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J’ai conduit la Peugeot e-208 GTi sous la pluie : enfin une voiture électrique Stellantis qui impressionne

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Peugeot vient de ressusciter le badge le plus mythique de son histoire avec la e-208 GTi. Trois lettres qui ont fait vibrer toute une génération d’automobilistes. Sauf que cette fois, il n’y a plus de moteur essence sous le capot. La première Peugeot GTi depuis des années est une voiture électrique.

Je sais ce que certains vont dire : sacrilège. Une GTI électrique, ce serait une contradiction dans les termes puisque cela signifie Grand Tourisme Injection. Difficile de trouver de l’injection sur un moteur électrique.

Sauf que Peugeot n’a pas fait les choses à moitié : 281 ch, et surtout un différentiel autobloquant mécanique. Du vrai matériel, qui va plus loin qu’une simple optimisation logicielle d’une voiture déjà existante.

Je l’ai conduite pendant quelques heures autour de Glasgow et du lac Achray, en Écosse, sur des départementales, des routes communales étroites et des petites routes bosselées. Avec deux contraintes à garder en tête pour la suite : on roule à gauche, et la chaussée était mouillée, voire franchement détrempée, une bonne partie de la journée.

Pas idéal pour aller chercher les limites d’une sportive. Mais c’est justement un excellent révélateur de la motricité d’une traction de 281 ch.

Avant d’aller plus loin dans l’essai, sachez que nous avons déjà testé la Peugeot e-208 classique. Donc nous n’allons pas forcément entrer ici dans tous les détails de la voiture, vous pouvez donc vous référez à notre essai plus « civilisé » pour certains détails.

Pour comprendre l’enjeu, il faut remonter aux années 80. Peugeot sort alors la 205 GTI, puis la 309 GTI : des petites bombes légères, joueuses et énergiques, qui ont rendu la sportivité accessible au plus grand nombre. Ces voitures sont devenues un symbole, un morceau du patrimoine automobile français.

Puis les normes environnementales sont passées par là, et Peugeot a rangé le badge au placard. Exit la 208 GTi thermique, exit la 308 GTi.

En collant ces trois lettres sacrées sur une électrique, Peugeot joue donc avec le feu : s’il trahit le mythe, il fâche toute une communauté de passionnés. Mais il y avait aussi une logique : toutes les citadines Peugeot ont eu leur version sportive depuis la 104 en 1974, soit plus de cinquante ans de tradition.

Laisser la 208 de deuxième génération sans déclinaison sportive, alors que son style est déjà agressif, laissait un goût d’inachevé. Risqué, oui, mais presque une obligation.

Chez Peugeot, on l’assume d’ailleurs clairement : la 208 GTi doit servir l’image de la marque bien plus que ses volumes. Son directeur général, Alain Favey, explique qu’elle doit aider à relancer une marque qui en a besoin, et que son succès se mesurera davantage à l’image qu’elle dégagera qu’aux ventes. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne doivent en représenter 80 %.

Visuellement, le pari est réussi. J’aime déjà beaucoup la 208 de série, et cette version GTi ajoute la petite touche d’agressivité qui lui manquait.

La calandre passe au noir avec de petites touches rouges. Le logo Peugeot est cerclé de rouge, sur la calandre comme au centre des roues. De profil, les ailes sont élargies et soulignées d’un liseré rouge. Et ce n’est pas que cosmétique : les voies sont élargies de 56 mm à l’avant et de 28 mm à l’arrière, ce qui est une très bonne nouvelle pour la tenue de route.

Les jantes de 18 pouces « Belchamp », diamantées bi-ton, arrivent à fleur d’ailes, et leur dessin ne cache pas sa filiation avec celles de la 205 GTI.

À l’arrière, on trouve un becquet noir brillant à face interne rouge et un nouveau diffuseur qui ajoute pas mal de sportivité. Mon détail préféré : le logo « 208 GTi » posé sur le montant arrière (la custode), exactement comme sur les 205 GTI d’antan.

Le résultat est agressif, comme on l’attend d’une GTI, sans être exubérant. En ville, tout le monde ne va pas se retourner sur votre passage. À prendre ou à laisser selon que vous aimez être vu ou non. Personnellement, j’apprécie ce côté sleeper : de l’extérieur, rien n’indique vraiment que la voiture développe 281 ch… jusqu’au moment où elle vous dépose au feu rouge.

Côté teintes, sept couleurs sont proposées, toutes avec toit noir. Le blanc Okénite est le seul gratuit, et c’est celui que j’aime le moins : il donne un petit air de « voiture d’artisan sportive ». Rien de péjoratif, mais ce n’est pas mon goût. Les gris, le noir, le jaune (vert) et le bleu sont facturés 900 €, et le rouge Elixir, spécifique, 1 100 €. Il est très, très beau. Mon modèle d’essai était en Gris Selenium, un gris métallisé qui lui va très bien.

Si vous connaissez l’habitacle d’une 208, vous ne serez pas dépaysé. Mais Peugeot a semé des touches GTi un peu partout : volant en cuir perforé et Alcantara, surpiqûres rouges sur la planche de bord, l’accoudoir central et les portes, pédalier en aluminium, ceintures de sécurité rouges.

Il y a aussi le vrai clin d’œil patrimonial : la moquette rouge. Très, très rouge. C’est magnifique (même si j’ai réussi à la salir en quelques minutes avec mes chaussures sous la pluie d’Écosse).

Les sièges sport sont spécifiques, avec appui-tête intégré. On est entre le semi-baquet et le baquet : très bien maintenu dans les virages, sans être le genre de siège dont on veut s’extraire au bout de 200 km. La sellerie mélange Alcantara, une bande centrale rouge et une maille tressée qui reprend l’esprit des tissus de 205 GTI, revu à la sauce moderne : ce n’est pas exactement le même motif.

Les compteurs numériques ont été retravaillés, avec un graphisme rouge sur fond noir, l’inscription 208 GTi et des pages de télémétrie dédiées (puissance, température de batterie, etc.). C’est spécifique et soigné.

Mais c’est ce que je reproche plus globalement à Peugeot et à Stellantis : l’interface fait un peu datée face à certains constructeurs chinois ou à Tesla. Les menus sont simples. Quand on est geek, on reste un peu sur sa faim ; quand on veut juste une voiture qui fonctionne, pas d’inquiétude. Le système multimédia, lui, se montre parfois un peu lent à réagir.

Là où je dois pointer un vrai problème, c’est le petit volant Peugeot. Il a une forme particulière, presque trapézoïdale, et il est positionné très bas. En conduite sportive, quand on veut le volant bien face au torse, il peut carrément masquer les compteurs.

Le défaut vient de l’i-Cockpit, commun aux autres Peugeot, et il est d’autant plus frustrant ici que les compteurs ont justement été dessinés spécialement pour cette version. On finit par trouver un compromis en réglant volant et siège… manuellement. Sur une voiture à ce prix, j’aurais aimé des réglages électriques.

J’aime les matériaux ajoutés : l’Alcantara, les surpiqûres, l’univers rouge qui donne du cachet. Mais il reste pas mal de plastiques durs, y compris en partie haute, qui rappellent que la base est une citadine vendue sous les 30 000 €.

Les éléments cosmétiques ajoutés ne font pas passer la voiture dans une autre dimension. Ça fait le travail, sans plus. Les sièges, en revanche, sont très qualitatifs, au toucher comme à l’œil.

Pas de surprise, c’est une 208 : même place à l’arrière, même coffre de 309 litres. Ce n’est pas la référence de la catégorie, d’autres font mieux, mais ce n’est pas ridicule.

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