Après tant de concepts, d’annonces et de changements de stratégie, on y est : Volkswagen attaque une nouvelle ère de ses voitures électriques en Europe.
Le premier étage de la fusée fut sa gamme de citadines, à savoir les ID. Polo et ID. Cross, mais le Mondial de l’Auto de Paris est l’occasion de lever le voile sur un autre modèle, lui aussi crucial : l’ID. Tiguan.
Pour aller plus loin Volkswagen abandonne l’ID.4 : voici l’ID. Tiguan, le nouveau SUV électrique de la marque
Intuitivement, vous saurez qu’il s’agit d’un SUV familial : le Tiguan s’est tout de même écoulé à 8,3 millions d’exemplaires depuis son lancement en 2007.
Le préfixe « ID », quant à lui, servira à rattacher le nouveau venu à la gamme 100 % électrique. Nous avons pu le découvrir avant son premier bain de foule Porte de Versailles.
Même si Volkswagen ne le dit jamais ouvertement, cet ID. Tiguan n’est pas vraiment un nouveau modèle : il s’agit plutôt d’une refonte quasi-intégrale de l’ID.4, le SUV électrique de la marque.
Reste que la découverte du design extérieur est assez bluffante : l’ID.4 a été gommé. Les plus pointilleux pourront retrouver une reprise du vitrage, mais le reste n’a strictement rien à voir.
Le retour aux « classiques » de Volkswagen, initié sur les ID. Polo et ID. Cross, est ici repris. Plus question des rondeurs et des mollesses de l’ID.4, le Tiguan électrique gagne en assurance.
La face avant est extrêmement parlante. Tout en conservant l’air de famille avec les citadines, notamment via le masque incluant projecteurs et logo (illuminé sur le haut de gamme), l’ID. Tiguan s’offre un minois bien plus massif, aidé par le capot horizontal et le bouclier vertical.
Ce capot horizontal aide également à structurer le profil, dont l’ajout des bas de portière couleur carrosserie aide énormément à progresser en qualité perçue face à l’ID.4 – notons également les poignées bien plus traditionnelles et probablement plus ergonomiques. Seule réserve : cette impression de qualité et de solidité sera-t-elle conservée sur les versions plus « roturières » aux jantes plus petites ?
L’arrière, lui aussi, joue la partition du « massif avant tout ». Le gros bandeau est-il subtil ? J’en doute, mais il assoit bien le SUV, sans compter ici aussi une plus grande proportion de carrosserie sur le plastique.
Les dimensions évoluent à la marge : l’ID. Tiguan mesure 4,62 m de long (+4 cm de long par rapport à l’ID.4) pour 1,86 m de large (+1 cm) et 1,62 m de haut (-1 cm).
Cette véritable métamorphose se poursuit à l’intérieur de l’ID. Tiguan. La planche de bord terne et remplie de plastique de l’ID.4 est aux oubliettes, remplacée par un élément totalement nouveau.
Ici aussi, le mot d’ordre semble être : solidité. À la planche de bord, très horizontale, répond une console centrale aussi large que spacieuse, incluant deux chargeurs à induction à la norme Qi2.
Revenons à la planche de bord, qui accueille trois écrans. Celui pour le conducteur prend ses aises par rapport à la petite dalle de la génération précédente (10 pouces ici), aidé par une vision tête-haute.
L’écran central, de 15 pouces, tourne sous le dernier OS de la marque, basé sur Android Automotive. Si la surcouche est totale, nos essais de l’ID.3 Neo et de l’ID. Polo nous permettent de dire que la base est saine.
Enfin, la grande nouveauté, c’est un écran passager de 12 pouces. Si l’utilité de ce genre de dalle me demeure énigmatique, elle permet d’habiller la planche de bord, sans compter une petite astuce technologique : un traitement polarisé, le rendant invisible du conducteur. Le passager peut donc regarder des films en roulant sans gêne.
Les matériaux, moussés et plaisants à l’œil, font également un sacré bond en avant. Autre avancée (ou plutôt retour en arrière aussi notable que plaisant) : le retour des boutons. La planche de bord reçoit la même platine de commande de climatisation que ses petites sœurs, de même que le bouton rotatif de volume sur la console centrale, tandis que le volant reçoit ses beaux boutons carrés de part et d’autre du moyeu.
Un habitacle bien plus cossu, donc, mais qui n’oublie pas la force de l’ID.4 : grâce à son plancher plat et son empattement généreux (2,76 m), le Tiguan électrique se montre très généreux pour ses passagers arrière. Deux prises USB-C et des buses d’aération, sans oublier un généreux toit vitré, permettent d’agrémenter les longs voyages.
Enfin, si le coffre perd mystérieusement quelques décimètres cubes dans l’opération (534 litres, -11 litres), il demeure toujours généreux et pratique. Il est en outre accompagné d’un petit coffre avant (frunk) grâce au capot plus haut, même si Volkswagen ne communique aucun volume.
Si cet ID. Tiguan réussit très efficacement à effacer l’ID.4 côté design et habitacle, sa base technique est évidemment inchangée. Cette nouvelle mouture reprend cependant les dernières évolutions du SUV Volkswagen.
Par exemple, la petite batterie de 58 kWh utilise la chimie LFP, plus abordable et durable que les NMC des haut de gamme (les 77 kWh connues depuis toujours).
Les moteurs reprennent les dernières évolutions. En entrée de gamme, on retrouve l’APP350, puissant (190 ch) et sobre ; l’APP550 est là pour la version 286 ch, tandis que la proposition 4 roues motrices (baptisée 4Motion comme toujours chez Volkswagen) utilise l’APP350 avec un petit moteur avant découplable pour abaisser la consommation.
Il faudra encore attendre quelques jours pour connaitre la tarification de cet ID. Tiguan – l’attente sera de très courte durée, puisque les commandes ouvrent le 13 octobre.
Tout juste connaît-on le premier prix : 43 990 euros, soit 1 990 euros de plus que l’ID.4. À ceci, il faudra évidemment retrancher le coup de pouce CEE, l’ID. Tiguan étant produit en Allemagne.
Quelle surprise que cet ID. Tiguan : difficile, pour ne pas dire impossible, de savoir qu’il s’agit d’un ID.4 rhabillé. Les équipes de design ont admirablement joué pour proposer un SUV électrique bien plus qualitatif et moderne que la version précédente.
L’habitacle, quant à lui, s’offre une cure de jouvence bien méritée, tout en capitalisant sur l’habitabilité de l’ID.4. Enfin, la fiche technique éprouvée permettra d’offrir des motorisations sobres et polyvalentes.
Bref, un quasi-carton plein, mais deux choses restent à déterminer. La première, c’est la conduite – rendez-vous début 2027 pour en avoir le cœur net. L’autre, c’est les prix de cet ID. Tiguan. L’ID.3 Neo et l’ID. Polo ont prouvé que Volkswagen pouvait se montrer gourmand sur les tarifs, obligeant la marque à proposer des rabais permanents pour se réaligner face à la concurrence.





