© Les Numériques – L'écran NxtPaper du TCL P80 Ultra est passé sous nos sondes.
Après plusieurs générations cantonnées aux dalles LCD, la technologie NxtPaper passe à l'Oled. Présentée au MWC 2026, cette déclinaison trouve pour la première fois sa place dans un smartphone disponible dans le commerce avec le TCL P80 Ultra. L’idée reste la même : réduire les reflets et ménager les yeux, sans renoncer cette fois aux noirs profonds et au contraste de l’Oled. Et sur ce point, le résultat est loin d’être surestimé.
Le P80 Ultra dispose d'une dalle de 6,83 pouces affichant 2772 x 1280 pixels, soit 447 ppp, avec un taux de rafraîchissement maximal de 120 Hz. Pas de LTPO ici : TCL mise sur un rafraîchissement variable et non adaptatif. Le constructeur chinois promet aussi un pic lumineux à 3200 cd/m² et une couverture complète du DCI-P3.
Notre exemplaire de test tient presque cette promesse, puisqu'il grimpe à 3142 cd/m², un excellent niveau pour conserver une image lisible en extérieur. À l’autre extrême, la luminosité descend à 2,94 cd/m², de quoi éviter de se brûler la rétine au fond du lit.
Côté calibration, si le réglage par défaut en fait un peu trop, on s'attendait à pire. Nous relevons un Delta E de 3,88, au-dessus du seuil de 3 à partir duquel les écarts deviennent perceptibles à l'œil nu, ainsi qu’une température des couleurs un peu trop froide (7015 K). Un passage par les réglages change nettement la donne : en sélectionnant le mode Naturel, le Delta E tombe alors à 1,90 et la température atteint 6389 K, plus proche des 6500 K de la norme vidéo de référence.
De gauche à droite ; le Google Pixel 11, le TCL P80 Ultra et le Samsung Galaxy S26.© Les Numériques
De gauche à droite ; le Google Pixel 11, le TCL P80 Ultra et le Samsung Galaxy S26.
Le clou du spectacle reste toutefois le revêtement de l’écran. TCL applique une nano-gravure antireflet sous son verre Nano Crystal Shield, avec un rendu mat immédiatement perceptible. Sous le doigt, la sensation est douce, presque comme si un film protecteur avait déjà été posé. Ce n’est pourtant pas le cas, mieux vaut donc rester prudent face aux rayures.
Cette finition n’est pas qu’un effet de style. Notre mesure de réflectance s’établit à seulement 8,29 %, soit la plus faible valeur de notre comparatif. À titre de repère, nous avons relevé 44,62 % sur le Google Pixel 11, 44,68 % sur le Samsung Galaxy S26 et 35,30 % sur l’iPhone 18 Pro. L’écart est donc énorme : sous une lampe ou en plein jour, l’écran renvoie beaucoup moins l’environnement et reste nettement plus confortable à consulter.
La firme chinoise complète le dispositif par une polarisation circulaire pouvant atteindre 95 %, une réduction matérielle de la lumière bleue, ainsi que des modes Papier et Max Ink accessibles via la touche NxtPaper. Des fonctions déjà familières aux utilisateurs des tablettes de la marque, mais qui profitent ici enfin des qualités intrinsèques de l’Amoled.
Le pari est donc réussi : NxtPaper conserve son identité "papier", tout en se débarrassant du principal compromis de ses versions LCD. La luminosité mesurée reste en retrait de la promesse constructeur et l'affichage par défaut mérite une correction, mais avec une réflectance aussi basse, le TCL P80 Ultra signe surtout l’un des écrans de smartphone les plus atypiques — et les moins brillants — passés dans nos labos.
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