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Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ?

"Avec toi ?"

Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ?

En octobre 2023, Next INpact devenait Next après une longue traversée du désert. L’équipe avait alors formulé un certain nombre d’envies, de promesses et d’engagements. Trois ans plus tard, il est temps pour un petit point d’étape.

J’en connais quelques-uns qui n’en menaient pas large, il y a trois ans et quelques jours, au moment de monter sur scène. Le 16 octobre dernier marquait en effet le troisième anniversaire de la soirée organisée pour présenter les grandes lignes du projet visant à sauver un journal mourant, et à le relancer avec l’ambition tout à fait assumée d’en faire l’un des meilleurs médias tech de la scène francophone.

Sans refaire tout le match, il faut tout de même rappeler d’où l’on vient. À l’été 2023, Next INpact est exsangue, même si sa communauté a toujours répondu présent lors des appels à soutien financier lancés pendant deux ans. Arrive alors Ferdinand, dit Ferd, patron de moji, tel un lapin sorti du chapeau. Il se propose de racheter le site et de lui donner les moyens nécessaires à sa renaissance, en garantissant qu’il n’interférera pas avec la ligne éditoriale. La transaction est bouclée le 26 septembre 2023.

À peine trois semaines plus tard, rendez-vous était donc donné à Nanterre pour célébrer un nouveau départ. À l’époque, on parlait d’ « un pacte » passé avec les lectrices et lecteurs. Au-delà du jeu de mot, le terme n’était pas anodin : un pacte, c’est une forme de contrat. Cet anniversaire mérite bien qu’on revienne sur les engagements formulés lors de cette soirée.

Trois ans plus tard, toujours sans pub et sans bons plans

Avant la bascule, Next INpact tentait de reposer sur un modèle hybride qui combinait publicité, essentiellement via l’affiliation, abonnements et dons. La première décision, et sans doute la plus radicale, a consisté à totalement couper les leviers publicitaires et les appels de soutien, en partant du principe que seule la qualité du média et sa capacité à se traduire en abonnements permettraient de le sauver.

Le pari était doublement risqué, puisqu’il revenait à sabrer une ligne de revenus tout en alourdissant les dépenses, le tout sur la base d’un compte d’exploitation tirant vers le rouge écarlate. Il s’est accompagné d’une simplification de la grille tarifaire, avec un prix unique à 8 euros par mois ou 80 euros par an.

Ce prix n’a finalement pas bougé depuis, alors que le pacte initial prévoyait une hausse à 10 euros par mois. Tandis que l’offre tarif solidaire à 25 euros par an s’étend à un public plus large, des moins de 25 ans aux petits revenus.

Comme signalé au printemps 2025, nous avons en revanche mis un terme à la politique de « libération » automatique des articles réservés aux abonnés afin de défendre la valeur de nos archives. Elles constituent, elles aussi, une bonne raison de s’abonner, et nous souhaitions accessoirement éviter que ces articles, parfois à très forte valeur ajoutée, aillent enrichir de grands modèles de langage.

Une rédaction indépendante et renforcée

L’autre grand engagement concernait la promesse éditoriale de Next, désormais considérée comme le principal moteur du média : c’est depuis fin 2023 la qualité des articles, le choix des sujets, la profondeur des analyses ou le caractère exclusif des enquêtes qui doivent vous convaincre de vous abonner, et non les appels à l’aide jouant sur la corde sensible.

Dès la reprise, l’effectif a été pérennisé avec la confirmation en CDI de deux postes précédemment rémunérés sous forme de piges.

Trois ans plus tard, la rédaction évolue toujours en totale indépendance, et elle compte aujourd’hui huit journalistes à temps plein (Flock étant du nombre, au titre de dessinateur de presse) suite à l’arrivée de Mickaël au printemps. Et même si Mathilde a pris la décision de voguer bientôt vers de nouveaux horizons, cet effectif a vocation à être maintenu et même encore renforcé.

Cette dynamique se ressent de façon concrète dans le volume de publications de notre flux quotidien, qui s’est largement étoffé depuis 2023 et qui constitue aujourd’hui une offre unique dans le paysage médiatique francophone (voire mondial, soyons fous).

Après tout, vous en connaissez beaucoup, des médias capables de proposer, sur une seule et même semaine, une enquête sur un serial spammer de sites générés par IA, un entretien au long cours sur la technicisation de la gestion de l’immigration, un comparatif d’offres d’hébergements premier prix, des révélations sur l’incurie d’un fabricant de jouets connectés, un point de situation sur le financement de la recherche, un retour sur 30 ans d’évolutions de KDE, un tour d’horizon des nouveaux possibles au croisement entre IA et jeu vidéo et un strip mordant qui révèle, enfin, d’où viennent les attaques qui font s’arracher les cheveux aux experts de l’ANSSI ?

Ces quelques exemples récents sont le reflet d’une ligne éditoriale toujours fidèle à ses fondamentaux, à savoir une approche à la fois experte et critique du numérique, de la tech et de l’intelligence artificielle, ainsi que de leurs impacts sur la société et l’environnement.

À l’heure où les débats se clivent entre fascination béate et rejet de principe, il nous semble primordial de continuer à analyser la tech, son cadre et ses enjeux avec rigueur. Ça n’interdit pas de défendre des valeurs humanistes et d’assumer des prises de position, mais ces dernières doivent reposer sur la lecture des faits… dans les articles comme dans les commentaires !

À ce niveau, on peut d’ailleurs se réjouir de la qualité des échanges au sein de la communauté : le ton monte parfois, mais les discussions restent le plus souvent de bonne facture et les interventions de modération se sont faites rares.

L’inflexion positive de la courbe d’abonnés nous renforce dans l’idée qu’il est pertinent d’investir et de tout faire pour sortir des difficultés par le haut, plutôt qu’en recourant à des expédients de type actus générées par IA au kilomètre ou multiplication des leviers de monétisation. Il reste encore du chemin, dans la mesure où les recettes liées aux abonnements ne couvrent pas encore les salaires de la rédaction, mais le curseur se déplace, petit à petit, dans la bonne direction.

De nombreux chantiers accomplis et à venir

Pour favoriser le mouvement, de nombreux chantiers plus discrets ont été menés ces derniers mois. Outre l’introduction du stockage comme avantage offert à nos abonnés, le code du site a fait l’objet d’un travail en profondeur visant à stabiliser et fiabiliser notre environnement de production.

Nous avons introduit la possibilité d’offrir des « codes cadeaux » et repensé une partie du parcours d’abonnement, notamment pour les entreprises.

Nous disposons également depuis peu d’une formule « Institutions », qui permet par exemple à une grande université de l’Ouest d’offrir un accès complet aux articles de Next à tous les étudiants, enseignants et personnels connectés via le réseau de son campus.

Next participe par ailleurs depuis plus d’un an au renouveau de La Presse Libre, qui permet d’accéder à huit médias indépendants (bientôt rejoints par d’autres) dans le cadre d’un abonnement unique. La plateforme vient d’ailleurs d’inaugurer la nouvelle version de son site web, qu’on vous encourage chaudement à découvrir.

À cette occasion, elle propose d’ailleurs une promotion exceptionnelle, avec un abonnement à 12 euros par mois sans limitation de durée. Et si vous souhaitez garder votre abonnement Next en propre, vous pouvez via ce même lien vous offrir l’accès à La Presse Libre pour 4 euros supplémentaires par mois (mince, j’ai menti, c’est un bon plan !).

Savoir faire et faire savoir

La route est encore longue. Entre autres dossiers, nous devons par exemple améliorer la capacité de nos articles à être vus. Même si nous avons la chance de pouvoir compter sur un lectorat fidèle qui nous rend visite indépendamment des algorithmes de recommandation, le sujet de la visibilité reste crucial pour Next.

Il l’est pour l’ensemble de la presse en ligne, mais pas pour les mêmes raisons : là où la chute d’audience se traduit pour beaucoup de nos confrères par une perte de revenus publicitaires, l’enjeu, pour nous, est de permettre à nos articles de trouver leurs lectrices et lecteurs, et à ceux qui ne nous connaissent pas encore de nous découvrir.

Cette problématique ne se limite pas au référencement Google ou à la présence sur les réseaux sociaux. Elle concerne aussi notre site et sa capacité à permettre de naviguer plus efficacement dans nos archives. Ces dernières regorgent de pépites qui se retrouvent rapidement chassées du flux d’actualités principales, et nous devons donc trouver d’autres façons, thématisées par exemple, de les exposer.

Mais en définitive, le principal défi consiste à rester fidèles aux engagements de ce fameux pacte, puisqu’un pacte se tient à deux. Nous continuerons donc à poursuivre cet objectif primordial de qualité et à vous en rendre compte, au quotidien dans les commentaires, au détour de quelque date anniversaire, ou autour de sujets plus spécifiques, dès cette semaine par exemple avec la publication de notre charte sur l’utilisation de l’IA générative.

Et vous qui nous lisez, vous en restez juges. Merci de votre soutien !

Next vaincra 😉

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