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Dans le final de la saison 3 de Lupin, on avait laissé Assane Diop (Omar Sy), incarcéré de son plein gré après l’assurance de savoir ses proches hors de danger. La saison 4 de la série créée par George Kay et François Uzan reprend quatre ans plus tard, alors que notre gentleman cambrioleur préféré est sur le point de sortir de prison, après une conduite exemplaire.
Impatient de revoir son fils, avec lequel il projette de voyager au Sénégal, le pays de ses ancêtres paternels, Assane voit ses espoirs réduits à néant quand un mystérieux copycat parvient à le faire accuser à tort d’un vol violent.
Alors que Lupin est le roi des tours de passe passe façon l’illusionniste et des déguisements « à l’ancienne », qui lui permettent de braquer les lieux les plus intouchables de Paris avec panache, son nouvel adversaire utilise les nouvelles technologies avec virtuosité, hackant la sécurité de la tour Eiffel en un tour de main ou créant des deepfakes qui accusent Assane de ses crimes.
Si la série continue de raconter en flashback la jeunesse de notre héros (alors incarné par Mamadou Haïdara), cette saison, Assane le millennial se retrouve déstabilisé face à la Gen Z !
Ce ne sont pas les mêmes méthodes, pas le même langage et pas la même façon de duper son monde. L’affrontement générationnel permet de renouveler les types de vol et de créer des situations comiques bien vues.
Davantage impliqué dans le scénario des épisodes, Omar Sy a insisté pour que son personnage soit poussé dans ses retranchements. On ne vous en dit pas plus, mais c’est le cas, surtout dans le final explosif de la saison ! Toujours aussi charismatique, la star prend un plaisir visible à rechausser les fameuses sneakers d’Assane Diop et ses déguisements fantasques. Et nous avec !
Dans cette saison composée de huit épisodes, on retrouve aussi les piliers de Lupin : Ben (Antoine Gouy) le BFF d’Assane qui lui cache un lourd secret, son ex-femme Claire (Ludivine Sagnier), l’insaisissable Juliette Pellegrini (Clotilde Hesme) ou encore les flics Youssef Guédira (Soufiane Guerrab) et Sofia Belkacem (Shirine Boutella).
Une fois l’identité du copycat révélée (mais chut, on ne vous spoile pas), la deuxième partie de la saison 4 nous entraîne dans une chasse au trésor caché des rois de France. Le tournant archéologique que prend cette affaire régalera les fans d’Indiana Jones. Les clins d’oeil à la franchise de Steven Spielberg (une porte secrète qui s’ouvre grâce à un artéfact, l’endroit du trésor révélé grâce à une combinaison de jeux de lumière et d’objets dans un lieu sacré…) y sont nombreux.
Les scènes d’action n’y vont pas de main morte cette saison, quitte à sacrifier parfois à la notion de crédibilité ! Une cape volante aux vibes Batman ou Cat’s Eyes (une autre série avec des voleuses et la tour Eiffel, dont la saison 2 est en cours de diffusion sur TF1) permet au copycat de Lupin de s’envoler du haut de la tour Eiffel. Plus tard, Assane a recours à un sérum de vieillissement express vraiment peu plausible…
Pour passer un bon moment devant Lupin, il faut abandonner sur le pas de la porte toute tentative de réalisme et se laisser porter par une action de plus de plus influencée par les films de super-héros.
Certaines bonnes vieilles lupinades, comme le vol d’une couronne royale durant lequel Assane porte un costume napoléonien et se dédouble, restent savoureuses. La série n’a pas perdu la main quand il s’agit de raconter de façon divertissante et impertinente l’invisibilisation des personnes noires dans l’histoire de France.
La série continue de produire des images dont nous avons collectivement besoin pour faire avancer la représentation des minorités et braquer les projecteurs sur des sujets encore tabou, comme la spoliation d’œuvres africaines par la France durant la colonisation, et qui n’ont jamais été rendues.
La série reste très formatée dans sa structure, avec les casses réalisés puis expliqués dans la deuxième partie de l’épisode, les flashbacks reliés à l’enquête actuelle et un troisième axe sur la vie privée d’Assane. La mécanique trop bien huilée de Lupin, ses rebondissements parfois téléphonés et ses situations réglées en une scène d’une minute chrono là où il aurait fallu plus de temps, peuvent lasser.
Heureusement le casting toujours excellent et le soin apporté aux séquences familiales apportent de la chaleur à l’ensemble. Le voleur sur la voie de la rédemption fait plus que jamais face aux challenges de la paternité, notamment avec Raoul. Son fils, désormais vingtenaire et incarné par Théo Christine (Skam France, Vermines), file un mauvais coton à force d’être relégué au second plan des priorités de son père.
Assane comprend qu’il ne suffit pas d’aimer son fils et de lui promettre des jours meilleurs, il faut aussi s’en occuper dans les moments durs pour prétendre au rôle de père. Son amitié avec Benjamin est aussi mise à rude épreuve suite au triangle amoureux entre les deux hommes et Claire. Sans parler d’une révélation explosive concernant sa relation avec Juliette, qui va rebattre les cartes de la série, dans un final franchement palpitant.
Côté drama, on ne s’ennuie pas cette saison ! Il faut saluer le travail compliqué des scénaristes, qui parviennent à ne diaboliser aucun personnage en dépit de situations où les uns et les autres ont tous quelque chose à se reprocher.
La série a beau être parfois à deux doigts de « sauter le requin » (une expression anglaise, « jump the shark », qui désigne ce moment où une série va trop loin et le public n’y croit plus), elle garde son cap émotionnel. Et elle se renouvelle en accordant une place importante à la progéniture d’Assane.
Si la saison 5 n’a pas encore été officiellement commandée par Netflix, les scénaristes de Lupin planchent déjà dessus. Au vu du cliffhanger final, ce serait criminel pour les fans de ne pas avoir de suite… Le succès de cette saison 4, qui trône en tête du Top 10 de Netflix France depuis sa mise en ligne, laisse peu de doute sur sa confirmation. Et cette fois, on ne devrait pas attendre trois ans !
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