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Actualité : Voitures électriques : l’UE confrontée un compte à rebours fatal de trois ans pour sauver ses batteries

© Jan Zabrodsky/Shutterstock – Gare aux batteries européennes, leur avenir ne tiendrait qu'à un fil : les trois prochaines années seront cruciales pour la filière

Alors que la France vient de mobiliser 5,2 milliards d’euros pour fabriquer une future batterie solide pour voiture électrique, l’avenir des accumulateurs européens se fragilise. D’après un nouveau rapport de la Backbone Coalition, “les trois prochaines années sont critiques” : sans rentabilité immédiate, “capitaux, talents et usines déménageront définitivement vers les États-Unis et la Chine”.

En quête de souveraineté pour leurs voitures électriques, les 27 doivent se concentrer sur la filière de batteries. Représentant une perte de 10,5 milliards d’euros de bénéfices d’ici 2030 en raison de sa dépendance aux cellules asiatiques, le Vieux Continent affronte maintenant un timing serré pour sécuriser l’avenir de ses gigafactories.

Tout aussi essentielle au réseau électrique et aux centres de données qu’à la défense, cette filière pousse la Backbone Coalition à être catégorique : “le coût de l’inaction est bien supérieur à celui de la résilience”, alerte-t-elle. Fustigeant des mécanismes d’aide européens jugés “trop lents et bureaucratiques”, la coalition préconise un soutien direct par kilowattheure de cellules assemblées, calqué sur l’Inflation Reduction Act étasunien.

L’objectif serait de verser une prime fixe pour chaque batterie réellement sortie d’usine. Ce modèle garantirait une rentabilité prévisible aux fabricants et rassurerait les banques privées, qui hésitent aujourd’hui à prêter face aux lourdeurs et aux incertitudes des subventions bruxelloises actuelles.

L’autre priorité serait de financer le raffinage des matériaux sur le sol de l’UE, un maillon négligé de la production d'accumulateurs, pourtant crucial pour recycler nos vieilles unités et s’émanciper des fournisseurs hors Union.

À l'instar de Stellantis et Volkswagen, la Backbone Coalition partage pleinement cette vision. Elle appelle à verrouiller l’accès aux bonus écologiques via des critères made in EU obligatoires dès 2027 et déclencher une enquête antisubventions contre les cellules importées.

Un sursaut impératif, sans quoi “les batteries chinoises deviendront bien plus chères une fois que les perspectives d’une filière européenne auront été anéanties”. Pékin pourrait alors cesser d’exporter ses technologies les plus avancées vers l’Union européenne, ou simplement faire grimper les coûts des batteries vendues aux constructeurs locaux.

Une situation qui donnerait un avantage clair aux véhicules chinois, creusant l’écart de prix sur le marché et condamnant définitivement les modèles européens à perdre la guerre des tarifs sur leur propre territoire.

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