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Caviar d’aubergines et houmous. En ces temps de grosses chaleurs sur Terre, voilà de quoi se régaler sans trop de risque. Eh bien, c’est le menu concocté dans l’espace par Sophie Adenot. Le Cnes (Centre national d’études spatiales) raconte le 17 juillet 2026 comment l’astronaute française s’est mise à la préparation de bons petits plats grâce à un nouvel outil : Food Processor.
À première vue, l’appareil ressemble vaguement à un robot de cuisine tout ce qu’il y a de plus classique. Un bol pour mettre les aliments, quelques boutons, et ce qui ressemble à un moteur. Mais Food Processor est en réalité un peu plus que cela.
L’enjeu est de concevoir un outil qui puisse être utilisé pour cuisiner lors de missions de longue durée, et ce avec des ingrédients qui pousseront directement dans l’ISS. Car s’il est assez facile de concevoir des aliments avec suffisamment de protéines pour tenir des mois, il faut aussi prendre en compte une contrainte : bien manger, c’est important.
Et pas seulement pour se nourrir, mais également pour le moral. Lorsque des astronautes se retrouvent à des centaines de milliers de kilomètres de chez eux, enfermés à plusieurs dans un espace extrêmement limité, et avec une notion très distante de ce qu’est l’intimité, il est important qu’ils puissent au moins se régaler avec des plats suffisamment variés pour ne pas trop s’ennuyer.
C’est là qu’intervient Food Processor. Il avait déjà été testé en 2023 par le Danois Andreas Mogensen, afin de réaliser une bonne mousse au chocolat. Ici, les recettes de Sophie Adenot se concentrent sur des ingrédients qui pourraient être produits directement dans l’espace. On retrouve donc de l’aubergine, des herbes aromatiques, et des pois chiches, ainsi qu’un peu de pâte de cacahuète.
Conçu en collaboration avec Jean Hénaff, le groupe Andros (oui, ceux de « ça, c’est fort de fruit »), et l’agence Inneolab, cet engin a été d’abord testé lors d’une série de vols paraboliques en 0 g afin de s’assurer qu’il puisse fonctionner en apesanteur.
L’enjeu était notamment de faire en sorte que le bol soit bien hermétique, afin que les ingrédients puissent être mélangés à l’intérieur sans qu’ils se retrouvent à voler partout. Autant dire que les tests sur la mousse au chocolat étaient particulièrement… disons, graphiques, en vols 0 g.
Dans un robot classique, l’hélice qui mixe les ingrédients a tendance à les faire monter, sauf qu’ils retombent avec la gravité. Dans l’espace, cette règle ne s’applique pas et il a fallu imaginer une autre manière d’utiliser cette technologie.
Vient ensuite le moment du transfert, où il ne s’agit pas simplement d’ouvrir le bol, mais de placer une poche qui se fixe dessus pour que la préparation puisse être placée à l’intérieur, avant de finir dans une assiette.
En tout cas, pour l’instant le résultat est à la hauteur. Sophie Adenot a pu tester sa recette salée à deux reprises à bord de l’ISS, et devrait poursuivre par la suite avec sans doute d’autres ingrédients.
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