont un en eARC pour la barre de son ou l’ampli home cinéma. C’est un recul étonnant face à son propre cadet. S’y ajoutent deux ports USB-A, un port Ethernet et une sortie optique S/PDIF, sans oublier les habituelles prises antenne et satellite. Le tout est bien agencé et orienté vers le côté pour faciliter les branchements.

Bonne surprise côté connectique : un port USB-C compatible DisplayPort 1.4, absent sur la série UR8S. Une rareté, quasi unique sur le marché des téléviseurs en 2026, que Hisense semble vouloir réserver à ses modèles haut de gamme. Pour qui veut brancher un PC portable ou une station de travail sans adaptateur, l’avantage est concret. De quoi compenser en partie la limitation à trois ports HDMI, qui peut coincer dès lors qu’on veut connecter plusieurs consoles, un lecteur Blu-ray UHD et une barre de son en eARC en même temps. Sur un téléviseur de ce prix et de ce rang, l’absence d’un quatrième HDMI 2.1 reste tout de même regrettable.

La télécommande livrée avec les TV UR9S reste fidèle à l’approche maison de ces dernières années. C’est exactement la même que celle de la série UR8S. Format allongé, prise en main correcte, touches bien réparties, avec plusieurs raccourcis vers les grandes plateformes : Netflix, Prime Video, Disney+ et YouTube disposent chacun de leur accès direct. Un bouton micro active les commandes vocales via Alexa ou Vidaa Voice, pour chercher un contenu, glaner une information ou piloter des équipements connectés.

Son atout maître, c’est la recharge. Un petit panneau solaire au dos suffit à l’alimenter dans des conditions d’éclairage normales, complété d’un port USB-C en cas de coup de mou. Fini les piles, et au quotidien, ça fait vraiment la différence.

Plus discutable, en revanche : l’absence de rétroéclairage des touches, dommageable sur un haut de gamme à ce tarif. Dans l’obscurité d’un salon, en pleine séance, il faudra tâtonner pour trouver le bon bouton. Une économie de fabrication qui jure avec les ambitions affichées par Hisense, et que ne s’autorisent pas Sony ou TCL sur leurs télécommandes premium.

La série UR9S est avant tout un téléviseur pensé pour le HDR, et ça se ressent dès les premières minutes. Le rétroéclairage RGB Mini LED n’est pas une simple retouche cosmétique du Mini LED classique : il revoit la façon même de produire la lumière derrière la dalle.

En remplaçant les diodes blanches ou bleues par des diodes rouges, vertes et bleues indépendantes, Hisense obtient une lumière plus pure à la source, donc une couverture colorimétrique élargie, surtout dans les hautes lumières. Résultat : une image HDR qui garde sa densité chromatique là où beaucoup de LCD commencent à désaturer.

Les modes d’image proposés couvrent Cinéma, Filmmaker — celui que j’ai retenu pour mes tests —, Dynamique, Standard, et plusieurs profils gaming. Le mode Filmmaker reste ma recommandation pour les films et séries : il bride les traitements artificiels et cherche à restituer l’image telle qu’elle a été pensée.

La série UR9S reprend la compatibilité Dolby Vision 2 déjà présente sur les TV UR8S : le téléviseur remplace le moteur de traitement Dolby Vision natif par sa propre interprétation, plus fine sur la luminosité, le contraste et les couleurs par rapport à un moniteur de référence, avec une adaptation à l’éclairage ambiant et la fonction Authentic Motion pour la fluidité, dans l’esprit voulu par les réalisateurs.

Sur Mad Max : Fury Road en Blu-ray 4K HDR, l’expérience cloue sur place. Les déserts s’embrasent sous une lumière que peu de LCD savent restituer avec une telle saturation maintenue dans les hautes lumières. Éclats, particules de poussière dans les rayons de soleil, explosions : tout s’affiche avec une densité et un punch qui illustrent concrètement l’apport du RGB Mini LED. Sur Top Gun : Maverick, les couleurs sont également à la fête ainsi que le dynamisme des différentes scènes dont évidemment les plus spectaculaires à bord des jets.

Les scènes sombres révèlent à la fois les qualités et les limites du LCD. Le local dimming est bien géré sur l’immense majorité des contenus : noirs profonds, ombres détaillées, et pas de voile grisâtre comme sur certains LCD moins maîtrisés. Mais le blooming — ce halo lumineux autour des objets brillants sur fond sombre — reste perceptible sur les plans les plus exigeants. Rien à voir avec le blooming grossier d’un LCD d’entrée de gamme, mais il est là, et le RGB Mini LED y ajoute parfois une légère coloration des halos, qui peut se voir davantage que sur un Mini LED classique.

Comme pour les autres TV, les réglages testés sont ceux proposés par défaut par la marque en « sortie de carton », en modes Cinéma, Filmmaker et IMAX (HDR).

Concernant la fidélité des couleurs en SDR, le calibrage sort très nettement renforcé par rapport à la série UR8S. En mode Cinéma, le Delta E moyen relevé est de 2,88 (maximum à 6,53), et de 2,87 en mode Filmmaker, dans les deux cas sous le seuil de 3 où l’œil humain n’arrive plus à distinguer la couleur affichée de la couleur demandée. Pour rappel, la série UR8S affichait un Delta E moyen de 7,83 en SDR : l’écart est considérable. Côté température de couleurs, la moyenne relevée est de 6914 K en mode Cinéma (gamma moyen à 2,29) et de 6140 K en mode Filmmaker (gamma moyen à 2,4), pour une cible idéale de 6500 K et un gamma cible de 2,2. La couverture de l’espace colorimétrique en SDR (mode Filmmaker) atteint 97,9 %.

En HDR, les résultats sont tout simplement excellents. Le Delta E moyen relevé est de 0,70 en mode Filmmaker, de 0,73 en mode Cinéma et de 0,75 en mode IMAX. Ce sont des valeurs proches de ce que produisent les meilleurs moniteurs de référence du marché et très en avance sur les 2,7 relevés en HDR sur la série UR8S. Le Sony Bravia 9 II, avec son record à 0,55, garde toutefois une petite longueur d’avance sur ce point précis.

Pour la luminosité, le pic mesuré s’établit à 3088 cd/m² en mode Cinéma, 3075 cd/m² en mode Filmmaker et 2971 cd/m² en mode IMAX. On reste loin des 4063 cd/m² du Sony Bravia 9 II, mais la série UR9S dépasse nettement les UR8S (2241 cd/m² relevés sur ce dernier) et se rapproche du TCL C89L et de sa dalle SQD Mini LED (non RGB), mesuré à 3114 cd/m².

En luminosité plein écran, la mesure relevée en mode Filmmaker s’établit à 925 cd/m², un net progrès face aux 857 cd/m² de la série UR8S, mais toujours en retrait par rapport aux 958 cd/m² du Sony Bravia 9 II.

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