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Test Nothing Headphone (1) Pro : de l’audace, de l’impertinence et la qualité pour l’assumer

Un an après avoir secoué le monde des casques audio milieu de gamme avec son Headphone (1), Nothing revient avec une version améliorée. Simplement affublée du suffixe « Pro », cette dernière n’a qu’une seule ambition : déloger les JBL, Bose et Sony de leur podium. Tout simplement. Pari réussi ? Réponse dans ce test.

Il est étonnant de se rappeler que la marque Nothing ne va fête, le 29 octobre prochain, que sa sixième année d’existence. En six ans, la marque a réussi à marquer le marché de la tech comme peu d’autres avant elle. Que ce soit par le design, les qualités techniques, les fonctionnalités inédites (pas toujours très heureuses), l’utilisation des réseaux sociaux et du marketing viral, sans oublier le positionnement tarifaire, Nothing représente le renouveau.

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Nous avons tendance à l’oublier, mais son premier combat n’était pas en téléphonie. C’était en audio, avec ses premiers écouteurs : les Nothing Ear (1). Complets, pas chers et surtout très beaux, ces écouteurs ont fait le buzz. Mais une entreprise aussi jeune peut-elle vraiment bousculer les grandes marques historiques dans des segments tels que l’audio ? Des marques telles que Sony, Bose, Sennheiser, Marshall, Bowers & Wilkins, JBL et même Apple ?

En 2025, en lançant le Headphone (1), Nothing a prouvé qu’il n’était pas nécessaire d’avoir 80 ans d’expérience pour faire un produit qui répond à une demande. Moins de 300 euros. Un design remarquable. D’excellentes qualités audio. Et une bonne réduction de bruit. Il n’en fallait pas plus. Un an plus tard, Nothing veut raffermir sa légitimité sur l’audio avec un casque plus haut de gamme encore. Voici le Headphone (1) Pro que nous avons eu la chance de tester.

Le prix public conseillé du Headphone (1) Pro s’élève à 349 euros. C’est 50 euros de plus que le Headphone (1) à son lancement. Ce dernier a depuis baissé de prix : il est proposé à 249 euros. Même ce nouvel écart de prix est largement justifié par l’ensemble des améliorations apportées à ce modèle Pro et que nous verrons tout au long du test. Le Headphone (1) reste un excellent plan pour ceux qui cherchent un casque autour de 200 euros.

La concurrence du Headphone (1) Pro est constituée de tous les casques haut de gamme du marché. Tout simplement. Le Tour One M3 chez JBL. Le XM6 chez Sony. Le Momentum 5 chez Sennheiser. Le QuietComfort 2nd Gen chez Bose. Le Monitor III ANC chez Marshall. Le Px7 S3 chez Bowers & Wilkins. Nous ajoutons même à cette liste l’exubérant et prohibitif AirPods Max 2 d’Apple. Hormis ce dernier, cette concurrence se positionne entre 300 et 400 euros.

Le Headphone (1) Pro est disponible à partir du 29 septembre 2026 en France. Vous le retrouvez chez les grands distributeurs tech (Fnac, Darty, Boulanger, Son-Video, LDLC, Amazon) et sur le site officiel de la marque. Le casque se décline en deux coloris : noir ou blanc. Nous avons l’exemplaire noir, un peu plus classe selon nous.

Dans la boite, le casque est accompagné de son étui de rangement, sur lequel nous reviendrons, et deux câbles. Un premier USB-C vers USB-C pour recharger le casque ou le brancher en USB à une source audio. Et un second jack vers jack pour le brancher à un appareil audio analogique. Remarquez comme ce dernier est coudé : c’est vraiment pratique.

Démarrons ce test par le design. Le Headphone (1) Pro reprend le langage design du Headphone (1). Les écouteurs sont carrés. Le coussinet est large et arrondi. La construction est également la même, avec un arceau où se trouve un coussin en silicone (ici un peu plus large et plus facile à enlever et remplacer), deux pièces en polycarbonate pour ajuster le casque, et des attaches articulées qui permettent de tourner les écouteurs. Comme pour le Headphone (1), ce casque ne peut pas se plier. Il se range à plat pour prendre le moins de place possible dans un sac.

Nothing reprend aussi son idée originelle : il est possible de voir à l’intérieur du produit. En comparaison du Headphone (1), la transparence permet de voir le haut-parleur principal. Nothing en profite pour changer légèrement l’acoustique du haut-parleur en utilisant de la fibre de verre Panda Glass au lieu d’un polycarbonate transparent. Ce n’est pas le seul matériau à avoir été modifié. Les coussinets intègrent du silicone pour le confort. L’intérieur des écouteurs est tapissé de nylon, plus résistant et plus doux.

L’arceau est légèrement plus épais et son cœur est en titane. Plus léger, il est aussi plus souple tout en étant très résistant. Nothing promet que la pression sur la tête, un peu forte avec le Headphone (1), a été allégée. Elle a certainement été revue. Et sur des périodes de une heure à deux heures, le casque se laisse oublier. Et ce même si le poids continue d’être un sujet : 327 grammes. Il a légèrement baissé depuis le Headphone (1)… de 2 grammes. La certification IP52 (protection contre la poussière et les projections d’eau) est toujours de mise.

Nothing repositionne les boutons matériels aux mêmes endroits. Le bouton de mise en marche sur la tranche inférieure de l’écouteur, à côté du port USB, de la LED de notification et du port jack 3,5 mm. Le « paddle » et le « roller » sont de retour sur la tranche arrière : ils servent toujours à contrôler la musique et la réduction de bruit active. Le bouton multifonctions, personnalisable, est toujours placé sur la face externe de l’écouteur droit. Et le bouton d’appairage Bluetooth se situe toujours sur la face intérieure du même écouteur.

Comme pour les matériaux, il y a quelques changements à noter. Le premier est l’apparition d’un nouveau bouton appelé « Flat ». Celui-ci permet d’activer un profil audio spécifique. Nous y reviendrons. Ensuite, les micros, disséminés partout, sont plus nombreux. Et certains ont été déplacés pour être moins sensibles au vent ou mieux positionnés pour capter la voix.

Dernier détail ergonomique : l’étui de rangement, dont la philosophie est assez proche de l’étui qu’Apple vend pour les AirPods Max. Il s’agit d’un boitier en polycarbonate à l’extérieur et en silicone à l’intérieur. Il protège entièrement les deux écouteurs. Mais il laisse l’arceau dépasser. Nothing joue avec cette coque pour en faire un accessoire « mode ». La marque vend des lanières pour porter le casque en bandoulière comme si c’était un sac à main. Ça ne plaira pas à tout le monde. Mais c’est original.

Entrons maintenant dans le vif du sujet et mettons le casque sur les oreilles. Le Headphone (1) Pro marque sa différence avec le Headphone (1) par sa configuration audio. À l’intérieur de chaque écouteur, vous retrouvez trois transducteurs différents positionnés en U. À la base du U, vous retrouvez l’élément le plus important : un haut-parleur de 40 mm composé d’un dôme souple en plastique PET et en métal-céramique et d’une suspension en thermoplastique PEEK.

L’un des côtés du U est un driver de précision mesurant 13 x 8 mm. Dédié aux médiums et surtout aux voix, il intègre un diaphragme en plastique PEN très léger et résistant aux déformations pour réduire les sibilances. L’autre côté du U est un tweeter « xMEMS » qui va prendre en charge les hauts médiums et les aigus. Sa membrane n’est pas en plastique, mais en silicium.

À l’arrière de cet ensemble, nous retrouvons la plaque de fibre de verre évoquée précédemment. Elle va renvoyer les basses vers l’intérieur et apporter de la rondeur à l’ensemble. Chaque transducteur a une plage dynamique qui se superpose avec celle des autres. Ainsi, les trois éléments travaillent ensemble et il n’y a aucun trou sonore. Nothing promet d’ailleurs avec ce casque une couverture de 20 Hz à 40 kHz.

Et c’est effectivement le cas : le Headphone (1) Pro profite d’une scène sonore très ample, même si elle perd en précision dans les extrêmes. Des basses un peu granuleuses sous la barre des 30 Hz et des aigus très faibles au-dessus des 15 kHz. Mais entre les deux, l’expérience est premium. Il y a une grande finesse sur l’ensemble des fréquences. Les consonnes ne crissent pas. Les cymbales ne scintillent pas. Attention cependant à quelques petites distorsions quand l’ANC est activée.

Avec son profil par défaut « équilibré », le casque est démonstratif. Il veut montrer qu’il en a sous le coude. Il enveloppe l’utilisateur et exagère la mise en avant de certains éléments, avec parfois l’impression d’une optimisation par désassemblage. Si vous souhaitez une expérience épurée, il y a le mode Flat vu précédemment. Développé avec le studio musical Metropolis, il se veut être l’équivalent pour la musique du mode créateur que vous retrouvez dans les télévisions. Et l’effet est radical : plus d’exagération, un meilleur équilibre et surtout un son plus naturel.

Le mode Flat n’a pas que des avantages. Pour garantir une qualité audio optimale, il désactive l’égaliseur et le mode transparence de l’ANC. Pour les audiophiles confirmés, le Headphone (1) Pro dispose comme toujours d’un égaliseur complet et particulièrement adaptable, accessible depuis l’application Nothing X. Cet égaliseur offre la possibilité de régler certaines bandes de fréquence sur le transducteur principal et le driver de précision. Il va même un peu plus loin en laissant l’utilisateur choisir le facteur Q de la bande de fréquence sur lequel il souhaite agir.

Que ceux qui n’y connaissent rien ne soient pas effrayés par la profondeur. L’égaliseur comprend des profils explicites, eux aussi créés avec les Britanniques de Metropolis, ainsi qu’une « boutique » pour importer des réglages créés par d’autres utilisateurs. En outre, le mode Flat peut convenir à tous. À cela s’ajoute aussi l’égalisation personnalisée. En quelques minutes, l’application va créer un profil adapté à chacun.

Les codes compatibles avec le Headphone (1) Pro sont les mêmes que précédemment. Nous retrouvons le SBC et l’AAC, sans oublier le LC3 qui accompagne la norme LE Audio. Nous retrouvons aussi le format LDAC, déjà présent dans le Headphone (1). Le casque est certifié HiRes Audio et HiRes Audio Wireless : les mélomanes sont vraiment choyés ici.

Le Headphone (1) Pro prend aussi en charge l’audio spatial avec plusieurs profils (du petit studio d’enregistrement à une salle de concert). L’effet est globalement bon, mais tous les profils ne conviennent pas à tous les genres. Si vous aimez les basses, choisissez le premier profil « salle de concert », donnant l’impression que vous êtes dans la fosse, les amplis directement en face de vous. Si vous voulez profiter davantage des voix, le second profil « salle de concert » est plus approprié.

Autre sujet important des Headphone (1) Pro, la réduction de bruit active. Elle est bien évidemment de retour, renforcée par de nouveaux micros (qui passent de 6 à 10) et accompagnée d’une isolation phonique améliorée grâce aux nouveaux coussinets. Selon Nothing, le casque peut annuler jusqu’à 46 décibels, contre 42 décibels pour le Headphone (1). L’amélioration est donc significative. Et le rendu est à la hauteur de la promesse avec une ANC très efficace. Le casque laisse encore passer quelques fréquences, notamment les voix qui sont difficiles à éliminer totalement. Elles sont atténuées, mais toujours présentes en arrière-plan. Certains aigus persistent encore, mais le gain est considérable.

Le mode transparence est également amélioré cette année. Un peu artificielles avec le Headphone (1), les voix gagnent en naturel et en précision. Et le mode adaptatif gagne en réactivité, sans violent changement de pression quand un bruit survient. Dans les transports, le mode adaptatif reste moins pertinent qu’une annulation constante.

Avec le Headphone (1) Pro, Nothing n’a pas qu’ajouté des micros. La marque a également modifié l’emplacement de ceux qui existaient déjà pour optimiser la captation de la voix et réduire le bruit du vent. L’amélioration est sensible sur la captation de la voix. Le vent n’a pas été supprimé, mais il est nettement moins présent. En revanche, les appels restent un problème pour le Headphone (1) Pro. En effet, le volume sonore des appels est faible, aussi bien pour l’utilisateur que son correspondant.

Le casque prend en charge la version 6.1 du protocole Bluetooth. Outre LE Audio et le codec LC3, celle-ci intègre Auracast pour se connecter à une source audio avec plusieurs appareils compatibles. Il faut passer par Nothing X pour rejoindre un flux Auracast. Mais il est également possible d’initier un flux à partir de l’application pour partager son flux audio.

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