Les utilisateurs de chatbots IA leur confient des informations très personnelles, nous apprend une étude de Proton. Pourtant, ils restent nombreux à douter de la protection de leurs données. Problèmes d’argent, santé mentale ou relations amoureuses… les confidences vont parfois loin.
Les Chatbot IA joue aujourd’hui le rôle de confidents pour certains utilisateurs, même pour des situations personnelles dont on ne parle pas facilement avec des amis ou des proches.
Proton a interrogé 4 014 utilisateurs de chatbots IA en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Selon les résultats publiés sur son site, 66 % des répondants ont déjà abordé au moins un sujet sensible avec un assistant IA. Pourtant, moins d’un répondant sur cinq déclare avoir une grande confiance dans les entreprises qui proposent ces outils pour protéger ses informations privées.
Il n’est pas toujours facile de parler de ses difficultés à un proche. Avec un chatbot, on ouvre simplement une conversation et on pose sa question, sans avoir à expliquer pourquoi on souhaite aborder le sujet.
Les utilisateurs se confient volontiers sur leurs problèmes d’argent, de santé mentale ou encore leurs difficultés au travail. Les confidences concernent aussi très souvent les relations et les conflits au sein de la famille. Certains préfèrent en discuter avec un chatbot pour le côté pratique. Ils peuvent en plus aborder ces sujets sans craindre d’être jugés, mais il suffit parfois d’une question pour que la conversation se prolonge et que l’on en dise plus que prévu sur son quotidien.
C’est le cas par exemple lorsque vous demandez de l’aide pour gérer votre budget. Au fil des échanges, vous pouvez être amené à préciser les revenus du foyer ou encore à parler des difficultés dans votre couple, sans avoir prévu d’aborder ces sujets au départ.
Une conversation enregistrée sur ChatGPT ou Claude peut vous permettre de reprendre les échanges plus tard là où vous vous êtes arrêtés. Mais il faut aussi savoir à quoi servent les informations que vous y laissez.
Plus de 70 % des personnes interrogées se disent plus susceptibles d’utiliser un chatbot conçu autour de la confidentialité. Et 44 % seraient plus enclins à partager des informations sensibles si elles ne servaient pas à entraîner les modèles. Une garantie sur l’utilisation des conversations pourrait donc peser dans le choix d’un assistant.
Certains services sont davantage orientés vers la vie privée. C’est justement le positionnement de Lumo, l’assistant IA créé par Proton. L’entreprise indique que les conversations ne sont pas utilisées pour entraîner ses modèles et qu’elle ne conserve pas de journaux des échanges côté serveur. L’historique sauvegardé bénéficie par ailleurs d’un chiffrement « zéro accès », qui empêche Proton de lire les conversations stockées.






