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La Lune se fissure de partout, et ça tombe mal pour les prochains astronautes

Le retour d’astronautes sur la Lune se prépare depuis des années. De nouvelles images de la NASA viennent compliquer l’équation. La surface lunaire se révèle bien plus fissurée que les scientifiques ne l’imaginaient.

Jamais le retour de l’Homme sur la Lune n’a paru aussi proche. Au printemps, les quatre astronautes d’Artemis 2 ont fait le tour de notre satellite. Un alunissage habité doit suivre, avant une présence durable sur place. Avant d’y poser le moindre module, les scientifiques veulent savoir sur quoi ils vont marcher.

Le sol de la Lune n’est pas aussi tranquille qu’il en a l’air. Depuis Apollo, les sismomètres laissés sur place ont enregistré des secousses pendant des années. En mai, l’agence américaine a officialisé son projet d’installation permanente au pôle sud lunaire. Aujourd’hui, une équipe du Smithsonian publie une cartographie bien moins rassurante.

Selon une étude parue dans The Planetary Science Journal, plus de 10 000 failles récentes marquent la surface lunaire. Tom Watters et son équipe les ont repérées sur les images de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA. Ils comptent près de 8 900 escarpements lobés, ces petites falaises qui naissent quand un bloc de croûte chevauche son voisin, auxquels s’ajoutent plus de 2 000 rides. Toutes se sont formées récemment à l’échelle géologique.

Ces fissures trahissent une contraction toujours en cours. En refroidissant, le cœur de l’astre se tasse et sa croûte se plisse comme la peau d’un fruit sec. Son rayon a perdu environ 45 mètres en 400 millions d’années. Sur Terre, 90 % de l’activité sismique se concentre le long de quinze plaques, et les zones dangereuses se délimitent sans mal. La Lune, elle, forme une coquille d’un seul tenant. Rien n’empêche une secousse de surgir presque n’importe où.

Pour les futures missions, l’enjeu devient très concret. Dès 2024, des travaux relevaient que treize sites d’alunissage envisagés pour Artemis se trouvaient près d’épicentres possibles. Glissements de terrain et secousses restent les deux principaux dangers pour un habitat installé sur la Lune. Les nouvelles données apportent toutefois une piste, car les régions où la croûte se révèle la plus épaisse se fissurent nettement moins. Encore faut-il que ces zones stables coïncident avec les sites visés. Reste à viser juste.

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