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J’ai testé l’Asus Googlebook 14 : pourquoi ça aurait été un excellent PC… sans Googlebook OS

La première salve de PC portables Googlebook est enfin là, après leur annonce par Google le 12 mai dernier. Ces PC portables sont l’occasion pour la firme de présenter l’avenir de ChromeOS sur ce type de machine. Car on le sait, les Chromebook n’ont malheureusement pas eu le succès escompté dans le monde entier, même s’ils trouvent leur public dans certains marchés.

Google et ses partenaires veulent marquer le coup en commençant sur le marché des ultraportables premium, un segment qu’Asus maîtrise parfaitement avec ses gammes Zenbook.

Mais si le châssis et la configuration proposée sont globalement réussis, cet Asus Googlebook, comme les autres, est fortement limité par son OS.

L’esthétique du Googlebook d’Asus s’inscrit dans la lignée de ses Zenbook en Ceraluminium, même si son châssis n’en profite pas pour autant. La machine, ultra légère (990 grammes), est faite d’un alliage magnésium-aluminium recouvert d’un revêtement nano céramique du plus bel effet. Elle est en plus peu sensible aux traces de doigts.

Sur le dos du PC, on retrouve le logo Asus ainsi qu’une petite barre lumineuse blanche qui indique que la machine est allumée et sert de témoin de notification, comme sur tous les Googlebook. On n’est pas dépaysé donc, la marque fournit ici un châssis solide qui ne souffre d’aucun jeu ni craquement à la manipulation.

Sa teinte grise « Dusk Ash » est somme toute assez classique, avec un clavier au gris plus clair qui offre ainsi un camaïeu qu’on reconnaît aussi de chez Asus.

Le clavier est peu ou prou le même que celui des Zenbook, avec une course d’activation plutôt satisfaisante et une expérience de frappe globalement fluide. Le clavier est légèrement plus bruyant que la moyenne cependant.

Le large pavé tactile est très pratique à utiliser et dispose d’un retour haptique lors du clic. Étrangement, la glisse est un peu moins fluide que sur certains Zenbook et MacBook, sans que cela gêne au quotidien.

Asus n’a pas lésiné sur la connectique de son Googlebook avec pas moins de quatre ports USB : deux ports USB-C Thunderbolt 4 et deux ports USB-A 3.2 Gen2. Nous aurions préféré un troisième port USB-C à la place du second USB-A, maintenant que le standard s’est généralisé. On retrouve aussi un port HDMI 2.1 ainsi qu’une prise audio jack.

Niveau connectivité, la machine supporte le Wi-Fi 7, mais à l’instar des derniers MacBook, seulement une largeur de canal de 160 MHz au lieu des 320 MHz dont la technologie est capable. Le Bluetooth 6 est quant à lui supporté pour vos appareils sans fil.

La webcam 1080p est assez basique, elle manque de piqué et d’un vrai traitement d’image. Elle suffira pour la visio, mais on a vu mieux à ce prix.

Niveau audio, les performances sont tout a fait excellentes pour le format, bien supérieur à ce que nous avons vu sur l’Acer Googlebook 14. Le son est puissante, assez clair dans les mediums et avec des basses satisfaisantes, même si limitées. Une bonne surprise.

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Les Googlebook disposent quasiment tous d’une dalle Oled, ce modèle Asus ne fait pas exception. On est ici sur une belle dalle 3K de 14 pouces compatible HDR (ce n’est pas le cas de tous) avec un pic de luminosité annoncé à 1 000 cd/m², une couverture annoncée de 100 % de l’espace DCI-P3 et une précision des couleurs exemplaire.

Sous notre sonde avec le logiciel Calman Ultimate, nous mesurons une couverture de 93 % de l’espace DCI-P3 (contre 100 % annoncés) et 136 % du sRGB. La technologie Oled nous a habitués à une précision des couleurs excellente et c’est le cas ici aussi avec un Delta-E de 2,03 avec un écart maximal qui ne dépasse pas les 4. Pour rappel, sous un Delta-E de 3, l’œil ne perçoit quasiment pas les écarts de couleur.

La luminosité n’est pas en reste, avec un pic à 970 cd/m² sur une petite zone de 10 % et 650 cd/m² en plein écran, en HDR. Parlons du HDR justement. Comme sur le Googlebook d’Acer que nous avons testé, l’Oled de ce modèle déçoit en HDR sur le bureau, avec des noirs rehaussés comme en SDR. Ce sont vraiment sur ces contenus HDR purs (films, vidéos) que vous profiterez de tout son potentiel.

Le problème a cependant été remonté à Google et la bonne nouvelle, c’est qu’il vient du firmware même de la machine et non de l’écran lui-même. Une fois que nous aurons vérifié que le souci a été corrigé, nous revisiterons ce test.

Le Googlebook est opérationnel en moins de 2 minutes et vous pourrez rapidement vous mettre au travail ou simplement naviguer, car votre compte Google sera déjà synchronisé. Sans smartphone sous Android 17, cette première initialisation sera plus longue.

L’interface reste dans la continuité d’Android et de ChromeOS, Google ne touche ni aux bases logicielles ni à l’habillage graphique.

Comme c’est le cas depuis les dernières évolutions de ChromeOS, Gemini est au centre de ce Googlebook OS. Au-delà du simple assistant personnel, l’IA de Google peut avoir une véritable vision sur tout votre écosystème, vous aider à mieux gérer votre stockage ou trouver des paramètres. La fonction phare de l’OS est son curseur magique (Magic Pointer), qui s’active en secouant rapidement la souris pour afficher des actions contextuelles liées au contenu affiché à l’écran : qu’il s’agisse de copier un texte d’une image ou poser des questions à Gemini sur le contenu même. Plutôt pratique et simple d’utilisation, la fonctionnalité pourra être utile dans bien des cas.

Enfin, la recherche sémantique fonctionne aussi très bien. Vous pourrez saisir vos requêtes en langage naturel pour trouver cette « photo prise en juin dernier avec mon chat Pixel » et il pourra vous suggérer rapidement des résultats pertinents. Google rattrape ainsi Apple et Microsoft, qui proposent déjà ce type de recherche sur leurs systèmes.

L’autre promesse de Googlebook OS, c’est cette intégration native avec votre smartphone Android. Attention, il faudra nécessairement être équipé d’un appareil avec Android 17, sinon vous serez plus que bridé sur cette partie. Imaginez une version complète de Mobile connecté (Phone Link) sur Windows 11, même si Google vise surtout macOS. Vous pouvez ainsi utiliser votre smartphone directement depuis le système.

Cela inclut le lancement et l’utilisation d’applications Android, l’affichage des notifications de votre smartphone. Comme sur macOS, vous pourrez reprendre sur Googlebook OS une tâche commencée sur Android, qu’il s’agisse de retouche photo ou de la rédaction d’un mail ou d’un message. Au quotidien, cette intégration est l’argument principal de l’OS bureau de Google, une manière de légitimer encore plus l’écosystème Android hors du smartphone.

Maintenant, l’une des premières choses qui m’a interpellé lorsque j’ai lancé ce Googlebook, ce sont les applications Google. J’ai très vite remarqué de par leur comportement qu’il s’agissait en réalité d’applications web et non d’applications natives Googlebook OS. Gmail, YouTube, et bien d’autres, se lancent comme des sites web dans une fenêtre dans le système.

Google estime que les expériences de ces services, contrairement à ses applications mobiles, sont plus adaptées au format de bureau d’un PC portable. Les applications dites « natives » sont réservées à celles qui utilisent en profondeur l’architecture matérielle du PC, comme Gemini pour l’IA ou Google Maps pour le GPS.

Mais on le sait, ces sites web qui se font passer pour une application prennent plus de ressources, notamment en mémoire. De plus, nous achetons des PC plus chers pour profiter de toute leur puissance et de leur pool mémoire, pas pour les gâcher dans ces expériences web. Cela ne bloque rien au quotidien, mais Google semble avoir manqué de temps, ou d’ambition, pour porter ses propres applications sur Googlebook OS.

De plus, nous avons rencontré quelques applications tierces, comme Slack, qui ne sont pas encore optimisées pour Googlebook OS, le Play Store nous recommandant de passer par la version web, un comble sur un système qui met en avant les applications Android.

Notre modèle de test est équipé d’un processeur Intel Core Ultra 7 355 avec 8 cœurs (4 performants et 4 basse consommation) et 8 threads, pour une fréquence maximale de 4,7 GHz. Une configuration Ultra 5 est aussi proposée dans la gamme. Pas de puce graphique Intel Arc ici, le Core Ultra 7 355 se contente de la partie graphique Intel Graphics à 4 cœurs Xe3.

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