Les eSIM pour voyager gagnent en popularité depuis plusieurs années grâce à l’essor du tourisme international, la démocratisation de l’eSIM ainsi que le ras-le-bol des factures exorbitantes de hors-forfait. Parmi les fournisseurs les mieux installés sur ce marché, il y a Ubigi (à prononcer You-bi-dgi) dont les solutions de connectivité s’adressent aux voyageurs et aux professionnels, ainsi qu’aux conducteurs de véhicules connectés.
Aujourd’hui, Ubigi se présente comme un « pionnier et leader du marché de l’eSIM depuis 2017 ». Nous avons donc voulu nous assurer de la justesse de cette réputation en testant nous-mêmes ses services. Voici notre avis sur Ubigi.
Nous avons testé Ubigi avec une eSIM de 10 Go pour la France (8 euros pour 7 jours), installée sur un Samsung Galaxy S26, à Paris et en proche banlieue.
Ubigi est la marque d’eSIM de voyage de l’opérateur français Transatel, qui l’a lancée en 2017. Fondé en 2000, Transatel a longtemps été un MVNE, un intermédiaire technique qui vend aux MVNO des volumes de data achetés aux grands opérateurs, ainsi que l’accès à son cœur de réseau. Ubigi a d’abord été un moyen pour Transatel d’ouvrir ses offres au grand public et de toucher directement les clients finaux, mais pas encore via les eSIM pour voyager.
Les premières missions d’Ubigi étaient axées sur le secteur de l’IoT. La marque vendait des forfaits de data pour les ordinateurs portables Microsoft Surface, Asus ou encore Acer équipés d’une eSIM. Ubigi alimentait également les voitures connectées de constructeurs partenaires comme Jaguar et Land Rover avec le Wi-Fi de bord et l’accès aux services multimédias. Ces forfaits pour voitures connectées sont toujours disponibles à l’heure où sont écrites ces lignes.
Il faut attendre 2018-2019 et l’arrivée de l’eSIM sur les smartphones Apple et Android pour qu’Ubigi réoriente massivement ses activités vers les eSIM pour voyager. En février 2019, NTT Communications, filiale du géant japonais des télécoms NTT, prend le contrôle de Transatel, ce qui permet à Ubigi d’élargir son réseau, notamment en Asie. Ubigi intègre ensuite la 5G à ses offres, sans surcoût. Aujourd’hui, le service eSIM dessert plus de 200 destinations et revendique plusieurs millions de clients, particuliers et professionnels.
Pour une clientèle ni jeune ni technophile, installer, activer et utiliser une eSIM de voyage peut vite tourner au parcours du combattant. La simplicité et la transparence doivent donc être de mise.
Chez Ubigi, la souscription se fait directement sur l’application (disponible sur iOS et Android) ou sur le site web. Depuis ce dernier, un QR code est envoyé à l’adresse e-mail renseignée pour installer l’eSIM et activer le forfait. Mais sur l’application mobile, c’est encore plus simple.
Lors de notre test sur l’application Android d’Ubigi, installée sur un Samsung Galaxy S26, l’installation de l’eSIM a pris moins de cinq minutes. Il suffit d’indiquer l’appareil utilisé, de choisir son forfait et de payer. Ce sont là les seules étapes à réaliser soi-même : l’application vérifie seule si le smartphone est compatible avec une eSIM (mais pas s’il est simlocké). Après cette étape, l’eSIM Ubigi est installée, mais pas encore activée. Elle est en revanche réutilisable à vie : il suffira de la recharger avant le prochain voyage.
Un bon point à prendre en compte : l’eSIM ne s’active pas automatiquement dès l’achat, ce qui peut être le cas chez d’autres fournisseurs. Le décompte commence réellement lorsque l’eSIM se connecte à un réseau partenaire pris en charge par le forfait. On peut donc l’installer quelques jours avant le départ, en pensant à désactiver les données mobiles de sa SIM principale avant d’embarquer.
Notre parcours le montre : installer une eSIM Ubigi (ou la recharger, les étapes étant les mêmes) est à la portée de tous, novices compris. C’est encore plus simple et rapide que de prendre un forfait mobile chez un de nos opérateurs. Il suffit de s’inscrire et de souscrire. Le reste du processus (vérification de la compatibilité de l’appareil, activation de l’eSIM) est automatisé.
L’application mobile d’Ubigi est elle aussi accessible à tous, que ce soit pour jeter un œil à sa consommation de data, à la date de fin de son forfait ou recharger son eSIM. S’agissant de la recharge justement, elle peut se faire sans forfait-actif grâce au zero-rating : le trafic de l’application n’est pas-décompté. Il n’y a même pas besoin d’être connecté à un point Wi-Fi ou d’avoir encore des données mobiles sur son eSIM pour y remettre de la data.
Outre le suivi de consommation et les recharges, les utilisateurs d’Ubigi peuvent bénéficier d’une technologie baptisée Smart IP. Elle permet de choisir le routage de ses données mobiles et de basculer entre une IP locale et une IP de son pays de résidence. Cela permet d’accéder à des sites géobloqués localement, ou de se connecter à sa banque sans qu’elle soupçonne une activité suspecte à cause d’une IP étrangère.
Ubigi met en avant la qualité de son réseau, son principal argument face aux autres eSIM de voyage. Selon le Latency Report 2025 publié par Alertify, qui a mesuré la latence, la gigue et la perte de paquets de cinq eSIM (Ubigi, Airalo, Nomad, Airhub et GigSky) à Lisbonne, Bangkok, Tbilissi, Mexico et au Cap, Ubigi arrive en tête avec 35 ms de latence moyenne en Europe et 92 ms en Asie. Holafly et Saily ne faisaient pas partie du panel, et les liens vers Ubigi publiés dans ce comparatif sont des liens affiliés. Ubigi explique ce résultat par son infrastructure : au lieu d’acheter de la data en gros à des MVNA, la marque s’appuie directement sur celle de Transatel.
Le cœur de réseau de Transatel s’appuie sur des passerelles régionales (Packet Gateways ou P-GW) réparties sur le continent américain, en Europe et en Asie. Elles font sortir les données vers Internet au plus près de l’utilisateur, ce qui limite la dégradation de la latence et de la bande passante due à l’éloignement géographique. Transatel compte sept de ces passerelles et a annoncé en octobre 2025 en déployer quatre nouvelles en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique dans les douze mois suivants.
Ubigi revendique aussi des accords avec plus de 300 opérateurs mobiles dans le monde, en privilégiant les opérateurs majeurs ou en combinant plusieurs réseaux dans une même destination. Par exemple, l’eSIM Ubigi en France s’appuie sur les réseaux des quatre grands opérateurs, tandis qu’aux États-Unis, seul le réseau T-Mobile est disponible. S’agissant de la 5G, elle est compatible avec les eSIM Ubigi mais seulement dans une sélection restreinte de destinations et d’opérateurs disponible ici.
Pour le vérifier, nous avons mesuré les débits de l’eSIM Ubigi avec l’application nPerf, à Paris et en proche banlieue, en extérieur comme en intérieur, en parallèle d’une SIM Bouygues Telecom.
L’écart de performances entre la SIM Bouygues Telecom et l’eSIM Ubigi lors des tests en extérieur est incontestable au niveau des débits descendants. Il est en revanche minime sur les autres paramètres. Ubigi, même en 4G+, affiche une latence excellente et un débit montant proche de celui de Bouygues Telecom. En revanche, les performances d’Ubigi s’effondrent totalement lors des tests en intérieur, au point que les tests de streaming vidéo ne vont pas à leur terme.
Dans la pratique, ces débits limités peuvent être gênants car ils se traduisent par l’impossibilité de se livrer à certains usages comme le streaming ou le gaming. Quoi qu’il en soit, ces deux captures d’écran sur les performances d’Ubigi ne sont pas représentatives des capacités de l’eSIM. Les résultats d’un test de débit dépendent de plusieurs facteurs allant du réseau mobile au positionnement de l’antenne en passant par le nombre de smartphones qui y sont connectés, sans compter le modem du smartphone.
Cependant, comparé aux tests de débits menés en parallèle sur une SIM Bouygues Telecom, les résultats d’Ubigi ont été beaucoup plus irréguliers tout au long de notre test. Le score final pouvait autant être honorable que catastrophique, et nous avons eu le plus souvent des résultats dans la fourchette basse. Ces résultats ne contredisent pas vraiment le Latency Report, car les deux tests ne mesurent pas la même chose. Les mesures du rapport n’ont pas été faites en France, et portent sur la latence, la gigue et la perte de paquets, pas sur les débits. Sur la latence, nos résultats vont d’ailleurs dans le même sens.
Lors de ce test, nous avons dû composer avec un point de friction plutôt dérangeant. L’eSIM Ubigi ne s’est jamais connectée au réseau 5G durant notre test, en plein cœur de Paris comme en proche banlieue. Nous ne sommes pas allés au-delà de la 4G+. Sans compter que notre smartphone de test (Samsung Galaxy S26) s’obstinait à se connecter au réseau Bouygues Telecom alors que la carte Mon Réseau Mobile de l’Arcep nous indiquait que des sites Free, SFR et Orange étaient beaucoup plus proches.
Sur le papier, Ubigi est bien compatible avec la 5G dans plus de 60 destinations, dont la France. Sur la page d’achat, il est même indiqué que l’eSIM prend en charge la 5G des quatre opérateurs :
En revanche, selon une autre page du site du fournisseur, seule la 5G des réseaux Orange et Free Mobile est prise en charge. Contacté sur ce point, le service client a fini par nous dire qu’Orange est l’unique partenaire 5G d’Ubigi pour la France. Cela n’explique toujours pas pourquoi l’eSIM ne s’est jamais connectée au réseau 5G, alors que des sites 5G, ce n’est pas ce qui manque dans Paris. Pourtant, l’eSIM est paramétrée pour sélectionner automatiquement le meilleur réseau mobile disponible.
Au cas où le problème viendrait du smartphone qui forcerait l’eSIM à se connecter sur le réseau Bouygues étant donné que la SIM principale est également sur ce réseau, nous avons fait une dernière série de tests de débits avec une SIM principale Orange. Sans grand changement :
Enfin, les propriétaires de Google Pixel doivent aussi faire une croix sur la 5G. La FAQ d’Ubigi indique qu’elle n’est pas prise en charge sur ces smartphones en raison de paramètres spécifiques : ils restent donc limités à la 3G et à la 4G avec l’eSIM Ubigi.
En plus de la France, nous avons également testé l’eSIM Ubigi en Chine en même temps que plusieurs autres fournisseurs dont Saily, Holafly et Airalo. Dans cette destination, les eSIM Ubigi sont compatibles avec le réseau 4G et 5G de China Telecom, un des trois opérateurs nationaux aux côtés de China Mobile et China Unicom. Voici quelques tests de débit menés sur place :
Globalement, Ubigi s’est montré plus régulier en Chine qu’en France avec souvent de meilleurs débits mais aussi une latence plus élevée. Les tests de navigation démontrent des ralentissements, en revanche, les débits élevés permettent de mener à leur terme les tests de streaming vidéo.
Autre point à souligner : Ubigi semble là aussi avoir du mal à se connecter à la 5G alors que la couverture est censée être excellente dans les grandes métropoles chinoises, y compris en intérieur et dans les métros.






