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J’ai testé l’enceinte résidentielle Marshall Acton IV : un joli caractère

Dans la gamme résidentielle de Marshall, l’Acton occupe depuis toujours le rôle de l’enceinte compacte : celle qu’on installe sur un bureau, une étagère étroite ou une table de nuit. Avec cette quatrième génération, la marque lui offre une mise à jour substantielle, en intégrant pour la première fois une entrée RCA, le Bluetooth 5.3 avec LDAC, et de nouveaux haut-parleurs équipés de guides d’ondes. Reste à savoir si ces améliorations techniques se traduisent concrètement à l’écoute.

Ce test a été réalisé avec une enceinte prêtée par Marshall.

L’Acton IV reprend les codes esthétiques habituels de la marque : revêtement vinyle texturé imitant le cuir, tissu acoustique tressé en façade, et plaque supérieure couleur laiton gravée du nom du modèle. Le format reste compact avec des dimensions de 26x17x15 cm environ, ce qui en fait une enceinte facile à intégrer, notamment sur une étagère.

Le plateau supérieur conserve l’ensemble des commandes physiques qui font la particularité de la gamme : bouton de volume rotatif cranté, molettes de basses et d’aigus, interrupteur à bascule au clic caractéristique, joystick de navigation, et un bouton M personnalisable pour lancer une playlist ou un préréglage d’égalisation. Une entrée mini-jack 3,5 mm est également disponible directement sur le dessus.

La principale nouveauté de cette génération se trouve sous le coffret, où Marshall a placé l’entrée RCA et l’évent bass-reflex, une première sur la gamme Acton dont l’évent se trouvait jusqu’ici à l’arrière. Les câbles disparaissent ainsi du champ de vision une fois l’enceinte installée et, surtout, l’Acton IV peut être plaquée contre un mur sans que le grave s’en ressente, l’évent orienté vers le sol n’étant plus obstrué par une paroi. En revanche, brancher une source en RCA impose de soulever l’enceinte. Avec 2,65 kg sur la balance, l’opération reste toutefois anecdotique, là où elle relève de la corvée sur la Stanmore IV.

Côté durabilité, l’Acton IV reprend les engagements de la marque : coffret en MDF certifié FSC, part de matériaux recyclés dans le châssis, et disponibilité des pièces détachées (boutons, pieds, grille) via le réseau de réparation Marshall. L’enceinte n’est pas résistante à l’eau et ne dispose d’aucune certification IP : c’est un modèle strictement résidentiel, conçu pour un usage intérieur.

Si l’Acton IV conserve la silhouette de sa devancière, les évolutions sont nombreuses. L’ajout le plus notable est l’entrée RCA, absente de la génération précédente et désormais logée sous le coffret, qui permet de brancher directement une platine vinyle, un lecteur CD ou toute autre source analogique. Le sans-fil évolue également avec le passage au Bluetooth 5.3, l’intégration du codec haute résolution LDAC, du LC3, de l’Auracast pour la synchronisation multi-enceintes, et du multipoint pour connecter deux sources simultanément.

Notez que l’Acton IV se contente du Bluetooth : elle n’a ni Wi-Fi, ni AirPlay, ni Chromecast, ni assistant vocal. Côté multiroom, elle n’est que récepteur Auracast. Pour diffuser la même musique sur plusieurs enceintes, il faut donc un émetteur Marshall, comme le hub de streaming Heddon.

Côté acoustique, les tweeters reçoivent des guides d’ondes destinés à élargir la dispersion des aigus, l’évent bass-reflex quitte l’arrière du coffret pour sa face inférieure, l’amplification du woofer double (de 30 à 60 watts) et celle de chaque tweeter passe de 15 à 25 watts, soit 110 watts au total contre 60 watts sur l’Acton III. Le bouton M personnalisable fait son apparition, ainsi que la compensation de placement dans l’application et le Dynamic Loudness pour adapter automatiquement l’équilibre tonal au volume d’écoute.

L’application Marshall permet les mises à jour du firmware, propose des préréglages d’égalisation personnalisables sur cinq bandes, et offre un accès aux fonctions avancées de l’enceinte. On y retrouve les réglages graves/aigus qui complètent les commandes physiques, ainsi que la possibilité d’assigner des profils d’égalisation ou de lancer une playlist Spotify au bouton M.

Comme sur la Stanmore IV, on trouve la fonction de compensation de placement, qui corrige la tonalité de l’enceinte selon qu’elle est installée contre un mur, dans un angle ou au bord d’un meuble. En indiquant où se trouve l’Acton IV, le traitement numérique adapte la restitution pour éviter les résonances et les graves brouillons.

Cette fonction ajuste en continu l’équilibre tonal en fonction du volume d’écoute. À faible niveau, les basses et les aigus sont légèrement renforcés pour compenser la sensibilité décroissante de notre oreille aux extrémités du spectre. Non désactivable, la fonction reste discrète et particulièrement pertinente sur une enceinte comme l’Acton IV, qui s’écoute souvent à volume modéré dans une chambre ou un bureau.

L’Acton IV embarque un woofer de 10 cm et deux tweeters de 1,9 cm, le tout animé par une amplification de 110 watts (60 watts pour le woofer, 2 x 25 watts pour les tweeters). C’est la même puissance que la Stanmore IV, mais dans un coffret nettement plus petit et avec un woofer de 10 cm contre 13 cm. Cette différence de taille se traduit logiquement par un grave moins profond : moins de volume d’air à déplacer signifie moins de capacité à produire des basses profondes et puissantes.

L’enceinte descend néanmoins assez bas pour son format, avec une extension annoncée à 37 Hz par Marshall, mais sans le poids et l’impact de sa grande sœur. La différence principale est là. Le grave ne donne donc pas le vertige d’une profondeur abyssale, mais il est généreux dans sa partie haute et rapide.

Nos mesures révèlent une signature très équilibrée du grave à l’aigu, que ce soit à mi-volume ou au maximum des possibilités de l’enceinte. Le grave est un peu en avant, mais comme nous y sommes moins sensibles, il apparaît au même niveau que le médium et l’aigu. L’énergie des basses fréquences est centrée sur 70-80 Hz, pour donner de l’impact à la grosse caisse et aux percussions. Le bas-médium est un peu creusé de 300 à 500 Hz, ce qui place les voix en léger retrait. Pour le reste, haut-médium et aigu, tout se tient dans une plage d’intensité équivalente, avec beaucoup de précision et de douceur.

Si vous vous attendiez à un son rock et insolent, c’est raté, et c’est pour le mieux : la Marshall Acton IV est une enceinte énergique, mais civilisée.

En termes de puissance pure, les mesures montrent un volume sonore maximal de 90 dB à 1 mètre (Marshall annonce 95 dB), suffisant pour sonoriser confortablement une pièce de 12 à 20 m². Pas question de faire la fête avec cette petite enceinte, elle a vocation à diffuser un bain sonore et elle le fait bien.

Malgré la présence de guides d’ondes devant les tweeters, la scène reste plutôt étroite. Certes, la largeur dépasse les dimensions de l’enceinte, mais il ne faut pas espérer localiser un son 2 mètres à gauche ou à droite : le message reste dans l’axe de l’Acton IV.

« Teardrop », Massive Attack. Le battement de basse qui ouvre le morceau est rendu avec une frappe sèche et tenue, sans baver sur le reste du spectre. La nappe infra-grave qui soutient le titre reste en retrait, ce qui est logique pour une enceinte de ce format : on l’entend sans la ressentir physiquement.

« Holocene », Bon Iver. La voix falsetto est incarnée et détachée, portée par le pic de présence sans devenir criarde. Les nappes de guitares conservent leur texture sans brillance artificielle. C’est un registre où l’enceinte excelle : musique douce, voix présente, écoute prolongée sans lassitude.

« Get Lucky », Daft Punk. La ligne de basse roule avec un groove réjouissant et une articulation convaincante. La caisse claire claque sans agressivité, et l’équilibre global reste aéré même à volume soutenu. L’enceinte tient la cadence sans s’effondrer.

L’Acton IV est affichée à 299 euros, soit 100 euros de moins que la Stanmore IV. Elle se positionne sur le segment des enceintes de salon compactes premium, avec peu de rivales directes combinant entrée RCA, LDAC et design soigné.

Elle est disponible depuis juillet en deux coloris, noir et crème.

Élevé au son des vinyles, des cassettes Dolby et du CD-Audio, dans une famille où l’on fabrique soi-même ses enceintes acoustiques et ses amplis, je suis perpétuellement en quête de ce frisson auditif qui fait battre la mesure. Ma passion pour la musique n’a d’égale que celle pour la photo, notamment aérienne.

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