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Tous les ans, EA Sports sort une nouvelle édition de son jeu de simulation de football. La saga FIFA, aujourd’hui renommée EA Sports FC pour une question de droits, a perdu de sa superbe avec les années mais se vend toujours aussi bien. La triste réalité avec FIFA est la même depuis toujours : les joueurs sont nombreux à détester le jeu et à pester contre ses bugs et ses fausses nouveautés, mais la plupart d’entre eux sont accros, ont envie d’avoir des équipes à jour et repassent à la caisse tous les ans sans broncher. Et je suis d’autant mieux placé pour l’écrire que, comme avec FC 25, j’ai dépassé les 200 heures de jeu avec FC 26, qui est mon anti-ennui préféré.
Après une dizaine d’heures de FC 27 sur PS5, je suis une nouvelle fois en colère contre EA Sports. Le mode carrière est ma seule bonne surprise de l’année, le reste est soit identique, soit complètement à côté de la plaque. Je précise que je ne joue pas au mode FUT : j’ai toujours eu du mal avec le système de loterie imaginé par EA Sports. Ce test n’abordera pas ce mode.
L’histoire retiendra qu’EA Sports, qui ne souffre vraisemblablement pas du syndrome de l’imposteur, a attendu l’année de sortie de GTA 6 pour ajouter un open world à son jeu de football. Un open world que personne n’a jamais demandé.
The Grounds est pourtant la grande nouveauté de FC 27 : EA Sports a conçu un monde ouvert en ligne découpé en trois quartiers. Mais ne vous attendez pas à une zone d’exploration susceptible de redéfinir totalement le jeu de football : The Grounds se traverse en approximativement deux minutes, n’a quasiment aucun fil narratif et est inaccessible dans sa grande majorité : des portails ou des portes bloquent les décors de l’open world.
Dans The Grounds, on incarne un joueur virtuel. EA Sports étant malin, son but est de pousser à l’achat de crédits pour améliorer sa note, acheter des vêtements virtuels et personnaliser au maximum l’expérience. C’est déjà un premier red flag.
J’imaginais initialement que The Grounds serait une sorte de menu interactif où l’on pourrait se balader seul ou à plusieurs pour lancer des mini-jeux. La réalité est qu’il s’agit d’un monde ouvert très laid, bugué, souvent vide et qu’il n’y a rien à faire à part consommer et attendre que quelqu’un veuille jouer avec nous. On peut aussi tirer sur des cibles flottantes… qui ne rapportent rien.
Pour rendre son open world intéressant, EA Sports a imaginé plusieurs mini-jeux exclusifs. Il y a par exemple du foot-basket (oui), des matchs en 1v1, en 2v2 ou en 3v3 façon Volta. Mais le plus étonnant est la manière d’y accéder : il faut marcher jusqu’à un terrain et… faire la queue. Oui, vous avez bien lu, EA Sports invente une file d’attente physique pour un jeu en ligne. On doit attendre que le terrain se libère et regarder le match des autres en attendant son tour, comme si les serveurs ne pouvaient pas accueillir tout le monde en même temps. On peut aussi se téléporter devant les stades, ce qui revient à utiliser des menus : pourquoi faire un open world dans ce cas ?
Autre chose qui m’énerve : les nouveaux modes sont réservés à The Grounds et ne sont pas disponibles en Coup d’envoi. C’est dommage, entre les attentes quand il y a du monde ou quand il n’y a personne de disponible, je risque de ne jamais y jouer. J’aurais aimé pouvoir améliorer mon 1v1 face à une IA.
Dernière chose sur The Grounds : Kylian Mbappé, Paulo Dybala et Chloe Kelly y jouent les narrateurs en anglais et Alex Hunter fait son grand retour. Dommage ne pas proposer de VF ou de ne pas aller plus loin avec un mode histoire… Je pourrais presque croire que le vrai but de The Grounds est de vendre des t-shirts.
À chaque sortie d’une nouvelle édition de FIFA, EA Sports ralentit le gameplay au nom du réalisme (l’éditeur propose même de choisir entre compétitif et réaliste depuis l’année dernière). Généralement, EA Sports finit par revenir en arrière pour répondre aux critiques. Il faut dire que le réalisme du football rend parfois les matchs très monotones, avec des 0-0 incontournables si les deux joueurs (ou l’IA) défendent correctement.
Avec FC 27, EA Sports promet une nouvelle défense moins automatisée et un jeu plus proche du vrai football. J’ai beaucoup de mal à partager l’enthousiasme de certains testeurs : le jeu m’a semblé d’une lenteur phénoménale après 12 mois de FC 26. J’ajoute que les joueurs oublient de se projeter, que de nombreuses passes finissent en touche et que, pour une raison obscure, l’arbitre a tendance à siffler des fautes totalement imaginaires au moindre contact (sur mon premier match, j’ai provoqué cinq pénaltys totalement imaginaires à cause d’un bug, puis je n’en ai plus provoqué un seul sur les matchs suivants). Le nouveau système de corner a aussi tendance à casser le rythme : il m’est arrivé d’avoir envie de rage-quitter pour aller dormir.
Une nouvelle fois, les rares changements visibles sont cosmétiques. Des losanges remplacent des carrés, un indicateur autrefois rouge devient bleu, l’écran de composition d’équipe semble avoir droit à un nouveau skin qui a pour but de cacher que rien n’a changé… Même les commentaires sont quasiment identiques : je n’ai relevé que deux nouvelles phrases en 10 heures, dont une sur le Ballon d’or d’Ousmane Dembélé répétée à chaque match du PSG jusqu’à l’overdose.
J’ajoute une dernière frustration qui ne manquera pas d’agacer les adeptes du mode Saisons comme moi : le Real Madrid, et plus spécialement Kylian Mbappé, égérie du jeu, sont cheatés. L’auto-proclamé meilleur joueur du monde peut traverser le terrain tout seul, résister aux dribbles, tirer de loin et renverser un match à lui tout seul. Une nouvelle fois, comment peut-on ralentir un jeu pour le rendre plus réaliste tout en proposant quelques super-joueurs qui vont plus vite que tous les autres ?
Ce qui sauve FC 27 est son mode carrière modernisé. EA Sports revoit complètement le système de transfert : les scènes gênantes où l’on négociait l’achat d’un joueur autour d’un thé avec des personnages muets ont enfin disparu. Tout passe désormais par une interface de téléphone, plus claire et plus moderne.
Autre bonne nouvelle : pour une fois, EA Sports ne se contente pas de changements visuels. Les contrats proposent enfin des bonus liés au Ballon d’or, à une qualification ou à une victoire en Ligue des champions, ainsi que des paiements échelonnés. Les prix deviennent aussi réalistes : dans FC 26, je me souviens avoir acheté Lamine Yamal pour 150 millions d’euros… puis l’avoir revendu six mois plus tard pour 500 millions. EA Sports s’appuie désormais sur un partenariat avec TransferRoom pour calculer les vraies valeurs des joueurs et ne plus raconter n’importe quoi. Les conférences de presse sont aussi meilleures : EA Sports s’est débarrassé des cinématiques cringe qui rendaient le mode carrière ridicule.
Reste une crainte : ces nouveautés n’ont pas d’impact sur le mode carrière en lui-même. Les préparations d’avant-saison, les entraînements, les messages des joueurs, les décisions stupides du conseil d’administration et les investissements annexes (comme investir dans de l’immobilier) n’ont pas bougé : je ne suis pas sûr de plus m’amuser que l’année dernière une fois quelques saisons disputées.
Toujours dans le côté positif, les équipes arcade, comme les XI de légende, sont un peu plus nombreuses dans FC 27. Je suis content de voir EA Sports penser aux joueurs occasionnels qui veulent juste s’amuser 10 minutes en soirée.
Enfin, j’ai envie de parler des bugs. Cette année, EA Sports s’est surpassé. En plus de ne pas corriger les anciens (certains sont présents depuis 3-4 ans, respect), FC 27 en introduit des nouveaux. J’en ai noté quelques-uns pendant mon week-end de test :
La bonne nouvelle est que je ne suis pas le seul à être agacé : après des premiers retours positifs, FC 27 a vu sa note tomber à « Mitigé » sur Steam, sous une vague d’avis négatifs qui dénoncent les bugs et l’absence de vrais changements. Bref, EA Sports, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas envie de jouer à FC 27 quand j’ai 30 minutes à tuer.
EA Sports FC 27 est disponible depuis le 25 septembre 2026 sur PS5, PS4, Xbox Series X|S, Xbox One, PC, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2. Son prix varie selon la plateforme entre 69,99 euros (PC et Nintendo) et 79,99 euros (PS5 et Xbox) en édition standard.
EA propose aussi FC 27 Lite, une version gratuite et limitée, pour se faire une idée avant d’acheter. On vous conseille d’attendre quelques semaines : les prix tombent très vite pour les nouveaux FIFA :
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