Face à l'explosion du démarchage abusif et des fraudes téléphoniques, Bouygues Telecom riposte avec "Anti-Spam". Intégrée nativement au réseau mobile de l'opérateur grâce à l'IA de Hiya, cette nouvelle option payante promet de sécuriser les terminaux professionnels sans la moindre configuration.
Jusqu'à présent, pour protéger les collaborateurs contre l'ingénierie sociale ou le démarchage intempestif, les DSI devaient souvent déployer des applications tierces via leur MDM (Mobile Device Management). Avec le lancement de sa solution Anti-Spam, Bouygues Telecom déplace la barrière de sécurité directement dans son infrastructure 4G/5G.
Pour y parvenir, l'opérateur français s'est adossé à Hiya, un spécialiste de la détection comportementale assistée par l'intelligence artificielle. Le système analyse en temps réel les métadonnées de l'appelant (date de création du numéro, volume d'appels émis, durée moyenne) en s'appuyant sur une base mondiale brassant plus de 28 milliards d'événements mensuels.
L'option sera facturée 1 euro par mois et par ligne pour les clients B2B à compter du 12 octobre 2026 (contre 2 euros pour le grand public).
« Il s’agit d’une étape clé de notre feuille de route stratégique, centrée sur l’innovation au service du client et fondée sur l’intégration de l’intelligence artificielle directement au cœur de notre réseau », indique Bruno Duarte, DGA de Bouygues Telecom.
Le filtrage réseau de Bouygues Telecom arrive à point nommé face à l'industrialisation de la fraude. Au-delà du simple démarchage, les flottes mobiles d'entreprises sont la cible d'opérations de cybercriminalité plus insidieuses, souvent introduites par de simples "appels silencieux".
Ces appels, émis par des systèmes de numérotation prédictive, cherchent uniquement à confirmer qu'une ligne est active et rattachée à un humain avant de lancer des attaques plus sophistiquées (phishing ciblé, fraude au président, SIM swapping).
« Dans de nombreux cas, il s'agit d'opérations de reconnaissance automatisées. Les opérations frauduleuses sont menées à l'échelle industrielle, et avant d'investir des ressources humaines dans une cible, elles vérifient que le numéro est actif et qu'il est répondu par une personne réelle », indique sur ce sujet Shane Barney, de Keeper Security.
Malgré l'efficacité des filtres opérateurs, les experts en cybersécurité recommandent donc aux collaborateurs de maintenir une hygiène numérique forte face aux appels suspects :
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